Quel était l’état de la Radiodiffusion française en outre-mer en 1955 ?

radio dakar outre-mer

Au milieu des années 1950, le réseau de la Radiodiffusion française d’outre-mer présente une image très contrastée à l’image des différents statuts des colonies. L’Algérie est sur le territoire français, le Maroc et la Tunisie sont des protectorats bientôt souverains, les colonies africaines sont sur la voie de l’indépendance, l’état du Vietnam à été proclamé mais la France y conserve au sud une station de radio puissante…

Par ailleurs, les stations sont soumises à une double contrainte, couvrir des territoires souvent immenses et maintenir une liaison avec la métropole ou avec les différents territoires de l’Union française.

Un rapport réalisé pour l’assemblée de l’Union française, à la veille de la création de la Société de radiodiffusion de la France d’outre-mer (Sorafom), fournit une photographie de l’état des lieux très hétérogène de la Radiodiffusion française d’outre-mer. Il est complété par le tableau des fréquences et puissances des émetteurs.

Algérie : le réseau le plus développé d’outre-mer

L’Algérie occupe une position particulière car elle est considéré comme faisant partie du territoire français. Au milieu des années 1950, elle possède le réseau d’émission « le plus étoffé et le plus puissant d’Afrique du Nord ». La puissance totale installée atteint 922 kW, alors qu’elle n’était que de 25 kW en 1946. Le réseau comprend plusieurs émetteurs en ondes moyennes ainsi que deux émetteurs en ondes courtes destinés notamment au Sud algérien et aux territoires éloignés.

Le plan de Copenhague de 1948 attribue à l’Algérie quatre longueurs d’onde pour ses émissions françaises et arabes. Le dispositif prévu à terme comprend notamment deux émetteurs de 100 kW à Alger, ainsi que des émetteurs de 20 kW à Constantine et de 40 kW à Oran. Des émetteurs de faible puissance complètent le réseau sur des longueurs d’onde internationales. La chaîne kabyle se trouve dans une situation plus difficile car la fréquence qui lui est attribuée ne permet qu’une puissance maximale de 5 kW, jugée insuffisante, ce qui conduit à prévoir des émetteurs d’appoint.

Radio Algérie

Chaîne française. Alger I 980 kc, 306.1 m, 75 kW. Oran 1142 kc, 262.7 m, 40 kW. Bône (Annaba) 1484 kc, 202.2 m, 0.2 kW. Constantine 1142 kc, 262.7, 20 kW. Alger 6160 kc, 48.70 m, 25 kW.

Chaîne arabe. Alger 890 kc, 337.1 m, 50 kW. Oran 1304 kc, 230 m, 40 kW. Constantine 1304 kc, 230m, 20 kW. Alger 6160 kc, 48.7 m, 25 kW.

Chaîne kabyle. Alger 1421 kc, 211.2 m, 5 kW. Bougie (Béjaïa) 1594 kc, 188.2 m, 0.6 kW. Michelet (Aïn El Hammam) 1484 kc, 202.2 m, 0.75 kW. Alger 6160 kc, 48.7 m, 25 kW.

L’évolution des studios accompagne cette montée en puissance. Jusqu’en 1948, un seul studio, situé rue Berthezène à Alger, ne permet que la diffusion d’une chaîne française. La construction de trois nouveaux studios rue Hoche en 1953, permet ensuite de créer une chaîne arabe. Une chaîne kabyle est mise en service après la construction d’un deuxième studio rue Berthezène. Des studios secondaires sont également installés à Oran, Tlemcen, Bougie et Constantine, principalement pour les émissions en arabe.

À la fin de la période considérée, les installations algéroises ont été profondément modernisées. Les studios de Hoche disposent de quatre studios équipés de consoles de prise de son, de platines, de tables d’enregistrement et de magnétophones.

Les studios de Berthezène comprennent deux studios supplémentaires. À ces installations s’ajoutent deux voitures de reportage de grande capacité, équipées pour l’enregistrement sur bandes magnétiques et sur disques, ainsi que plusieurs équipements portatifs. Le réseau régional reste toutefois moins bien équipé. Bougie, Constantine, Oran et Tlemcen possèdent chacun leur studio, mais avec un matériel beaucoup plus réduit.

Enfin, la construction d’une Maison de la radio définitive à Alger est envisagée.

Tunisie : des installations encore provisoires

En Tunisie (protectorat français), la situation est moins aboutie. La direction régionale et le centre basse fréquence sont installés à Tunis dans des locaux loués. Une Maison de la radio est toutefois en construction rue de Paris et doit entrer en service en 1955. Les émetteurs sont regroupés à Djedeida. L’émetteur des émissions en français se trouve dans un ancien hangar de la marine, tandis que l’émetteur des émissions en arabe occupe un bâtiment qui n’avait pas été conçu pour cette fonction. Les installations annexes comprennent notamment des boxes transformés en magasins et des pavillons destinés au logement du personnel.

Radio-Tunis dispose de trois studios pour deux chaînes et de voitures de reportage. Le centre émetteur possède un ancien émetteur de 20/100 kW et un émetteur moderne de 20 kW pour les émissions françaises, ainsi qu’un émetteur de secours de 1 kW. Il ne dispose pas encore d’émetteur à ondes courtes. Deux émetteurs de 25 kW provenant de la métropole avaient été prévus, mais leur transfert n’a pas encore été réalisé au moment du rapport. La modernisation projetée est importante : il est prévu de transformer et d ‘agrandir le bâtiment de Djedeïda et d’y installer deux émetteurs modernes de 120 kW. Le dossier souligne également la nécessité d’émetteurs à ondes courtes capables de desservir la Méditerranée orientale.

Radio Tunis

Emissions en français. 629 ke, 447 m, 20 kW.

Emissions en arabe. 962 kc, 312 m, 20/120 kW.

Maroc : un réseau déjà diversifié

outre-mer maroc

Le cas marocain doit être distingué des précédents. Radio-Maroc est indépendante de la Radiodiffusion-Télévision française et relève de l’Office chérifien des postes, télégraphes et téléphones. Le rapport lui consacre néanmoins une notice à titre d’information. Il s’agit de la partie du Maroc sous protectorat français. Le nord est sous protectorat espagnol et la zone de Tanger est internationale.

Le réseau comprend trois chaînes. La chaîne A diffuse en français et dispose notamment d’un émetteur de 120 kW à Sebaa-Ayoun (Sabaâ Aïyoun) près de Meknès et d’un émetteur de 20 kW à Rabat. La chaîne B, en arabe et berbère, dispose elle aussi d’un émetteur de 120 kW à Sebaa-Ayoun, complété par des installations à Rabat. La chaîne C émet en espagnol et en anglais. Le réseau combine donc ondes moyennes et ondes courtes.

Les installations de production sont également importantes. Rabat possède trois studios modernes, dont l’un atteint 800 m³, deux groupes de magnétophones et trois voitures de reportage. Casablanca dispose d’un studio moderne de 600 m³, d’une cabine de speaker et d’une voiture de reportage. Fez et Marrakech possèdent encore des studios provisoires pour les émissions arabes régionales. Le réseau marocain dispose donc déjà d’une véritable infrastructure régionale, avec plusieurs centres de production et des moyens mobiles. Des constructions et modernisations sont encore prévues : nouveaux émetteurs à Sebaa-Ayoun et Casablanca, relais supplémentaires et nouveaux studios à Rabat et Casablanca.

Radio Maroc

Emissions françaises. Sebaa-Ayoun, 611 kc, 491 m, 120 kW. Casablanca, 1196 kc, 250 m, 1 kW. Rabat, 1043 kc, 288 m, 20 kW.

Emissions arabes et berbères. Sebaa-Ayoun, 701 kc, 428 m, 120 kW. Rabat, 872 kc, 344 m, 1kW.

Emissions anglaises et espagnoles. Rabat, 1043 kc, 288 m, 20 kW. 6006 kc, 49.95 m, 1 kW.

Afrique-Équatoriale française : Brazzaville comme centre régional

À Brazzaville (Congo), la radiodiffusion (une chaîne internationale Radio Brazzaville et une chaîne locale Radio AEF) dispose d’un bâtiment important regroupant les bureaux de la direction générale, les studios et les centres de réception. Soixante-cinq logements sont également réservés au personnel. La station utilise par ailleurs une partie du bâtiment du centre émetteur des PTT à M’Pila. Le centre basse fréquence possède trois studios, dont le plus grand mesure 142 m³. Une voiture de reportage équipée pour l’enregistrement et l’émission peut circuler dans la brousse tout en maintenant la liaison avec le centre basse fréquence. Du matériel portatif complète ce dispositif.

L’essentiel du réseau d’émission repose sur les ondes courtes : deux émetteurs de 5 kW, un émetteur jumelé de 7 kW, deux de 4,5 kW et plusieurs autres unités de 1,5 kW. Seul un émetteur de 1 kW en ondes moyennes est réservé à l’agglomération du Pool. Le développement du centre est cependant bloqué par les limites des installations existantes ; le rapport envisage donc la création d’un autre centre émetteur hors de l’agglomération. Brazzaville apparaît ainsi comme un centre relativement bien doté pour l’Afrique centrale, mais dont l’extension est déjà contrainte par l’espace disponible.

Radio Brazzaville. 9440 kc, 31,78 m 7 kW. 11970 kc, 25.06 m, 50 kW. 15595 kc, 19.23 m, 50 kW.

Radio AEF. 1484 kc, 202 m, 0,8 kW. 6074 kc, 49.38 m, 4,5 kW. 9970 kc, 30.08 m, 1,5 kW. 15595 kc, 19.23, 1,5 kW.

Radio Tchad. Décrochage de Radio AEF sur 15595 kc, 19.23 m, 1,5 kW.

Cameroun : l’échec du premier poste de Douala

Au Cameroun, Radio-Douala constitue un cas particulièrement révélateur des difficultés techniques de la radiodiffusion coloniale. Le poste, difficilement audible jusqu’à Yaoundé, est mal installé et jugé si peu efficace que son exploitation va, d’après le rapport, probablement être interrompue en 1955. La difficulté tient notamment à la distance entre Douala et Yaoundé. Le projet prévoit donc un nouvel équipement et, dans un second temps, la transformation du poste de Douala en poste relais. Le document ne donne pas davantage de détails sur les studios ou la puissance du futur émetteur à ce stade.

Radio Douala. 6115 kc, 49.06 m, 1 kW.

Afrique-Occidentale française : Dakar et le système des relais

En Afrique-Occidentale française, le problème prioritaire est celui de la couverture d’un territoire immense. Le plan fait de l’AOF un territoire « pilote » et lui attribue une part considérable des investissements prévus. Mais l’équipement doit rester différencié selon les territoires. Dakar (Sénégal) doit constituer le principal centre d’émission. Un émetteur de 25 kW, commandé depuis longtemps, est jugé insuffisant et dépourvu de sécurité. Le projet prévoit donc l’adjonction rapide d’un émetteur de 50 kW. A terme, le rapport estime qu’un centre de cette importance devrait normalement disposer de deux émetteurs de 50 ou 100 kW.

À Abidjan (Côte d’Ivoire), Cotonou (Dahomey/Bénin) et Conakry (Guinée), des stations doivent relayer les programmes de Dakar tout en produisant progressivement leurs propres émissions. C’est le cas par exemple de Radio Cotonou. À Niamey (Niger), Bamako (Mali) et Ouagadougou (Haute Volta/Burkina Faso), en revanche, il n’est prévu que des postes relais. Cette organisation révèle une conception hiérarchisée du réseau : un centre fédéral puissant, quelques stations locales et, dans les territoires où l’investissement est moindre, de simples relais destinés avant tout à rendre la réception possible.

Dakar Inter. 1430 kc, 209,5 m, 5kW. 11890 kc, 25,23 m, 25 kW.

Dakar Afrique. 1530 kc, 196 m, 5KW. 9562 kc, 31,37 m, 12 kW et 4880 kc, 61,48 m, 1 kW.

Radio Cotonou. 1480 kc, 202 m, 1kW. 7190 kc, 41,72 m, 0,28 kW.

Radio Abidjan. 1495 kc, 200 m, 1kW. 4945 kc, 60,67 m, 0,65 kW et 4824 kc, 62.18 m, 3 kW.

Madagascar : un réseau en voie de constitution

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Radio Tananarive fait l’objet d’un effort important. La chaîne française a été améliorée et une chaîne malgache a été créée. Celle-ci a démarré grâce à deux émetteurs de 200 W et à une console de récupération installée dans un studio provisoire. Un projet prévoit un réaménagement complet des studios, la construction d’un bâtiment annexe et l’installation d’une salle de contrôle technique.

La puissance de la chaîne française doit être portée à 25 kW afin d’assurer une meilleure couverture de l’île, surnommé très justement la Grande Île, et des régions voisines. Des relais locaux sont également envisagés à Tananarive (Antananarivo), Majunga (Mahajanga), Tuléar (Toliara) et Dzaoudzi (pour l’archipel des Comores).

En septembre 1954, une amélioration importante a déjà été réalisée. En effet, un nouvel émetteur de 5 kW est inauguré à Tananarive et les autres émetteurs des chaînes française et malgache voient leur puissance portée de 150 W à 1 kW. Le rapport considère alors que l’installation technique est correcte pour assurer la couverture de l’île, même si les studios restent insuffisamment aménagés.

Radio Tananarive

En français : 1550 kc, 193,55 m, 1kW. 6172 kc, 48,60m 1 kW. 3205, 93.66 m, 5 kW. 9515 kc, 31,53m, 1 kW.

En malgache : 3350 kc/s, 89.60m, 1kW. 7135 kc, 42,05m, 1 kW.

Djibouti : des équipements restés dans les cartons

Le dossier consacre une mention particulière à Djibouti, dans le territoire des Somalis. Le poste dispose depuis plusieurs années de matériel, mais celui-ci est resté en caisse faute de locaux adaptés. La priorité est donc la construction et l’aménagement d’un studio, ainsi que l’achat d’équipements complémentaires et la modernisation du matériel existant.

Guadeloupe : une installation réduite au minimum

La Guadeloupe dispose d’une installation beaucoup plus modeste. En effet, le studio est installé dans un hôtel, faute de bâtiment disponible. Comme en Martinique, la radiodiffusion utilise le bâtiment émetteur des PTT. Le matériel comprend un studio, une voiture légère et un émetteur en ondes moyennes de faible puissance, complété par deux petits émetteurs à ondes courtes. La situation illustre nettement le caractère encore très précaire de plusieurs stations ultramarines : la production radiophonique existe, mais elle ne dispose pas encore des moyens adéquats.

Radio Guadeloupe. 658 kc, 456 m, 1 kW. 7430 kc, 40,40m, 0.05 kW.

Martinique : une maison de la radio en construction

À Fort-de-France, les services de radiodiffusion sont installés dans un local provisoire loué, rue Isambert. Une petite maison de la radio est cependant en construction au lieu-dit « la Clairière » et son gros œuvre est terminé. Les émetteurs sont installés au fort Desaix.

La station dispose d’un studio annexe dans la salle des fêtes de la préfecture, d’un studio fixe, d’une voiture de reportage, d’un émetteur en ondes moyennes de 1 kW et d’un émetteur en ondes courtes de 200 W. Le projet futur est plus ambitieux. Il prévoit d’installer au Lamentin un centre à ondes courtes destiné à donner à la station une portée régionale, vers l’Amérique centrale et au-delà de l’isthme de Panama vers le Pacifique.

Radio Martinique. 1500 kc, 200 m, 1 kW.

Guyane : une situation très précaire

Même topo en Guyane où la radiodiffusion ne possède pas de bâtiment propre. Le service est installé dans les dépendances de la préfecture. Un studio fonctionne avec du matériel provisoire et les émissions utilisent un émetteur loué aux PTT. L’installation d’un émetteur de 1 kW en ondes courtes est alors en voie d’achèvement. Ici aussi, la priorité est donc d’abord de constituer une infrastructure technique minimale. Le chemin est long pour Radio Cayenne.

Radio Cayenne. 6199 kc, 48,39 m, 0,35 KW.

La Réunion : un équipement concentré dans un seul bâtiment

À La Réunion, ce n’est pas non plus le grand confort. Tous les services sont regroupés dans une ancienne caserne d’artillerie, partagée avec une autre administration. Le dispositif de production est très réduit : un seul studio et une voiture légère de reportage. La station dispose d’un émetteur en ondes moyennes de 1 kW, complété par deux émetteurs en ondes courtes de 1,5 kW.

Radio Réunion. 624 kc, 480.0 m, 1 kW. 3380 kc, 88.76 m, 1.5 kW. 4820 kc, 62,24 m, 1.5 kw. 7170 kc, 41,84 m, 0.2 kW.

Sud Vietnam : Radio-France-Asie et les grandes ondes courtes

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Radio-France-Asie, « la voix de la France en Extrême-Orient », possède à Saïgon un dispositif plus conséquent. La direction et le centre basse fréquence occupent plus de la moitié d’un bâtiment loué au 86 rue Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny. Les émetteurs sont installés à Phu-Tho, dans un bâtiment acquis aux autorités sud-vietnamiennes.

Le centre dispose de deux émetteurs de 25 kW en ondes courtes avec antennes directives, d’un émetteur de 1 kW en ondes moyennes et d’un émetteur de secours de 1 kW. Radio-France-Asie possède quatre studios et utilise également, avec d’autres services, un centre de réception installé dans les locaux de la chambre de commerce. Cette combinaison d’émetteurs puissants à ondes courtes et d’un réseau de studios fait de Saïgon un centre conçu non seulement pour une audience locale mais pour une diffusion à longue distance.

Radio France Asie. 1030 kc, 291m et 1360 kc, 220m, 1kW. Ondes courtes (25 kW) : 4825 kc, 62.18 m, 7230 kc, 41.49 m, 11790 kc, 25.45 m. 6116 kc, 49.06 m. 9750 kc, 30.77 m. 11830 kc, 25.35 m. 9775 kc, 30.68 m. 15430 kc, 19.44 m.

Nouvelle-Calédonie : une voix de la France un peu atone

À Nouméa, la radio s’annonce comme « la voix de la France dans le Pacifique », mais sa puissance d’ondes courtes est seulement de 1 kW. Son audience est donc limitée au niveau local. Le studio est installé provisoirement dans un bâtiment mal adapté et dispose d’un équipement hétérogène. Les travaux considérés comme prioritaires sont la construction d’un nouveau studio et l’installation d’un émetteur à ondes courtes de 5 kW.

Il est également prévu d’équiper la station de récepteurs de haute qualité afin de pouvoir retransmettre directement ou en différé les programmes de la RTF, de Radio-Brazzaville et de Radio-France-Asie. Le projet est donc clairement régional : Nouméa doit pouvoir rayonner au-delà de la Nouvelle-Calédonie vers l’Australie et les possessions britanniques du Pacifique.

Radio Nouméa. 1500 kc, 200 m, 0,5kW. 3375 kc, 88.89 m, 1 kW.

Tahiti : un émetteur trop faible pour couvrir la Polynésie

À Papeete, la situation est différente. Le studio est considéré comme convenablement équipé et a déjà été réalisé par l’administration du territoire. Mais l’équipement haute fréquence demeure insuffisant. La station utilise en effet un émetteur à ondes courtes de 700 W, loué aux PTT métropolitains, dont la puissance est jugée nettement trop faible pour couvrir la vaste Polynésie française. Le programme de modernisation prévoit l’installation d’un émetteur à ondes courtes de 5 kW ainsi que de récepteurs de haute qualité destinés à développer les relais des radios françaises.

Radio Tahiti. 0.2 kW, 6135 kc, 48.90 m. 7100 kc, 42.25 m. 7025 kc, 42.70 m. 7125 kc, 42.10 m

Saint-Pierre-et-Miquelon : Radio Saint-Pierre brouille ses voisines

Saint-Pierre-et-Miquelon occupe une place particulière. Le poste doit desservir la population de l’archipel, mais également les flottilles de pêche qui séjournent pendant de longs mois dans sa zone de portée. L’émetteur existant est toutefois si ancien qu’il perturbe de nombreuses stations voisines et a déjà suscité des protestations d’émetteurs étrangers. Pire, Radio Saint-Pierre est très mal reçue à Miquelon. Son remplacement est considéré comme urgent.

Radio Saint-Pierre. 560 kc, 535 m, 0,25 kW.


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