Radio Nimbus et Radio Nestor mettent en alerte le contre-espionnage français

Au printemps 1953, deux mystérieuses radios pirates attirent l’attention des services français de contre-espionnage. Baptisées Radio Nimbus et Radio Nestor, elles émettent sur une même fréquence en ondes courtes et semblent échanger des messages comme si deux opérateurs discutaient à distance.

Pour la DST (Direction de la surveillance du territoire), chargée à l’époque du contre-espionnage, la situation mérite d’être prise au sérieux. Nous sommes en pleine période de guerre froide et les communications radio clandestines peuvent potentiellement servir à transmettre des informations à une puissance étrangère.

Deux radios qui intriguent le contre-espionnage

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Le comportement de Nimbus et Nestor paraît pour le moins inhabituel. Les deux stations semblent se répondre régulièrement, avec des échanges qui donnent l’impression d’une véritable conversation. Mais n’est ce pas un code ? « Sur ondes courtes, deux mystérieux correspondants échangeaient des messages bizarres. Radio-Nimbus salue Radio-Nestor. As-tu passé une bonne nuit ? Ils semblaient se faire des confidences sentimentales et leurs dialogues prenaient la plupart du temps un tour nettement grivois« , souligne Paris-Presse.

Un détail inquiète particulièrement les enquêteurs. En effet, la fréquence utilisée est normalement réservée à la Marine nationale.

La DST décide donc de vérifier l’origine de ces émissions. Les agents mettent en œuvre la radiogoniométrie, une technique permettant de déterminer la direction d’où provient un signal radio. En recoupant les relevés, ils parviennent progressivement à localiser les émetteurs. L’enquête conduit finalement jusqu’à deux jeunes hommes âgés de seulement 17 ans.

Un « réseau d’espionnage » qui n’en est pas un

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Pierre L. et René P. ne sont pourtant ni des espions ni des agents clandestins. Ce sont deux élèves d’une école de radio, passionnés par les nouvelles possibilités offertes par les communications sans fil. Ils ont simplement décidé de fabriquer eux-mêmes deux petits émetteurs afin de pouvoir communiquer à distance, un peu comme avec un talkie-walkie. Leur installation artisanale leur permet ainsi de discuter par radio, chacun depuis son poste.

Le problème est qu’ils utilisent leur matériel sans autorisation et sur une fréquence qui ne leur est pas destinée. Pour les services de sécurité, l’affaire prend donc rapidement une tournure beaucoup plus sérieuse que ne l’imaginaient les deux adolescents. Dans le contexte particulièrement tendu de la guerre froide, des émissions mystérieuses et non autorisées peuvent difficilement passer inaperçues.

La radiogoniométrie permet de les retrouver

L’un des aspects les plus intéressants de cette histoire est le rôle joué par la radiogoniométrie. Cette technique est alors un outil précieux pour les services chargés de surveiller les émissions clandestines. Le principe est relativement simple : en déterminant la direction dans laquelle arrive un signal radio depuis différents points d’observation, il devient possible de réduire progressivement la zone dans laquelle se trouve l’émetteur.

C’est ainsi que les émissions de Nimbus et Nestor finissent par conduire les enquêteurs jusqu’à leurs véritables auteurs. Derrière les noms mystérieux de ces deux stations se cachent finalement deux adolescents passionnés de radio, qui n’avaient aucune intention d’espionner qui que ce soit.

Une affaire sans espionnage

L’histoire se termine devant le tribunal pour enfants. Pierre et René doivent répondre de l’utilisation non autorisée de leurs émetteurs. Pour la DST, le mystère est en revanche résolu : les étranges conversations interceptées ne constituent pas des communications secrètes avec une puissance étrangère, mais simplement les échanges de deux jeunes passionnés ayant bricolé leur propre matériel radio. Et un dossier de classé pour la DST !


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