Trois histoires radiophoniques du début de l’ère castriste

1958 : la guérilla de Fidel Castro lance ses émissions rebelles

Radio RebeldeAujourd’hui, Radio Rebelde est une station qui couvre Cuba par de multiples et puissants émetteurs. A ses débuts, la station est clandestine. Elle démarre ses émissions le 24 février 1958 dans la sierra à l’initiative de Che Guevara par un programme de 20 minutes alimenté par un groupe électrogène.

Radio Rebelde diffuse ensuite tous les jours à 17 et 19h dans la bande des 20 mètres des émissions constitués d’infos, communiqués, musique, messages aux familles, messages aux unités de la guérilla.

1960 : l’Empire contre-attaque avec Radio Swan

Le 17 mai 1960, les auditeurs des Caraïbes peuvent entendre une nouvelle station en espagnol et en anglais sur 1160 khz. Radio Swan diffuse des programmes commerciaux mais très hostile au nouveau régime de Cuba. Elle bénéficie de deux émetteurs, un en ondes moyennes de 50 kw et un second en ondes courtes de 3,5 kw (fréquence 6000 khz). Le tout est installé sur l’île de Swan, un territoire alors contesté entre les USA et le Honduras. Fidel Castro réagit en organisant les radios cubaines proches de la fréquence de Radio Swan en une même station, La Voz del INRA (la Voix de l’Institut national pour la réforme agraire) dont la mission est de gêner les émissions.

Les programmes de Radio Swan sont enregistrés aux USA et acheminés sur l’île par avion. L’équipe technique est ravitaillée sur l’île par l’US Navy. Car Radio Swan est en fait une radio de la CIA. Elle sera notamment très active lors du débarquement de la baie des Cochons. Mais elle est si violemment anti-castriste qu’elle rate sa cible et finit par perdre sa crédibilité.

1962 : Radio Free Dixie, la riposte de Fidel Castro

En 1962, Fidel Castro autorise Robert F. Williams et sa femme Mabel a utiliser les ondes cubaines pour diffuser un programme pour les Américains. Ces deux militants des droits civiques ont obtenu l’asile politique à Cuba. La première émission est sur les ondes le 27 juillet 1962.  Chaque lundi, ils enregistrent un programme d’une heure, baptisé Radio Free Dixie, diffusé trois fois par semaine (lundi, mercredi et vendredi) à 23 heures sur un émetteur puissant (50 kw) de Radio Progreso (690 khz). Radio Free Dixie s’adresse tout particulièrement aux noirs des états du sud et  diffuse des infos sur tout ce qui concerne les combats des afro-américains mais aussi du jazz, du blues et de la soul.

Les émissions prennent fin en 1966 quand le couple choisit de partir pour la Chine populaire.

Novembre 1926 : NBC, le premier réseau radio américain, se lance sur les ondes

Le 15 novembre 1926, une soirée de gala de quatre heures diffusée depuis le Waldorf-Astoria Hotel à New-York inaugure le premier réseau américain, NBC pour National Broadcasting Company.

Trois bonnes fées au-dessus du berceau

En septembre 1926, RCA (Radio Corporation of America), faNBCbriquant de radios, achète la radio new-yorkaise WEAF et WCAP de Washington à l’opérateur téléphonique AT&T. L’opérateur autorise RCA d’utiliser ses meilleurs liaisons téléphoniques ce qui va permettre de développer le premier réseau américain. Au dessus du berceau de NBC se penchent trois bonnes fées actionnaires : RCA 50%, General Electric 30% (le proprio avec Vivendi de nos jours) et Westinghouse 20% (qui possède aujourd’hui CBS).

Une soirée de gala lance le réseau

Le 15 novembre, de 20 heures à minuit, une émission inaugurale réunit le gratin new-yorkais dans la grande salle de bal de l’hôtel Waldorf-Astoria avec les meilleurs orchestres et les stars de l’époque. Déjà NBC montre sa puissance. Lors de la soirée deux artistes sont à des centaines de kilomètres et leur voix parviennent à New-York via le réseau d’AT&T. La soprano Mary Garden chante depuis sa chambre d’hôtel à Chicago et Will Rogers depuis Independance dans le Kansas où l’humoriste se produit.

Qui diffuse la première soirée ?

Cette première historique dans l’histoire de la radio américaine est diffusée sur les stations suivantes : WEAF et WJZ New-York, WEEI Boston, WBZ Springfield, WTAG Worcester, WTIC Hartford, WGR Buffalo, WLIT Philadelphie, WRC Washington, WCSH Portland-Maine, WCAE et KDKA Pittsburgh, WGY Schenectady, WTAM Cleveland, WWJ Detroit, KSD Saint-Louis, WOC Davenport, WCCO Minneapolis, WDAF Kansas-City.

NBC se coupe en deux

A partir du 1er  janvier 1927, NBC divise son réseau en deux. Un Red Network depuis la station mère WEAF riche en divertissements et un Blue Network depuis WJZ plus informatif et culturel.

nbc27

Un Français superstar sur NBC

Au début de l’année 1931, Maurice Chevalier est aux USA. Il doit tourner un film de nbc-chevalierErnst Lubitsh, The Smiling Lieutenant, mais pas seulement. Le chanteur français a décroché le plus gros contrat de l’époque. NBC lui a proposé de chanter pendant 26 semaine, chaque dimanche soir dans l’émission vedette The Chase and Sanborn Hour pour 5000 dollars la semaine. Ce qui correspondrait aujourd’hui à 74 000 dollars !

Le Poste du Petit Parisien improvise un premier camion de reportage

Le 11 novembre 1926, le quotidien Le Petit Parisien organise la première édition du Grand Prix de l’Armistice, une course de marche athlétique qui regroupe sur la ligne de départs une soixantaine de concurrents dont une moitié d’anciens combattants de 14-18. La course part de la forêt de Rethondes près de Compiègne, où fut signé l’Armistice le 11 novembre 1918 pour rejoindre la place de la Concorde à Paris. Le journal dispose de sa propre station de radio, le Poste du Petit Parisien, dans ses locaux de la rue d’Enghien.

petitparisien

Pour informer de la progression de la course, le quotidien met les moyens. Un récepteur relié à un haut-parleur installé sur le ministère de la Marine permet au public de suivre les péripéties du Grand Prix. Et pour communiquer avec le Poste du Petit Parisien, une camionnette de livraison de journaux est équipée d’un équipement de TSF fourni par la compagnie Radio L.-L. « Un émetteur Hartley alimenté par un convertisseur haute tension travaillait avec 100 watts de puissance sur 50 mètres de longueur d’onde, il était couplé à un système d’antenne rayonnement horizontal système bien connu dû à M. Lucien Lévy qui a donné d’excellents résultats » se félicite Le Petit Parisien. La station venait d’improviser avec succès son premier camion-reportage.

« Louise », le disque cassé qui coûta très cher à Radio-Liberté

En octobre 1929, Radio L-L. annonce dans son programme la diffusion d’Impressions d’Italie et de Louise, deux oeuvres du compositeur Gustave Charpentier. Il s’agit d’une tranche horaire à l’heure de midi louée au journal La Liberté et qui porte le nom de Radio-Liberté. Mais gros couac : le disque de Louise est cassé. La station décide alors de passer une autre Louise, une chanson interprétée par Maurice Chevalier sans prévenir le public. Le compositeur s’estime lésé et attaque la Radio-Liberté en justice. Il réclame 10 000 francs de dommages et intérêts. En 1932, un tribunal civil lui en accorde 3 000. Ce qui compte-tenu de l’érosion monétaire vaut aujourd’hui selon l’INSEE près de 200 000 euros ! L’émission d’échos, d’infos culturelles et de musique du journal La Liberté avait quitté les ondes de Radio L.-L. dès le printemps 1930.

radioll

.

Extraits des arguments des avocats du compositeur : « Attendu que la substitution incriminée, manifestement incongrue et pénible, d’une chansonnette dépourvue de toute valeur artistique à l’oeuvre célèbre attendue des auditeurs, constitue une faute d’autant plus grossière et regrettable qu’il est constant que les auteurs et éditeurs de cette chansonnette s’efforçaient, à la même époque, de créer une sorte de confusion pour la faire apparaître, aux yeux du public, comme se rattachant à l’opéra-comique de Charpentier.« 

Pour la petite histoire, Gustave Charpentier a aussi attaqué la chanson de Maurice Chevalier (musique Richard Whiting, paroles Leo Robin). En 1932, il a obtenu 5000 francs de dommages et intérêts et le changement de nom de la chanson de l’homme au canotier que l’on retrouve dans le film Innocents of Paris.

Elle s’appelle depuis, Ma Louise.

1966 : Radio-Luxembourg devient RTL, accueille Rosko et vire la Famille Duraton

C’est un peu comme une vieille dame coquette qui chercherait à se faire passer pour une nouvelle Radio Télé Luxembourgquinquagénaire. Aujourd’hui, RTL souffle ses cinquante bougies alors que la radio de la rue Bayard est née au début de 1933. Au delà d’un simple changement de nom, cette date reste en fait pour la station du Grand-Duché un important changement de cap. RTL dit alors adieu aux années TSF et entre enfin dans les années transistor.

Il aura fallu pour ça, un peu de remue-ménage. En avril, le groupe Prouvost-Hachette (Télé-7-Jours, Paris Match, Marie-Claire…) rachète les parts de la CSF (12,8%) au capital de la CLT, Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion. Le 17 mai, Jean Prouvost devient le patron de RTL. En septembre, Jean Farran, rédacteur en chef de Paris-Match est nommé directeur de Radio-Luxembourg. Tout est prêt pour donner un coup de jeune à la station qui, avec 24% d’audience, est dépassée dans les sondages par Europe 1 (28%) et France Inter (26%), alors qroskou’en 1964 elle caracolait en tête (31%) devant Europe 1 (21%) et France Inter (20%).

RTL adopte un ton beaucoup plus moderne, lance des émissions dont le Journal inattendu toujours à l’antenne, et surtout embauche en novembre le Président Rosko qui débarque tout droit du navire émetteur de la station pirate britannique Radio Caroline. Le DJ rajeunit l’auditoire avec Minimax, un hit-parade quotidien de 16 à 18 heures.

Parmi les émissions qui font les frais de la nouvelle formule de Radio-Télé-Luxembourg, il y a la Famille Duraton. Ce feuilleton radiophonique quotidien qui met en scène les aléas de la vie familiale est né avant guerre sur l’antenne de Radio-Cité avant de revenir sur les ondes en 1948 sur Radio-Luxembourg. Le feuilleton part finir ses jours sur Radio-Andorre.

duraton

Elle souffle ses trente bougies en 1961

Le 15 mai 1961, Radio-Luxembourg qui s’apprête à devenir RTL fête ses trente ans. Le 15 mai 1931 est en effet la date de l’inauguration officielle de la station. Elle organise auprès de ses auditeurs un « grand référendum » en leur demandant : « Au cours de ces trente années, Radio-Luxembourg a-t-il servi à quelque chose ? » La question paraît étrange mais il faut la replacer dans le contexte. Le 21 avril, des généraux ont déclenché un putsch à Alger. Les radios périphériques ont joué un rôle important d’information lors de ce coup de force militaire.

Elle a déjà fêté ses cinquante ans en 1979

En 1979, le Grand-Duché du Luxembourg marque les cinquante ans de la création de sa société de radiodiffusion et pour l’occasion émet un timbre. Un clin d’oeil pour la journée anniversaire que s’offre aujourd’hui RTL.RTL

Radio-Sindex, la première radio d’Indochine, est née à Haiphong

Et non, ce n’est pas à Saïgon, ou même à Hanoï, qu’est née la première radiosindex d’Indochine. C’est à Haïphong, un port situé au nord du Vietnam d’aujourd’hui, qu’une société privée monte en 1928 une station de radio dans cette colonie française. La Sindex, le petit nom de la Société industrielle d’exportation en Extrême-Orient, fournit à l’Indochine bon nombre de produits manufacturés, dont notamment des postes de réception de TSF via sa filiale Radio-Indochine. Mais pour en vendre, il faut que les colons aient une station à écouter. La Sindex s’équipe donc d’un émetteur construit par les établissements Kraemer à Asnières  et l’installe à Haiphong où elle a basé sa première agence indochinoise.

Après quelques tests, Radio Sindex est inaugurée le vendredi le vendredi 10 février 1928. Elle émet sur 87 mètres avec une puissance de 2 kw. Au programme, une allocution pleine d’emphase du représentant du Gouverneur général, son chef de sindex1cabinet M. Trillat. Puis, c’est au tour de Charles Olivier, secrétaire général de la Sindex de prendre la parole. Cette première émission s’achève par une Marseillaise interprétée par Lucienne Dufrenne.

Le poste de la Sindex diffuse trois fois par jour à 11h, 18h et 20h30 des informations, le cours des changes, du commerce et des valeurs, des concerts de musique européenne, annamite et chinoise.

Cependant, la réception reste insatisfaisante (faible puissance, parasite, longueur d’ondes inadaptée) et se localise uniquement sur la région d’Haiphong. C’est insuffisant pour rentabiliser le poste. Par ailleurs, la Sindex n’est pas en bonne forme financièrement (elle dépose son bilan en 1931). A l’été 1929, Radio-Sindex, connue également sous le nom de Radio-Indochine, la filiale de la Sindex, n’est plus sur les ondes. Un nouveau projet privé se monte à Saïgon qui rachète l’émetteur de la Sindex.

Les radios nationalistes en français pendant la guerre d’Espagne

Après avoir fait le point sur les radios républicaines qui diffusaient des programmes en français pendant la guerre civile espagnole, voici le même panorama, côté nationaliste. A la différence des Républicains qui sont restés très divisés sur les ondes, les Nationalistes ont unifié leur réseau à partir de l’été 1937 avec Radio Nacional de Espana basée à Salamanque.

Radio Séville

espagne-sevilleAu début du soulèvement militaire, Radio-Séville est la première radio puissante espagnole à tomber aux mains des putschistes. Elle devient donc rapidement la voix des Nationalistes. Radio-Séville se fait connaître par les allocutions extrémistes du général Queipo de Llano. Elle diffuse une émission en français deux fois par jour à 13h30 et à 20h sur 410,4 m en ondes moyennes. Du fait de sa situation géographique, la station est particulièrement bien reçue en Afrique du Nord.espagne36

Radio Salamanque

En décembre 1936, des techniciens allemands débarquent au port de Vigo et prennent la direction de Salamanque pour y installer un émetteur Telefunken de 20kw. Le général Franco peut inaugurer le 19 janvier 1937, Radio Nacional de Espana. La station émet sur 274 mètres en ondes moyennes et sur 41,5 mètres en ondes courtes. Elle diffuse en français à 21 h et 23h30.

Radio Saragosse

espagne-saragosse2Inaugurée par Franco le 19 avril 1938, Radio Saragosse diffuse sur 352,9 mètres avec une belle puissance de 30 kw, deux émissions en français, à 20 h (L’Heure française) et à 23h40 (20 minutes), chaque jour sauf le dimanche. Le programme s’ouvre par la Marche lorraine et s’achèvent « par le cri du speaker français : « Vive la France nationale ! Vive l’Espagne ! Franco ! Franco ! Franco ! Arriba Espana ! », souligne le quotidien royaliste l’Action française. Le programme de Radio-Saragosse porte sur les questions suivantes : communiqué officiel de guerre (au début de chaque émission), documentation politique, informations, radio-reportages, tourisme, analyse d’articles de presse et d’ouvragessaragosse-aout-39 d’actualité, avis et critiques des auditeurs, affaires commerciales, publicité (aux conditions avantageuses de la radio espagnole aussi bien pour les émissions françaises que pour les émissions espagnoles), placement, etc… « 

A l’automne 1938, l’émission L’Heure française est supprimée, les Franquistes voulant afficher une neutralité alors que les accords de Munich viennent d’être signés. Il ne reste qu’un bulletin d’informations à minuit. L’Heure française revient sur les ondes avant Noël.

Le speaker du programme en français, jusqu’en août 1939, s’appelle Jean Hérold-Paquis. Pendant l’Occupation, il sera une des voix de Radio-Paris (sous contrôle allemand) et sera condamné à mort à la Libération. C’est lui qui fonde l’Association des auditeurs de langue française de Radio-Saragosse, dont l’adresse est 1, place d’Espagne et qui revendique en août 1939, 22 000 membres dans une centaine de sections. Il reçoit à son micro des personnalités d’extrême-droite dont Charles Maurras, Pierre Héricourt, Léon Bailby, Robert Brasillach…

Radio Requeté

espagne-requeteLa radio des Requetés, une milice royaliste, émet depuis San Sebastian sur ondes moyennes avec 3 kw sur 238.5 mètres. Elle est bien reçue sur la côte ouest française. Ses programmes sont également retransmis sur ondes courtes (41,65 mètres). Elle ouvre ses programmes par Oriamendi, l’hymne des traditionalistes. La station diffuse en français à 13h et 18h45 pendant un quart d’heure. Cette émission s’ouvre par la Marche Lorraine et s’achève par La Royale, la marche des Camelots du Roi, les militants royalistes français.

Elle devient Radio Nacional de Espana San Sebastian le 15 août 1937.

Radio Castille

Cette radio contrôlée par les Carlistes et appelée par la presse française Radio Burgos diffuse une émission en plusieurs langues (anglais, français, allemand, italien et portugais) de 20h à 21h sur 238,5 mètres en ondes moyennes et dans la bande des 48 mètres en ondes courtes. C’est Radio Castille qui diffuse les informations officielles du camp franquiste avant que cette tâche ne revienne à Radio Nacional de Espana à l’été 1937.

espagne-phalange2

Radio Tenerife

C’est la première station à basculer du côté des Nationalistes. Le général Franco étant au moment su soulèvement de juillet 1936 gouverneur militaire des Canaries. Radio Tenerife émet en français à 20h30 et 23h30 sur ondes courtes (28,90 mètres).

Radio La Corogne

Une émission en français est diffusée de 20h à 20h15 dans la bande (très encombrée) des 40 mètres à l’automne 1936. Le poste n’est ensuite plus entendu.

Radio FET

Les stations de la Falange Española Tradicionaespagne-phalangelista, la Phalange espagnole traditionaliste, ont diffusé des programmes en français. Celle de Burgos, Radio FET 5,  propose un programme francophone sur 40,81 mètres en ondes courtes, chaque jour de 19h30 à 20 heures, à partir de l’été 1938 et jusqu’à la fin de la guerre.

Radio FET 1, basée à Valladolid, diffuse elle aussi un programme en français sur ondes courtes (42,82m) à partir de l’été 1938 de 20h à 20h30.

Les radios républicaines en français pendant la guerre d’Espagne

Espagne22En juillet 1936, un coup d’état militaire échoue en Espagne mais plonge le pays dans la guerre civile. Deux camps s’affrontent, les Républicains (loyalistes) et les Nationalistes qui l’emportent en 1939. Les stations se multiplient, chaque faction de chaque camp souhaitant faire entendre sa propre voix, le plus souvent en plusieurs langues, à destination des pays voisins mais également aux nombreux combattants étrangers venus soutenir les belligérants. La plupart de ces stations avaient des programmes en français. Voici un panomara des radios républicaines qui en diffusaient.

La Voix de l’Espagne républicaine

C’est la voix officielle du gouvernement républicain. On l’appelle aussi en France la Voix de Madrid ou même Radio-Madrid. Après le soulèvement militaire de Espagne-EAQjuillet 1936, la zone de Madrid est restée du côté loyaliste. Le gouvernement républicain continue à utiliser l’émetteur de la Voix de l’Espagne (indicatif EAQ), basé à Aranjuez à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. A partir de septembre 1936, elle diffuse des infos en cinq langues, dont le français, de 23h30 à minuit. En 1938, la Voix de l’Espagne républicaine peut être entendue en français sur 30,43 mètres en ondes courtes tous les jours de 8 h 30 à 8 h 45 et de 21 h 20 à 21 h 40.

Madrid Union Radio

Ce poste privé (indicatif EAJ-7) qui dispose d’un émetteur de 10 kw sur 274 mètres en ondes moyennes est réquisitionné par le gouvernement républicain pendant la guerre civile. A l’automne 1936, la station diffuse des informations en français à midi et en début de soirée, vers 20 heures. Puis cette horaire change pour se fixer en seconde partie de soirée, 23 heures en été, 22 heures en hiver, ce qui est plus judicieux compte-tenu de la propagation en ondes moyennes.

Radio Barcelone

espagne55Radio Barcelone, indicatif EAJ-1, est la première radio espagnole. Cette radio privée a commencé à émettre en 1924. Pendant la guerre civile, elle passe sous l’autorité de la Généralité de Catalogne. En 1938, elle diffuse un programme en français à 22h45 réalisé par le secrétariat à la propagande, sur ondes moyennes 377,4 mètres et sur ondes courtes dans la bande des 40 mètres à 20h30. L’émission en français s’annonce alors comme Radio République. L’indicatif du poste ondes courtes est celui d’un radio amateur EA3SI. A la mi-novembre 1938, l’émission en français est diffusée sur 42 mètres et aussi en ondes moyennes sur les longueurs d’ondes de 293,5m (Radio Associacio de Catalunya) et 377,4 m (Radio Barcelona) quand les stations fusionnent leurs programmes.  L’adresse est alors au QG de l’armée républicaine à Barcelone. La radio passe aux mains des Nationalistes à la chute de Barcelone fin janvier 1939.

espagne25

Radio PSU

Espagne33Le Parti socialiste unifié de Catalogne, membre de l’Internationale communiste, dispose en septembre 1936 d’une station sur ondes courtes dont l’adresse est à l’hôtel Colon sur la place de Catalogne à Barcelone. Elle diffuse une émission en français tous les jours de 20h50 à 21h10 puis l’horaire est décalé à 20h30. On la retrouve en ondes courtes sur 42,08 mètres.  Radio PSU ouvre et ferme son antenne par l’Internationale.

Radio CNT-FAI

Le 29 août 1936, la première radio libertaire de l’histoire se lance sur les ondes. RadioRadioCNT CNT-FAI, indicatif ECN-1, c’est le poste de la Confédération nationale du travail de la Fédération anarchique ibérique. Elle est installée via Layetana à Barcelone dans le bâtiment qui abritait la confédération patronale et que les anarchistes occupent. La radio ouvre son antenne à 17 heures et la ferme à minuit par les hymnes Hijos del pueblo et A las barricadas. Les premières semaines, ECN-1 n’est entendue que sur ondes courtes, 42,88 mètres. En novembre 1936, elle s’équipe d’un émetteur en ondes moyennes, 222,55 mètres. La radio diffuse des programmes en plusieurs langues. A son démarrage, elle émet en français trois fois par semaine mais ces émissions deviennent quotidiennes de 22h à 22h30. Les autorités de Catalogne ferment la station après les évènements de mai 1937.

CNT-plus

Radio UGT Madrid et Barcelone

L’UGT, c’est le syndicat Unión General de Trabajadores, l’Union général des travailleurs, la CGT espagnole pour faire simple.

Madrid. Ce863 syndicat communiste lance fin juillet 1936, une radio qui diffuse en ondes courtes sur 41,6 mètres des émissions en français (20h10-20h30), anglais, allemand, polonais et hongrois. Elle programme fin 36 deux émissions en français, à midi et 20h50. Elle doit s’arrêter quelques jours le vendredi 6 novembre au soir alors que les troupes nationalistes sont aux portes de Madrid. A midi, la speakerine avait été interrompue en direct par la sirène de guerre. Au printemps 37, elle propose une émission en français tous les soirs de 20h10 à 20h30 sur 40,60 m. En 1938, une seconde émission en français est diffusée à 21h30 sur 42 m puis 30,43m.

Barcelone. Le 6 octobre 1936, le syndicat UGT démarre ses émissions à Barcelone. La radio émet sur 38,4 mètres de  18h30 à 21h et  en français de 20h à 20h30.

Postes du Parti communiste espagnol

Espagne-PCELa radio sur ondes courtes du Parti communiste espagnol basée à Madrid démarre sur ondes courtes le 31 août 1936. Radio PCE (indicatif PCE-1) diffuse en plusieurs langues (espagnol, anglais, français à 22h, allemand, italien et portugais). La Radio du parti communiste espagnol est entendue sur 40.5 mètres.

espagne-pce

Le Parti Communiste espagnol monte à Valence une station d’émission sur ondes courtes. Elle diffuse sur 41,87 mètres des infos en français deux fois par jour à 12h15 et 16h15 durant l’automne 1936, puis sur 41,37 mètres à 12h45 et 16h15 au printemps 1937. Son adresse est 3, place de Tetuan à Valence.

Radio POUM

C’est la station du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM). Ce parti marxiste, ni stalinien, ni trotskiste, émet depuis Barcelone sur 42 mètres à partir du 22 septembre 1936. Radio POUM, indicatif ECP-2, émet de 18h à 20h30 en plusieurs langues. A 19h20, débute une émission de 20 minutes en français animée par Emmanuel Loubier. Radio POUM diffuse aussi en espagnol, anglais, allemand (speaker Herbert Lentze), et en italien (speaker Almo Moretti). La radio change de longueur d’onde pour 38,11 m en mai 1937. Elle est interdite par les autorités de Catalogne en juin 1937 quand le parti est déclaré illégal suite notamment aux troubles de mai 1937.

Espagne-Poum-plus

Radio Carthagène

En 1938, des communistes diffusent un programme en français depuis Carthagène à 19h30 sur 42,50 m. Ces émissions provenaient probablement de la radio de la flotte républicaine.