Journées du patrimoine : quatre visites pour redécouvrir l’histoire de la radio

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Dans le programme des Journées européennes du patrimoine 2026 (19 et 20 septembre), on trouve quelques visites directement liées à l’histoire de la radio. Châteaux, anciens centres émetteurs, fort militaire et musée : aux quatre coins de la France, des lieux racontent l’histoire de la radio et, plus largement, celle de la transmission de l’information. De la télégraphie optique de Claude Chappe aux liaisons radio avec les navires du monde entier, voici quatre visites pour remonter le fil des ondes.

1- Visite commentée du site de l’émetteur de Radio Toulouse

À Saint-Agnan, dans le Tarn, le château d’Enjaux conserve les traces d’une des plus grandes stations privées françaises d’avant-guerre, Radio Toulouse.

Le dimanche 20 septembre, le domaine ouvre ses portes de 10 h à 17 h pour une journée exceptionnelle consacrée au patrimoine radiophonique. L’histoire commence en 1930. Cette année-là, Jacques Trémoulet et Léon Kierzkowski, fondateurs de Radio Toulouse, acquièrent le domaine et y installent l’un des émetteurs les plus puissants de son époque. Deux pylônes de 120 mètres dominent alors le paysage. En 1934, la puissance atteint 60 kilowatts. Les émissions de Radio Toulouse peuvent être reçues bien au-delà du Sud-Ouest, dans plusieurs pays européens et jusqu’en Afrique du Nord. Une histoire interrompue par la guerre. Le destin d’Enjaux bascule en août 1944. En quittant les lieux, les troupes allemandes incendient le château et détruisent l’émetteur. Longtemps laissé en ruines, le domaine connaît aujourd’hui une renaissance qui vise notamment à préserver cette mémoire.

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Pendant la journée du 20 septembre, Sylvain Athiel, homme de radio et auteur, proposera de 11h à 12h15 une conférence itinérante consacrée à l’histoire d’Enjaux et aux grandes radios pyrénéennes. La visite permettra également d’évoquer la fameuse « guerre des ondes » et la concurrence entre les stations installées dans les Pyrénées et en Andorre. Une exposition des peintures d’Anne Fleury sera par ailleurs présentée dans la salle historique de l’émetteur. À ne pas manquer : la conférence itinérante de Sylvain Athiel sera suivie d’une séance de dédicaces de son ouvrage L’Histoire secrète des grandes radios pyrénéennes.

2- À Louvetot, une exposition sur l’histoire de Radio Normandie

Direction la Normandie et le manoir de Bellevue, à Louvetot, entre Yvetot et Caudebec-en-Caux. Une exposition consacrée à l’histoire de Radio Normandie permet de replonger dans l’aventure d’une radio privée d’avant guerre..

Le site est intimement lié à l’histoire de Radio Normandie, une station née en 1928. Installée initialement à Fécamp, la station se retrouve rapidement à l’étroit. Les conditions techniques de transmission deviennent également problématiques. En 1935, son président, Fernand Legrand, décide donc de transférer les installations à Louvetot. Un nouveau centre émetteur est construit dans un parc de trois hectares. Un câble souterrain de six kilomètres assure la liaison avec Caudebec, où passent les grandes lignes reliant Paris, Rouen et Le Havre.

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Le dispositif est alors réparti entre plusieurs sites : les bureaux et studios sont installés au château de Caudebec tandis que l’émetteur se trouve à Louvetot. Les émissions commencent en décembre 1938. L’inauguration officielle intervient le 4 juin 1939. Quelques mois plus tard, la guerre met fin à l’aventure. Les émissions cessent en septembre et l’antenne est abattue en 1940. Le bâtiment est ensuite détruit et incendié pendant la Seconde Guerre mondiale avant d’être reconstruit.

Aujourd’hui, le lieu accueille à nouveau une station, la radio locale chrétienne Phare FM.

Visite guidée du manoir (durée 30 min) :
– samedi 19 septembre à 10h, 11h, 14h, 15h, 16, 17h et 18h.
– dimanche 20 septembre à 14h30, 15h30, 16h30 et 17h30.

3- Au Fort du Télégraphe, la radio s’inscrit dans une histoire beaucoup plus ancienne

Pour comprendre la révolution apportée par la radio, il faut remonter aux technologies qui l’ont précédée. C’est précisément ce que propose le Fort du Télégraphe, près de Valloire, en Savoie, les 19 et 20 septembre.

Dès 1795, ce promontoire accueillait un sémaphore du réseau de télégraphie optique imaginé par Claude Chappe. Son objectif était déjà celui qui guidera toutes les innovations ultérieures : transmettre rapidement une information à grande distance. Grâce à ce réseau, un message pouvait parcourir la liaison entre Paris et les grandes villes du réseau en quelques heures, contre plusieurs jours pour un courrier transporté à cheval.

Deux siècles plus tard, les mêmes montagnes résonneront de nouveau des communications à distance. L’Association des Radioamateurs de Savoie et le Radio-Club de la Maurienne y installeront plusieurs stations et activeront l’indicatif spécial TM73FT. Les visiteurs pourront observer des communications internationales en Morse, phonie, modes numériques et par satellite, notamment via QO-100. Les enfants pourront également s’essayer au code Morse grâce à un atelier ludique. Le parcours sera complété par une exposition sur l’évolution des transmissions et par une présentation du rôle des radioamateurs dans les communications de sécurité civile.

4- Saint-Lys Radio : quand les ondes reliaient les navires au continent

Dernière étape de ce voyage radiophonique : Saint-Lys, en Haute-Garonne. Le musée Saint-Lys Radio La voix de l’océan ouvre ses portes le samedi 19 septembre, de 14 h à 17 h, pour des visites guidées assurées par des bénévoles de l’Amicale de Saint-Lys Radio.

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La particularité de ce lieu ? Pendant un demi-siècle, il a constitué un véritable trait d’union entre la terre et la mer. Mis en service en 1948, le centre radio-maritime a fonctionné jusqu’en 1998. Dépendant du ministère des PTT, il assurait des télécommunications par ondes courtes avec les navires naviguant sur toutes les mers du globe. Avant l’ère des communications satellitaires généralisées et des téléphones mobiles, les opérateurs radio constituaient un maillon essentiel pour maintenir le contact avec les équipages. La visite est d’autant plus précieuse qu’elle est menée par d’anciens opérateurs. Leur témoignage permet de comprendre non seulement les équipements et les techniques, mais aussi le quotidien d’un métier aujourd’hui disparu.


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