Radio Mysis, un nom étrange pour un poste bien mystérieux

Mysis

En cette fin de l’année 1925, la radiodiffusion française est encore en pleine expansion. À côté des grandes stations parisiennes, de nombreuses initiatives locales voient le jour. Des ingénieurs, industriels ou radioamateurs tentent de créer leur propre poste, parfois avec des moyens modestes. Beaucoup de ces projets n’aboutissent jamais ou ne dépassent pas le stade des essais.

Un technicien de Radio LL

En novembre 1925, on apprend qu’un nouveau poste va faire prochainement des essais depuis Arcachon. Il s’agit d’une initiative d’Alain Boursin. Ce n’est pas un inconnu dans le milieu de la TSF. Ancien radiotélégraphiste militaire, il travaille alors comme ingénieur pour les établissements LL (Lucien Lévy), une entreprise réputée pour ses récepteurs et équipements radio. Son implication dans la création de Radio Mont-de-Marsan quelques mois plus tôt montre qu’il cherche à favoriser le développement de petites stations régionales.

Il a prévu un émetteur d’une puissance de 50 watts et prévoit d’émettre sur 355 mètres. Radio-Mysis aurait fait partie des petites stations locales de l’époque. Dans de bonnes conditions, un tel émetteur pouvait néanmoins être entendu à plusieurs dizaines de kilomètres, voire davantage la nuit grâce aux conditions de propagation des ondes moyennes. La longueur d’onde de 355 mètres correspond à une fréquence d’environ 845 kHz.

Des artistes doivent venir assurer les programmes de ces essais pendant quelques soirées.

Quelques tests et puis plus rien

mysis

Radio-Mysis, indicatif 8 GCJ, doit faire ses premiers pas sur les ondes le lundi 30 novembre et le mardi 1er décembre lors d’essais programmés de 12 h à 19 h. Puis, le mercredi soir, un concert doit être à l’antenne à partir de 20h15. Les auditeurs devaient faire parvenir leurs commentaires à Alain Boursin à l’hôtel Jampy, boulevard de la Plage.

Après les annonces publiées dans la presse, plus aucune trace de Radio-Mysis n’apparaît. Aucun compte rendu d’écoute n’a été retrouvé et aucun programme ne semble avoir effectivement été diffusé. Il est possible que des difficultés techniques, financières ou administratives aient conduit à l’abandon du projet avant même le début des émissions. Arcachon devra attendre bien des années avant de connaître une véritable station locale.

L’initiative est révélatrice de l’image qu’Arcachon souhaite alors projeter. Ville de villégiature réputée, fréquentée par une clientèle nationale et internationale depuis la Belle Époque, elle dispose déjà d’infrastructures modernes héritées de son développement touristique et ferroviaire.

La création d’un poste de radiodiffusion aurait constitué un symbole supplémentaire de dynamisme et de modernité. Pourtant, le projet ne semble jamais avoir dépassé le stade des annonces. Aucun programme régulier n’est connu et Arcachon restera absente de la carte des stations françaises. Cet échec rappelle que durant les années 1920, de nombreux projets radiophoniques furent lancés avec enthousiasme avant de disparaître faute de moyens financiers, techniques ou administratifs.


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