27 Mai

La radio de Vichy annonce un évènement, trois ans avant qu’il ne se produise

Lors de son bulletin d’informations du 28 mars 1942, la Radiodiffusion nationale à Vichy, citant un message de Tokyo, annonce que le leader hindou Subhas Chandra Bose est mort dans un accident d’avion au large du Japon alors qu’il se rendait à une conférence Subhas Chandra Bosenippo-indienne. C’est une boulette mais qui est reprise par l’agence Reuters et qui amène même Gandhi à envoyer un télégramme de condoléance à la mère de Subhas Chandra Bose. Certes, une dépêche japonaise a annoncé que quatre nationalistes hindous sont décédés dans un crash aérien mais pas le chef nationaliste passé du côté des forces de l’Axe.

Radio-Paris dément en annonçant que le leader nationaliste a parlé sur sa radio clandestine (lire ci-dessous). L’affaire tombe ensuite dans les oubliettes. Jusqu’en août 1945, quand on apprend que Subhas Chandra Bose est mort dans un accident au large de Taiwan alors qu’il faisait route vers Tokyo. La boulette de la Radiodiffusion nationale aura été prophétique.

Cette anecdote nous donne l’occasion d’évoquer les radios clandestines des nationalistes indiens mises en place avec le soutien des nazis et des Japonais. En prônant la résistance armée, Subhas Chandra Bose s’oppose à Gandhi, partisan de la non-violence. Il rejoint les forces de l’Axe pour mettre en place une armée indienne. Il a besoin pour cela d’instruments de propagande.

Azad Hind Radio (Radio Inde libre) démarre ses émissions sur ondes courtes en janvier 1942. Elle diffuse quotidiennement un programme de deux heures depuis deux émetteurs,Flag_Azad_Hind l’un en Bohême, l’autre en Hollande, deux pays occupés par les Allemands. Les programmes consistent en infos, commentaires, interviews en plusieurs langues parlées sur le sous-continent indien et en anglais. Plus tard, Azad Hind Radio est relayée depuis un émetteur de Singapour (occupé par les Japonais) et un second à Saïgon (colonie fidèle à Vichy et sous tutelle japonaise).

Subhas Chandra Bose bénéficie également de deux autres radios clandestines diffusées par les Allemands. Azad Moslem Radio émet un quart d’heure chaque jour en hindi à destination des musulmans qui seraient tenter de suivre Jinnah qui souhaite un état séparé (le futur Pakistan). Elle a pour but de rallier les musulmans à l’idée d’une Inde unie. National Congress Radio diffuse à partir d’août 1942 en quatre langues durant 40 minutes. Elle fait à sa façon la promotion du Quit India Movement, l’appel de Gandhi pour l’indépendance de l’Inde.  Le nom de la station se confond d’ailleurs avec celui de Congress Radio, la vraie radio pirate du Quit India Movement. C’est une technique de propagande très utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais ces deux dernières radios n’ont eu que peu de retentissement.

Ces trois stations étaient diffusées sur les mêmes longueurs d’ondes, 9 550 et 11 470 khz.

4 Mai

Quand Maurice Chevalier chante pour la première fois dans un studio de radio

Dans les années trente, Maurice Chevalier est une énorme vedette. Chanteur et acteur, il enchaîne les succès. On l’entend sur toutes les stations de radio mais seulement sur disques ou lorsqu’unCadum concert est retransmis en direct. Mais pour entendre l’homme au canotier être interviewé et chanter en direct depuis un studio de radio, il faut attendre le 5 mai 1936. Maurice Chevalier est l’invité d’une émission de variétés animée chaque semaine par Jean Sablon sur le Poste Parisien et reprise, comme c’est le cas des émissions sponsorisées, par d’autres postes privés. Ici, c’est une célèbre marque de savon qui donne son nom à l’émission. Cadum Variétés est diffusée chaque semaine de 20h15 à 20h45. Au cours du programme, Maurice Chevalier aura sans doute chanté les tubes du film qui sortait alors sur les écrans, le Vagabond bien aimé, mais sans son célèbre canotier qu’il avait vendu la veille à une vente aux enchères caritative.

3 Mai

3 mai 1936 : la victoire électorale du Front populaire est aussi celle de la radio

FrontPop3Il y a 80 ans, les élections législatives voient la victoire du Front populaire, union des socialistes, radicaux et communistes et entraînent toute une série de transformations sociales. Ce scrutin historique l’est également dans le domaine de la radio. C’est elle, la première à annoncer l’alternance.

A cette époque, les électeurs ont l’habitude de suivre les résultats devant les sièges des principaux quotidiens qui affichent sur des tableaux lumineux ou diffusent par haut-parleurs les victoires et les défaites tout au long de la soirée et une bonne partie de la nuit. Les 26 avril et 3 mai, c’est toujours la foule devant les grands journaux. Mais c’est aussi devant son poste de TSF que l’on peut suivre la soirée électorale. Plusieurs stations proposent un programme spécial.

Du côté du service public, la soirée est organisée par Paris-PTT de 19h30 à 4h avec de la musique et des résultats, un programme repris par les stations régionales, le poste de la Tour Eiffel et Radio-Paris.

Radio-Cité fait la révolution

Du côté des stations privées, si Radio-Toulouse offre une soirée et une nuit de musique et de résultats et que Radio-Luxembourg attend minuit pour les donner, à Paris, c’est une fois de plus la touteFrontPop5 jeune Radio-Cité qui va secouer le cocotier.

La station diffuse la première soirée électorale moderne avec l’aide du quotidien l’Intransigeant. En plus des résultats bruts qu’égrenent ses consoeurs, Radio-Cité fait vivre aux auditeurs la soirée électorale avec des des journalistes en direct dans plusieurs villes de France: Jean Guignebert est à Strasbourg, Jean Antoine à Marseille, Carlos Larronde à Bordeaux, R.-L. Dauven à Lyon, Michel Ferry à Lille et Fred Poulain à Nantes et le rédacteur en chef de la Voix de Paris, Louis Gautier-Chaumet est au studio à Paris. Radio-Cité impose un ton nouveau alors que curieusement son principal concurrent, le Poste Parisien n’a rien prévu. Du coup, la radio du Petit Parisien organisera sa propre soirée musique et résultats pour le second tour et Radio-Ile-de-France fera de même… et les soirées électorales ne seront plus les mêmes.

24 Avr

Quand Radio-Toulouse diffusait des émissions pour l’Afrique du Nord

En 1936, Radio-Toulouse lance une émission spécialement destinée aux auditeurs d’Afrique du Nord. Chaque jour sauf le dimanche, tard dans la soirée, quand la zone d’écoute de la station du midiToulouseAFN3 est à son maximum, une émission propose musique et nouvelles. La station cherche aussi à attirer de la publicité, gérée par l’Office Radio-Publicité à Casablanca, en faisant la promotion des produits du Maghreb.

ToulouseAFN2Lancé le lundi 24 février 1936, ce programme dirigé par Marcel Brouchet débute à 23h40 et s’achève à 00h30. A 23h55, un bulletin d’informations est diffusé, dénommé le « Journal sans papier de l’Afrique du Nord », réalisé en collaboration avec quatre quotidiens : Le Petit Marocain, Oran Matin, L’Echo d’Alger, la Dépêche tunisienne. L’été, les horaires sont avancés d’une heure. Si Radio-Toulouse a cherché a s’allier avec des journaux locaux, c’est que le paysage radiophonique en Afrique du Nord a évolué. Radio-Maroc et Radio-PTT-Alger se sont fortement développés, en puissance et en qualité des programmes. C’est sans doute pour cela que le succès des émissions toulousaines n’a pas été au rendez-vous.

Une première expérience dès 1928

Une première expérience avait été tentée dès 1928, pendant près de quatre ans. Le paysage radiophonique local balbutiait. Radio Toulouse, très bien reçue au Maroc et dans une bonne partie de l’Algérie, diffusait alors son « Journal sans papier » à 22h15 à destination de l’Afrique du Nord (21h15, heure de Casablanca). Certaines communes d’Algérie avaient même voté des subventions pour financer ce programme. Il permettait en effet de reprendre des infos parues dans des journaux nationaux qui n’arrivaient en Afrique du Nord qu’un jour ou deux après leur diffusion en métropole. En 1932, peu avant d’abandonner pour quelques années ses émissions vers l’Afrique du Nord, Radio-Toulouse avait également ajouté dans ses programmes une demi-heure pour le Maroc.

15 Avr

Radio Wallonia, la petite radio belge populaire dans le nord de la France

Avant guerre, il y avait en Belgique de nombreux petits postes privés à faible puissance. Parmi eux Radio Wallonia. Une station qui fut très populaire dans toute une partie du département du Nord (Avesnes, Bavay et Valenciennes) grâce à ses émissions en patois, un parler partagé des deux côtés de la frontière.

Cette station, installée dans le petit village de Veillereille-les-Brayeux – Bonne Espérance dans le Hainaut, a démarré au cours du week-end pascal enWallonia2 1926. Elle naît à l’initiative d’un passionné de radio, Maurice Tricoté. Dès sa jeunesse, il bricole des récepteurs. Il est parmi les premiers radioamateurs belges. Devenu électricien, il monte en 1924 un premier émetteur durant ses loisirs et s’essaie sur ondes moyennes puis ondes courtes. Début avril 1926, à Pâques, il monte Radio Wallonia sur 201 mètres. La puissance est modeste, une centaine de watts. Mais la station devient populaire de part de d’autre de la frontière franco-belge. Elle réussit par exemple à recueillir une somme conséquente après la catastrophe minière du Fief de Lambrechies (57 morts).

Wallonia

Les petites postes privés doivent se partager les fréquences

A partir de 1934, Radio Wallonia doit réduire ses émissions. La convention de Lucerne fait le ménage sur la répartition des fréquences. Les petits postes privés belges doivent se partager deux longueurs d’ondes. La première proposition des autorités n’est pas tendre pour certains postes. Sur 201,07 mètres: Radio-Schaerbeek, Radio-Conférence, Radio-ChâteaulineauRadio-Binche (15 heures d’émission hebdomadaire chacune), Radio-Wallonia-Bonne-Espérance et Radio-Courtrai (7h30 d’émission par semaine). Sur 200 mètres : Radio-Wallonie (Liège), Radio-Verviers, Radio-Ottomont (Verviers), Radio-Eglise du Christ (Anvers), 15 heures par semaine et Radio-Cointe (Liège), Liège expérimental, Radio-Seraing, 7h30. Le 11 janvier, l’administration accorde une autre longueur d’ondes 267 mètres. Ce qui permet aux treize stations de trouver un accord. Dur dur pour Radio Wallonia qui émet alors une cinquantaine d’heures par semaine. Cette proposition entraîne un tollé de part et d’autre de la frontière. Une manifestation est même organisée à Mons le 19 janvier 1934.

Après quelques péripéties, les horaires bien morcelés de la petite station patoisante finiront par s’établir comme suit: chaque jour de 8h30 à 10 h, les lundi et mardi de 15h à 17h, les mercredi. vendredi et samedi de 18h à 18, le jeudi de 13h à 15h, le dimanche de 13h à 17h.

30 Mar

Il y a 80 ans : « This is Jerusalem calling » premiers mots de la radio de Palestine

« This is Jerusalem calling », ces quatre mots prononcés le 30 mars 1936 à 16h15 par le lieutenant-colonel William Hudson, Postmaster General de Palestine inaugurent Palestine Broadcasting Service (PBS), la première station publique de ce territoire sous mandat britannique. Ils sont aussitôt suivis par une traduction en arabe par Ibrahim Kaibmi puis en Hébreux par Isaac Abbady. Le tout, devant une assistance de 300 personnes installée devant le centre émetteur à Ramallah. On estime alors à 12 000 le nombre de récepteurs en Palestine.

Il aura fallu bien des années avant que la Palestine puisse avoir sa station de radio. Dès 1926, des voix s’élèvent pour réclamer un poste de radiodiffusion. En 1932, une initiative privée, Radio Tel-Aviv fait long feu (lire ci-dessous). Ce n’est qu’en 1934 que la direction des postes passe commande auprès de la compagnie de Marconi d’un émetteur de 20 kw et de deux mâts d’une centaine de mètres chacun. La longueur d’ondes est déjà fixée, ce sera 449,1 mètres (668 kc).

PBSPrévue dans un premier temps à Noël 1935, l’inauguration est retardée. Elle a lieu le 30 mars 1936 au pied des deux pylônes de 100 mètres de haut sur une colline de Ramallah à 850 mètres d’altitude, près de Jérusalem. Il y a là le haut commissaire britannique, les responsables des Postes, les représentants de toutes les religions et même un certain David Ben Gourion, président de l’agence juive et qui sera le fondateur de l’état d’Israël après la guerre. Après cette cérémonie protocolaire ponctuée par de la musique militaire, place aux programmes artistiques depuis le studio provisoire installé au Palace Hotel Jerusalem en attendant la fin des travaux à la General Post Office.

Pour ce premier programme, c’est un groupe de musiciens arabes (Jamil Aweis, Mahammed Abd Al Karim, Yehia As S’oudi, Najat Ali) que l’on peut entendre. Ils seront suivis par un premier artiste juif, le chanteur Vittorio Weinberg.

Un premier incident

Cette inauguration intervient dans un contexte de grande tension entre arabes et juifs. Une semaine après l’inauguration de PBS, un premier incident intervient. Les Arabes protestent vigoureusement car dans les programmes en hébreux, les animateurs utilisent le terme Eretz Israël (Terre d’Israël) pour traduire Palestine, au lieu des initiales (aleph yod) comme sur les timbres.Les programme en hébreux prendront finalement le nom de Kol Yerushalyim, la Voix de Jerusalem.

Radio Tel Aviv, une initiative privée dès 1932

Une première radio a émis dès 1932 sur le territoire de la Palestine. Il s’agit de Radio Tel-Aviv, mise en place à l’initiative de Mendel Abramovitch, un ingénieur fondateur de la Palestine Broadcasting Corporation. Radio Tel-Aviv s’est lancée sur les ondes à l’occasion de la Levant Fair, une foire commerciale internationale le 7 avril 1932. Mais ses premiers essais datent du 27 février 1932. Les autorités britanniques autorisent cette radio pour des émissions provisoires à titre d’essais. Elle diffuse de temps à autre des concerts mais doit fermer en avril 1935 alors que l’arrivée sur les ondes de PBS se précise.

16 Mar

1948 : quand la Radiodiffusion française espérait pouvoir faire de la publicité

Après la guerre, les temps sont durs pour la Radiodiffusion française. Il faut remettre en place le réseau des émetteurs, embaucher du personnel pour faire fonctionner les chaînes de radio sous monopole d’état (Chaîne nationale, Chaîne parisienne, Paris-Inter, postes régionaux et extérieur…). Ses ressources sont fixées par le budget voté par les députés. Mais ce budget devrait être alimenté par lePub2s produits de la taxe radiophonique (l’ancêtre de la redevance).

Or une partie de ces recettes sont affectées ailleurs. Du coup, en 1948, ce budget est tellement étriqué que la Radiodiffusion française doit se serrer la ceinture. Les programmes de la Chaîne parisienne sont réduits de deux heures par jour, les émissions régionales de Bordeaux, Clermont-Ferrand, Grenoble, Limoges, Montpellier et Nancy sont supprimées et la radio renonce à couvrir en ondes courtes les Balkans et une partie de l’Amérique du Sud.Prog46-11

Pour sortir de ce contexte financier difficile, les autorités imaginent une augmentation de la taxe ou une introduction de la publicité sur les antennes, plus particulièrement sur la Chaîne parisienne et Paris-Inter (les ancêtres de France-Inter pour faire simple). Et pour gérer cette manne, on pense à la Société financière de radiodiffusion (Sofirad) dont l’Etat est le principal actionnaire. Parallèlement, la radio publique cherche à traquer ces Français qui ne déclarent pas leur poste de TSF pour éviter la taxe. Elle envisage un temps de demander aux agents d’EDF de vérifier dans les foyers s’il y a une radio ! Mais EDF refuse catégoriquement. La radiodiffusion doit se contenter des contrôleurs qui permettent certes d’augmenter les recettes de la taxe mais qui coûtent aussi très cher. Le refus de l’Etat d’autoriser la pub énerve Paul Rivet, président du Conseil supérieur de la radiodiffusion, qui menace de démissionner avant d’avaler son chapeau.

Parallèlement, cinq des anciennes stations privées, non compromises pendant la guerre mais interdites de réémettre à la Libération suite à l’établissement du monopole d’Etat, le Poste parisien, Radio-Cité, Radio-37, Radio-Ile-de-France et Radio-Normandie font une proposition originale. Rendez-nous nos autorisations d’émettre et instaurez une taxe sur nos publicités pour financer le service public, disent-elles en substance. Cette idée séduisante ne rencontre pas d’échos favorables.

Cette pub qui n’est pas de la pub

Pour boucler ses fins de mois, la radiodiffusion va multiplier les messages compensés, c’est à dire les communiqués payés par des groupements professionnels, pas par des marques. Ainsi, des éditeurs invitent le public à offrir des livres, le syndicat des mareyeurs à manger du poisson. Mais ça ne suffit pas, alors en 1950, le débat revient et l’on pense alors à patronner les émissions, à les sponsoriser comme on dit de nos jours. Sans succès. Ce débat sur l’introduction de la publicité sur les ondes publiques reviendra périodiquement, à chaque difficulté budgétaire des antennes nationales. Jusqu’à aujourd’hui…

24 Fév

Il y a 60 ans : la radio d’outre-mer est créée pour accompagner les indépendances

Le 21 janvier 1956, le Journal officiel publie l’acte de naissance de la Société de radiodiffusion de la France d’outre-mer (Sorafom) dirigée par Pierre Schaeffer, Shaefferalors chef du service de la radiodiffusion au ministère de la France d’outre-mer. Cette société d’Etat doit coordonner la radiodiffusion dans tous les territoires qui relèvent de ce ministère. La première tâche délicate du patron de la Sorafom sera donc de bien délimiter de qui est de la compétence du nouvel organisme et de la RTF (Radiodiffusion télévision française) qui gère les stations des Antilles, d’Afrique du Nord et la puissante radio sur ondes courtes Radio-Brazzaville. Cette situation est corrigée en novembre de la même année. La Sorafom s’occupera des radios outre-mer mais elle sera présidée par le directeur-général de la RTF. En octobre 1957, Pierre Schaeffer est débarqué et remplacé par Robert Pointillon, chef de cabinet du ministre de l’outre-mer. Cette mainmise politique suscite alors quelques remous et une première grève.

SorafomEn 1958, elle gère dix-huit stations

La Sorafom développe les stations en Afrique et forme les personnels des futures radios nationales des pays sur la voie de l’indépendance dans un studio-école à Maison-Laffitte. En 1958, elle gère 18 stations qui reçoivent chaque semaine, des enregistrements d’émissions ou d’interviews de la RTF qu’elles peuvent diffuser à leur guise. Il s’agit des radios d’Afrique occidentale française, d’Afrique équatoriale française, de Djibouti, de Madagascar et d’Océanie.

L’Afrique occidentale française compte plusieurs stations. La chaîne générale Inter-AOF (ex Radio-Dakar), le programme en langues locale de Dakar, Radio-Conakry, Radio-Abidjan, Radio-Cotonou, Radio-Soudan (Mali), Radio-Saint-Louis et Radio-Niamey.

A partir du 6 avril 1959, les états africains et malgache sur la voie de l’indépendance gèrent leur radio locale. Les stations des autres territoires ayant choisi de rester français, Radio-Djibouti, Radio-Papeete, Radio-Nouméa et Radio-Saint-Pierre passent au 1er juillet sous le contrôle direct de la RTF. Le problème se pose pour Radio-Inter à Dakar et Radio-Inter-Equatoriale à Brazzaville. En avril, Inter-AOF à Dakar fait l’objet de telles convoitises de la part des futurs états (surtout de l’éphémère Fédération du Mali) qui seront indépendants l’année suivante, qu’elle doit suspendre ses émissions.Un accord en AEF permet à Inter-Equatoriale (radio commune à quatre nouveaux états) de continuer ses émissions (elle s’arrêtera le 18 avril 1960), ainsi qu’à Radio-Brazzaville (RTF). La Sorafom installe Radio-Congo (5 kw) en août 1959. Le 28 novembre, c’est au tour de Radio-Gabon (1 439 et 4 815 kc) et Radio-Haute-Volta (1 520, 5 025 et 7 272 kc) d’être lancée sur les ondes.

En 1961, après les indépendances, la mission de la Sorafom évolue pour devenir un organisme de coopération chargé d’épauler les radiodiffusions des nouveaux pays. En avril 1962, la Sorafom devient l’Office de coopération radiophonique (Ocora) .