20 Juin

1966 : la radio et la télé viennent à la rescousse des candidats au bac

En juin 1966, les résultats du baccalauréat se révèlent catastrophiques. 31,5 % seulement des 200 000 candidats décrochent leur bachot, sésame pour accéder à l’enseignement supérieur. La suppression de l’examen probatoire qui régulait l’accès à la terminale, des programmes surchargés et des sujets très difficiles ont entraîné cette Bérézina.

Il reste cependant un espoir pour les candidats malheureux, la session de rattrapage en septembre. Pour ceux qui ont les moyens, pas de problèmes, des cours privés se proposent de les remettre à niveau pendant l’été.

RTS2Mais pour les autres, que faire ? « Des émissions de radio et de télévision destinées à faciliter la préparation des candidats à la deuxième session du baccalauréat seront diffusées du jeudi 4 août au mercredi 7 septembre inclus« , annonce début juillet le ministère de l’Education nationale.

RTSCes émissions doivent avoir lieu du lundi au vendredi pendant deux heures à la radio et une heure à la télévision. « Les émissions de radio seront diffusées tous les matins du lundi au vendredi inclus sur les antennes de France-Culture (modulation de fréquence et modulation d’amplitude), et sur celles de France-Inter (pour les seuls émetteurs de Lyon et de Rennes), de 9 h 15 à 11 h 15. Les émissions de télévision seront diffusées sur les antennes de la première chaîne tous les après-midi du lundi au vendredi inclus, de 14 heures à 15 heures. » Ces créneaux horaires sont loués par le ministère à l’ORTF (l’Office de la radio télévision française).


 

Quel résultats ?

L’expérience s’avère concluante. 42% des élèves inscrits en septembre demandent les fascicules accompagnants les émissions. « En ce qui concerne l’efficacité des émissions, un sondage portant sur 2 133 candidats utilisateurs de Radio-télé-bac fait apparaître, parmi les candidats ayant fait connaître leurs résultats, un pourcentage de reçus définitifs à la session de septembre de 64 %« , indique un communiqué de l’Education nationale. En février 1967, le ministère décide de reconduire l’opération du 31 juillet au 8 septembre (douze heures hebdomadaires à la radio et sept heures à la télévision). En 1968, l’opération n’a pas été reconduite. Inutile de vous expliquer pourquoi…

9 Juin

La Voix de la France, la radio coloniale sur ondes courtes du régime de Vichy

VoixFrance1

Au cours des premiers mois de 1941, le Gouvernement de Vichy, inquiet des ralliements de colonies à la France libre, souhaite mettre en place un service de radiodiffusion pour l’Empire. L’Etat français a déjà perdu le contrôle de l’Afrique équatoriale française, du Tchad, des Etablissements français de l’Océanie, des comptoirs de l’Inde, de la Nouvelle Calédonie et en juin, les Britanniques et les Français libres ont libéré le Liban et la Syrie.

Après des premiers tests début août, composés d’infos en français et de musique non-stop, c’est le 17 août 1941 que le gouvernement de Vichy, après avoir eu l’autorisation des autorités allemandes, inaugrue sur les ondes courtes son service extérieur dénommé La Voix de la France. La rédaction de la radio est tout d’abord logée dans une petite pièce du quatrième étage de l’hôtel britannique (eh oui, drôle d’adresse pour une radio anglophobe), siège du ministère des Colonies. Elle s’installera plus tard dans deux pièces du Cécil-Hôtel, 13 boulevard de Russie, c’est à dire au siège de la Radiodiffusion nationale, à proximité immédiate de l’hôtel du Parc, le coeur du pouvoir. Le studio est aménagé dans un coin (une portion du couloir du deuxième balcon) du casino de Vichy puis le signal est transmis à la station ondes courtes d’Allouis près de Vierzon en zone occupée.


 

Qui la dirige ?

La création de ce programme international de la radio de Vichy est confiée à Albert Demaison assisté d’Albert Perche. A partir du 21 avril 1942, c’est Léon Broussard, ancien journaliste de la presse quotidienne nationale (L’Intransigeant, Paris-Soir et surtout le Petit Journal) qui prend la suite d’André Demaison quand ce dernier est nommé directeur de la Radiodiffusion nationale.

Quels sont ses programmes ?

La grille des programmes puise dans les émissions de la Radiodiffusion nationale et inversement certaines émissions de La Voix de la France sont reprises sur le réseau de Vichy comme Guerre et diplomatie de Léon Boussard. On y trouve donc :  Au fil des jours, la vie à Paris, une rubrique mode, les revues de presse française et étrangère, des infos culturelles et sportives, une rubrique littéraire (Pierre Humbourg).

Elle a aussi des émissions spécifiques comme La France est toujours vivante (Léon Boussard) ou la chronique hebdomadaire pour les francophones de l’Amérique du Nord (Firmin Roze). Le programme musical est puisé dans les disques du Poste parisien car la discothèque de la radio privée sabordée en juin 1940 a été repliée sur Vichy. En 1943, un reporter de la Radiodiffusion nationale, Pierre Beauvois, prend en charge la direction artistique de la station. Paulette Tossa est la principale animatrice des émissions en français.

Vdf-mx

A gauche, M. Diop, ingénieur de prise de son. Au centre, Pierre Beauvois, directeur artistique et Jacques Lesgards, opérateur. En haut à droite, Paulette Tossa en compagnie de Pierre Humbourg. A droite en bas, M. Rasolonbraide, speaker malgache.

En quelles langues ?

La Voix de la France diffuse en français, en annamite (vietnamien), malgache et wolof (Sénégal, Mauritanie). Elle émet également en anglais, en espagnol, en roumain (trois fois par semaine), en portugais (à partir d’octobre 1941).

Quand émet-elle ?

A ses débuts, la station diffuse 8 heures par jour. Le 1er février 1942, La Voix de la France est sur les ondes seize heures par jour  avec 21 émissions, le double que précédemment. Fin 1943, La Voix de la France émet 18 heures par jour sur quatre longueurs d’ondes. La Voix de la France devient aphone quand les Allemands dynamitent les émetteurs d’Allouis lors de leur retraite le 17 août 1944.

Les messages familiaux, vitrine de la station

Début septembre 1941, le poste propose aux Français qui ont des parents dans les colonies ou à l’étranger, de diffuser leurs messages. « Il conviendra d’adresser les communications à M. André Demaison, la Voix de la France, ministère des colonies; les messages ne devront pas dépasser 15 mots en totalité« , souligne un communiqué de Vichy. La radio ondes courtes réalise aussi parfois des émissions spéciales. Comme durant l’hiver 1941, pour les marins retenus en Turquie. Suite à leur évacuation de Beyrouth, quand les Britanniques et les Français libres ont pris la ville, desVdF-77-1 marins se sont retrouvés à Erdek, un port de Turquie. Tous les samedis, une émission spéciale leur est destinée. Une autre s’adresse à partir de mars 1942 à l’Afrique du Sud « aux Français évadés des territoires dissidents ou dont les navires ont été capturés par la flotte anglaise« . Un premier bilan établi par Vichy fait état de 1000 messages pour l’Indochine, 750 pour la Syrie et le Liban, 600 pour l’Afrique équatoriale française, 500 pour les Antilles, 300 pour l’Afrique du Sud.

En 1942, les messages des familles continuent d’être diffusés. Ils sont plus longs, ce n’est plus quinze mots mais le double. Ils restent cependant contingentés. Ils ne sont pas autorisés pour l’Europe et l’Amérique du Nord. Fin 1942, c’est un message par mois pour l’Extrême-Orient, l’Afrique et Madagascar. Deux pour le Proche-Orient, les Antilles, les Amériques centrale et du Sud. Les messages ne sont plus autorisés pour l’Afrique du Nord où les Alliés ont débarqué début novembre. Le 11 janvier 1943, le couperet tombe : « La direction de la Radiodiffusion nationale porte à la connaissance du public que la Voix de la France n’est plus en mesure de transmettre les messages familiaux à destination de l’Empire et de l’étranger« . Il faut dire que l’Empire Vichy s’est réduit comme peau de chagrin suite au débarquement des Américains en Afrique du Nord, suivi du ralliement de l’Afrique occidentale française.

 

27 Mai

La radio de Vichy annonce un évènement, trois ans avant qu’il ne se produise

Lors de son bulletin d’informations du 28 mars 1942, la Radiodiffusion nationale à Vichy, citant un message de Tokyo, annonce que le leader hindou Subhas Chandra Bose est mort dans un accident d’avion au large du Japon alors qu’il se rendait à une conférence Subhas Chandra Bosenippo-indienne. C’est une boulette mais qui est reprise par l’agence Reuters et qui amène même Gandhi à envoyer un télégramme de condoléance à la mère de Subhas Chandra Bose. Certes, une dépêche japonaise a annoncé que quatre nationalistes hindous sont décédés dans un crash aérien mais pas le chef nationaliste passé du côté des forces de l’Axe.

Radio-Paris dément en annonçant que le leader nationaliste a parlé sur sa radio clandestine (lire ci-dessous). L’affaire tombe ensuite dans les oubliettes. Jusqu’en août 1945, quand on apprend que Subhas Chandra Bose est mort dans un accident au large de Taiwan alors qu’il faisait route vers Tokyo. La boulette de la Radiodiffusion nationale aura été prophétique.

Cette anecdote nous donne l’occasion d’évoquer les radios clandestines des nationalistes indiens mises en place avec le soutien des nazis et des Japonais. En prônant la résistance armée, Subhas Chandra Bose s’oppose à Gandhi, partisan de la non-violence. Il rejoint les forces de l’Axe pour mettre en place une armée indienne. Il a besoin pour cela d’instruments de propagande.

Azad Hind Radio (Radio Inde libre) démarre ses émissions sur ondes courtes en janvier 1942. Elle diffuse quotidiennement un programme de deux heures depuis deux émetteurs,Flag_Azad_Hind l’un en Bohême, l’autre en Hollande, deux pays occupés par les Allemands. Les programmes consistent en infos, commentaires, interviews en plusieurs langues parlées sur le sous-continent indien et en anglais. Plus tard, Azad Hind Radio est relayée depuis un émetteur de Singapour (occupé par les Japonais) et un second à Saïgon (colonie fidèle à Vichy et sous tutelle japonaise).

Subhas Chandra Bose bénéficie également de deux autres radios clandestines diffusées par les Allemands. Azad Moslem Radio émet un quart d’heure chaque jour en hindi à destination des musulmans qui seraient tenter de suivre Jinnah qui souhaite un état séparé (le futur Pakistan). Elle a pour but de rallier les musulmans à l’idée d’une Inde unie. National Congress Radio diffuse à partir d’août 1942 en quatre langues durant 40 minutes. Elle fait à sa façon la promotion du Quit India Movement, l’appel de Gandhi pour l’indépendance de l’Inde.  Le nom de la station se confond d’ailleurs avec celui de Congress Radio, la vraie radio pirate du Quit India Movement. C’est une technique de propagande très utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais ces deux dernières radios n’ont eu que peu de retentissement.

Ces trois stations étaient diffusées sur les mêmes longueurs d’ondes, 9 550 et 11 470 khz.

4 Mai

Quand Maurice Chevalier chante pour la première fois dans un studio de radio

Dans les années trente, Maurice Chevalier est une énorme vedette. Chanteur et acteur, il enchaîne les succès. On l’entend sur toutes les stations de radio mais seulement sur disques ou lorsqu’unCadum concert est retransmis en direct. Mais pour entendre l’homme au canotier être interviewé et chanter en direct depuis un studio de radio, il faut attendre le 5 mai 1936. Maurice Chevalier est l’invité d’une émission de variétés animée chaque semaine par Jean Sablon sur le Poste Parisien et reprise, comme c’est le cas des émissions sponsorisées, par d’autres postes privés. Ici, c’est une célèbre marque de savon qui donne son nom à l’émission. Cadum Variétés est diffusée chaque semaine de 20h15 à 20h45. Au cours du programme, Maurice Chevalier aura sans doute chanté les tubes du film qui sortait alors sur les écrans, le Vagabond bien aimé, mais sans son célèbre canotier qu’il avait vendu la veille à une vente aux enchères caritative.

3 Mai

3 mai 1936 : la victoire électorale du Front populaire est aussi celle de la radio

FrontPop3Il y a 80 ans, les élections législatives voient la victoire du Front populaire, union des socialistes, radicaux et communistes et entraînent toute une série de transformations sociales. Ce scrutin historique l’est également dans le domaine de la radio. C’est elle, la première à annoncer l’alternance.

A cette époque, les électeurs ont l’habitude de suivre les résultats devant les sièges des principaux quotidiens qui affichent sur des tableaux lumineux ou diffusent par haut-parleurs les victoires et les défaites tout au long de la soirée et une bonne partie de la nuit. Les 26 avril et 3 mai, c’est toujours la foule devant les grands journaux. Mais c’est aussi devant son poste de TSF que l’on peut suivre la soirée électorale. Plusieurs stations proposent un programme spécial.

Du côté du service public, la soirée est organisée par Paris-PTT de 19h30 à 4h avec de la musique et des résultats, un programme repris par les stations régionales, le poste de la Tour Eiffel et Radio-Paris.

Radio-Cité fait la révolution

Du côté des stations privées, si Radio-Toulouse offre une soirée et une nuit de musique et de résultats et que Radio-Luxembourg attend minuit pour les donner, à Paris, c’est une fois de plus la touteFrontPop5 jeune Radio-Cité qui va secouer le cocotier.

La station diffuse la première soirée électorale moderne avec l’aide du quotidien l’Intransigeant. En plus des résultats bruts qu’égrenent ses consoeurs, Radio-Cité fait vivre aux auditeurs la soirée électorale avec des des journalistes en direct dans plusieurs villes de France: Jean Guignebert est à Strasbourg, Jean Antoine à Marseille, Carlos Larronde à Bordeaux, R.-L. Dauven à Lyon, Michel Ferry à Lille et Fred Poulain à Nantes et le rédacteur en chef de la Voix de Paris, Louis Gautier-Chaumet est au studio à Paris. Radio-Cité impose un ton nouveau alors que curieusement son principal concurrent, le Poste Parisien n’a rien prévu. Du coup, la radio du Petit Parisien organisera sa propre soirée musique et résultats pour le second tour et Radio-Ile-de-France fera de même… et les soirées électorales ne seront plus les mêmes.

24 Avr

Quand Radio-Toulouse diffusait des émissions pour l’Afrique du Nord

En 1936, Radio-Toulouse lance une émission spécialement destinée aux auditeurs d’Afrique du Nord. Chaque jour sauf le dimanche, tard dans la soirée, quand la zone d’écoute de la station du midiToulouseAFN3 est à son maximum, une émission propose musique et nouvelles. La station cherche aussi à attirer de la publicité, gérée par l’Office Radio-Publicité à Casablanca, en faisant la promotion des produits du Maghreb.

ToulouseAFN2Lancé le lundi 24 février 1936, ce programme dirigé par Marcel Brouchet débute à 23h40 et s’achève à 00h30. A 23h55, un bulletin d’informations est diffusé, dénommé le « Journal sans papier de l’Afrique du Nord », réalisé en collaboration avec quatre quotidiens : Le Petit Marocain, Oran Matin, L’Echo d’Alger, la Dépêche tunisienne. L’été, les horaires sont avancés d’une heure. Si Radio-Toulouse a cherché a s’allier avec des journaux locaux, c’est que le paysage radiophonique en Afrique du Nord a évolué. Radio-Maroc et Radio-PTT-Alger se sont fortement développés, en puissance et en qualité des programmes. C’est sans doute pour cela que le succès des émissions toulousaines n’a pas été au rendez-vous.

Une première expérience dès 1928

Une première expérience avait été tentée dès 1928, pendant près de quatre ans. Le paysage radiophonique local balbutiait. Radio Toulouse, très bien reçue au Maroc et dans une bonne partie de l’Algérie, diffusait alors son « Journal sans papier » à 22h15 à destination de l’Afrique du Nord (21h15, heure de Casablanca). Certaines communes d’Algérie avaient même voté des subventions pour financer ce programme. Il permettait en effet de reprendre des infos parues dans des journaux nationaux qui n’arrivaient en Afrique du Nord qu’un jour ou deux après leur diffusion en métropole. En 1932, peu avant d’abandonner pour quelques années ses émissions vers l’Afrique du Nord, Radio-Toulouse avait également ajouté dans ses programmes une demi-heure pour le Maroc.

15 Avr

Radio Wallonia, la petite radio belge populaire dans le nord de la France

Avant guerre, il y avait en Belgique de nombreux petits postes privés à faible puissance. Parmi eux Radio Wallonia. Une station qui fut très populaire dans toute une partie du département du Nord (Avesnes, Bavay et Valenciennes) grâce à ses émissions en patois, un parler partagé des deux côtés de la frontière.

Cette station, installée dans le petit village de Veillereille-les-Brayeux – Bonne Espérance dans le Hainaut, a démarré au cours du week-end pascal enWallonia2 1926. Elle naît à l’initiative d’un passionné de radio, Maurice Tricoté. Dès sa jeunesse, il bricole des récepteurs. Il est parmi les premiers radioamateurs belges. Devenu électricien, il monte en 1924 un premier émetteur durant ses loisirs et s’essaie sur ondes moyennes puis ondes courtes. Début avril 1926, à Pâques, il monte Radio Wallonia sur 201 mètres. La puissance est modeste, une centaine de watts. Mais la station devient populaire de part de d’autre de la frontière franco-belge. Elle réussit par exemple à recueillir une somme conséquente après la catastrophe minière du Fief de Lambrechies (57 morts).

Wallonia

Les petites postes privés doivent se partager les fréquences

A partir de 1934, Radio Wallonia doit réduire ses émissions. La convention de Lucerne fait le ménage sur la répartition des fréquences. Les petits postes privés belges doivent se partager deux longueurs d’ondes. La première proposition des autorités n’est pas tendre pour certains postes. Sur 201,07 mètres: Radio-Schaerbeek, Radio-Conférence, Radio-ChâteaulineauRadio-Binche (15 heures d’émission hebdomadaire chacune), Radio-Wallonia-Bonne-Espérance et Radio-Courtrai (7h30 d’émission par semaine). Sur 200 mètres : Radio-Wallonie (Liège), Radio-Verviers, Radio-Ottomont (Verviers), Radio-Eglise du Christ (Anvers), 15 heures par semaine et Radio-Cointe (Liège), Liège expérimental, Radio-Seraing, 7h30. Le 11 janvier, l’administration accorde une autre longueur d’ondes 267 mètres. Ce qui permet aux treize stations de trouver un accord. Dur dur pour Radio Wallonia qui émet alors une cinquantaine d’heures par semaine. Cette proposition entraîne un tollé de part et d’autre de la frontière. Une manifestation est même organisée à Mons le 19 janvier 1934.

Après quelques péripéties, les horaires bien morcelés de la petite station patoisante finiront par s’établir comme suit: chaque jour de 8h30 à 10 h, les lundi et mardi de 15h à 17h, les mercredi. vendredi et samedi de 18h à 18, le jeudi de 13h à 15h, le dimanche de 13h à 17h.

30 Mar

Il y a 80 ans : « This is Jerusalem calling » premiers mots de la radio de Palestine

« This is Jerusalem calling », ces quatre mots prononcés le 30 mars 1936 à 16h15 par le lieutenant-colonel William Hudson, Postmaster General de Palestine inaugurent Palestine Broadcasting Service (PBS), la première station publique de ce territoire sous mandat britannique. Ils sont aussitôt suivis par une traduction en arabe par Ibrahim Kaibmi puis en Hébreux par Isaac Abbady. Le tout, devant une assistance de 300 personnes installée devant le centre émetteur à Ramallah. On estime alors à 12 000 le nombre de récepteurs en Palestine.

Il aura fallu bien des années avant que la Palestine puisse avoir sa station de radio. Dès 1926, des voix s’élèvent pour réclamer un poste de radiodiffusion. En 1932, une initiative privée, Radio Tel-Aviv fait long feu (lire ci-dessous). Ce n’est qu’en 1934 que la direction des postes passe commande auprès de la compagnie de Marconi d’un émetteur de 20 kw et de deux mâts d’une centaine de mètres chacun. La longueur d’ondes est déjà fixée, ce sera 449,1 mètres (668 kc).

PBSPrévue dans un premier temps à Noël 1935, l’inauguration est retardée. Elle a lieu le 30 mars 1936 au pied des deux pylônes de 100 mètres de haut sur une colline de Ramallah à 850 mètres d’altitude, près de Jérusalem. Il y a là le haut commissaire britannique, les responsables des Postes, les représentants de toutes les religions et même un certain David Ben Gourion, président de l’agence juive et qui sera le fondateur de l’état d’Israël après la guerre. Après cette cérémonie protocolaire ponctuée par de la musique militaire, place aux programmes artistiques depuis le studio provisoire installé au Palace Hotel Jerusalem en attendant la fin des travaux à la General Post Office.

Pour ce premier programme, c’est un groupe de musiciens arabes (Jamil Aweis, Mahammed Abd Al Karim, Yehia As S’oudi, Najat Ali) que l’on peut entendre. Ils seront suivis par un premier artiste juif, le chanteur Vittorio Weinberg.

Un premier incident

Cette inauguration intervient dans un contexte de grande tension entre arabes et juifs. Une semaine après l’inauguration de PBS, un premier incident intervient. Les Arabes protestent vigoureusement car dans les programmes en hébreux, les animateurs utilisent le terme Eretz Israël (Terre d’Israël) pour traduire Palestine, au lieu des initiales (aleph yod) comme sur les timbres.Les programme en hébreux prendront finalement le nom de Kol Yerushalyim, la Voix de Jerusalem.

Radio Tel Aviv, une initiative privée dès 1932

Une première radio a émis dès 1932 sur le territoire de la Palestine. Il s’agit de Radio Tel-Aviv, mise en place à l’initiative de Mendel Abramovitch, un ingénieur fondateur de la Palestine Broadcasting Corporation. Radio Tel-Aviv s’est lancée sur les ondes à l’occasion de la Levant Fair, une foire commerciale internationale le 7 avril 1932. Mais ses premiers essais datent du 27 février 1932. Les autorités britanniques autorisent cette radio pour des émissions provisoires à titre d’essais. Elle diffuse de temps à autre des concerts mais doit fermer en avril 1935 alors que l’arrivée sur les ondes de PBS se précise.