Voici Ond’Auto, un des tout premiers autoradios français

Avant les années trente et le début de la production des autoradios par les grandes firmes de TSF comme Blaupunkt ou Telefunken, des artisans constructeurs tentent de se lancer dans ce domaine fort prometteur. La TSF à bord d’une automobile est au tout début de la radiophonie une expérience réservée aux radio amateurs qui organisent des rallyes entre spécialistes. Mais les auditeurs fortunés ne tardent pas à souhaiter profiter de la radio à bord de leur berline.

Ond’Auto, un des premiers autoradios français

Une nouveauté au salon de la TSF

Au salon de la TSF en 1926, des constructeurs de TSF présentent un poste adapté à l’automobile. On ne dit pas encore autoradio. G. Gailly et Ch. Les Enfants qui ont un atelier au 18, rue Pierret à Neuilly-sur-Seine, l’ont baptisé Ond’Auto. Le poste est installé dans le coffre du marche-pied d’une Rolls-Royce, côté chauffeur. L’alimentation électrique est assurée par la batterie du véhicule et un haut-parleur est placé à l’arrière. L’antenne est invisible et probablement cachée sur la surface du toit. Mais le succès commercial ne semble pas avoir été au rendez-vous car ces constructeurs ont sombré dans l’oubli. Dommage, ils avaient créé un premier autoradio français.

« La voix de l’Algérie française », l’insaisissable radio pirate de l’OAS

Après l’échec du putsch des généraux en avril 1961, des militaires et des pieds noirs fondent clandestinement l’Organisation Armée Secrète (OAS) pour garder l’Algérie française, alors qu’elle se dirige vers l’indépendance suite au référendum de janvier 1961. Outre ces actions terroristes, l’OAS a réussi à diffuser à de nombreuses reprises, des émissions pirates. C’est cette histoire qui nous intéresse ici.

Samedi 5 août 1961. Vers 13 heures, les câbles qui alimentent l’émetteur algérois de France V sont sabotés. Le programme local de la RTF est réduit au silence. Au même moment une émission pirate de l’OAS est entendue sur la même longueur d’ondes. les auditeurs peuvent entendre un discours du général Gardy, ancien commandant de la Légion étrangère et du putsch des généraux en avril 1961.

Ce premier coup d’éclat n’est que le début d’une très longue série d’action pour diffuser Radio France, la Voix de l’Algérie française, la station pirate de l’OAS. Emissions diverses et variées, attentats, fusillades, poursuites, brouillages, voici ci-dessous un recensement, non exhaustif, des épisodes de cette aventure.

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Le cadeau original pour la Saint-Valentin : la radio jarretière

Une radio qui s’attache à la jarretière ? Dans les années folles, on n’arrête pas le progrès.

A la fin novembre 1924, des images projetées lors des actualités cinématographiques suscitent quelques commentaires dans la presse. On y voit une jeune femme s’équipant de ce qui pourrait bien être l’ancêtre du walkman. Elle peut ainsi profiter des émissions radiophoniques tout en se baladant. Son ombrelle sert d’antenne et un fil de cuivre descend jusqu’à sa jarretière où est fixé un petit poste à galène. Il ne lui reste plus qu’à mettre un écouteur sur les oreilles.

Voici ces images tournées vraisemblablement en deux fois. Une première partie en 1921 et une seconde, devant la Tour Eiffel, non datée. Or, en 1921, il n’y a pas encore de service radiophonique au poste de la Tour Eiffel. La séquence a donc probablement été tournée pour préparer sa diffusion dans les salles françaises en 1924.

Cependant, cette invention n’a guère fait d’émules. Elle a surtout été le prétexte pour les actualités Pathé de diffuser des images légères et à quelques échotiers de la presse quotidienne  de glisser un bon mot.

« Ils ne traiteront plus la TSF par dessous la jambe »

Ainsi, « cette mode fera la joie des jolies femmes qui savent pouvoir exhiber discrètement un mollet bien modelé, en équipant le poste-jarretière », souligne Paris-Soir. « Et, auprès de celles qui viendront éprouver des satisfactions auditives, auprès de celles qui viendront pour entendre, circuleront, intéressés, ceux qui seront venus pour voir, pour regarder, pour contenter. » Et de conclure : « Ils ne traiteront plus la TSF par dessous la jambe « !

Le premier salon de la radio français a dû être prolongé

Alors que se tient le Salon de la radio, remontons le temps pour visiter le premier du genre, un salon qui avait pour nom Exposition de physique et de TSF. L’expo s’ouvre le 30 novembre 1923 au Grand Palais et doit se poursuivre jusqu’au 17 décembre. Là, de nombreux stands présentent les dernières trouvailles de la technique : appareils télégraphiques, de TSF, de radiotéléphonie, Radiotankaccumulateurs acoustiques et autres merveilles.

Au centre de l’expo, une attraction, un tank équipé d’un matériel de TSF. On n’arrête pas le progrès ! Bien sûr, des haut-parleurs retransmettent des radio-concerts, un cinéma propose des films de vulgarisation scientifique et le public peut assister à toutes sortes d’expériences sur les stands.

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Les appareils originaux des grands inventeurs exposés

« La partie la plus émouvante peut-être de cette exposition est la rétrospective, où les appareils originaux des grands initiateurs ont été religieusement réunis, où l’on voit la table qui servit à Ampère voisiner avec le premier phare à échelons construit par les mains de Fresnel, avec les électromètres de Curie, le premier galvanomètre d’Arsonval, l’instrument rudimentaire qui permit à Foucault de saisir dans son fol essor et d’emprisonner la vitesse de la lumière« , s’extasie le Matin. Ce premier salon a un tel succès qu’il doit être prolongé du 17 au 24 décembre ! C’était de bon augure…

Premier salon de la radio en 1923

Région par région, quelles radios écoutaient les Français en 1952 ?

A l’initiative de la RTF, l’INSEE effectue en 1952 une vaste enquête sur l’écoute radio.

Du 23 novembre au 13 décembre 1952, une centaine d’enquêteurs sont allés dans des foyers français et ont ramené plus de 4400 questionnaire remplis. Chaque personne de chaque foyer ayant été interrogée, on arrive à un échantillon de près de 20 000 Français. Tout cela est passé à la moulinette des statisticiens et nous donne une photographie très précise de l’audience radio en 1952.

La station préférée des Français est…

41% des personnes interrogées ont répondu Radio-Luxembourg comme étant leur station préférée. 25 % choisissent le Programme parisien (RTF- variétés), 9 % Paris Inter (RTF-émissions uniquement musicales depuis août 1952), 7% Radio Monte Carlo, 6% le Programme national (RTF-culturelle et informative), 3% Radio Andorre, 2% la Radio suisse romande, 1% une autre station étrangère et 6% ne se prononcent pas.

Les disparités régionales

La RTF a défini plusieurs régions pour cette enquête. Elles ne correspondent pas aux régions d’aujourd’hui. Pour s’y retrouver, voici la carte de la RTF.

Bretagne : Programme parisien (59 %), Radio-Luxembourg (36%), Radio Andorre (5%)

Normandie : Radio Luxembourg (67%), Programme parisien (13%), Programme national (5%)

Nord : Radio Luxembourg (60 %), Programme parisien (25%), Paris Inter (6%)

Est : Radio Luxembourg (69 %), Programme parisien (16%), Paris Inter (9%)

Alsace-Lorraine : Programme parisien et Radio Luxembourg à égalité (29%), Radio Suisse Romande (11%)

Région de Dijon : Radio Luxembourg (62 %), Radio Suisse Romande (11%), Programme parisien (9%)

Région de Lyon : Radio Luxembourg (37 %), Programme parisien (25%), Radio Monte Carlo (11%)

Provence : Radio Monte Carlo (37 %), Programme parisien (23%), Programme national (19%)

Languedoc : Programme parisien (32 %), Radio Monte Carlo (27%), Radio Andorre (11%)

Sud-Ouest : Programme parisien (29%), Radio Monte Carlo (17%), Radio Monte Carlo (17%) Radio Luxembourg (16%).

Région de Limoges : Programme parisien (49 %), Radio Luxembourg (18 %), Programme national (8 %)

Bassin parisien : Radio Luxembourg (77%), Programme parisien (9%), Paris Inter et Programme national (4%)

Paris : Radio Luxembourg (45%), Programme parisien (24%), Paris Inter (12%).

Les émissions préférées des Français

Les sondés devaient choisir dans une liste d’une quinzaine d’émissions. Voici le top 6 :

1–  Le Grenier de Montmartre (Programme parisien) le dimanche de 12h50 à 13h20.

2– Reine d’un jour (Radio Luxembourg et Radio Monte Carlo) le mardi de 20h à 20h45.

3– Sports et musique (Programme parisien) le dimanche de 15h à 18h30.

4– La Grande Revue Philips (Radio Luxembourg et Radio Monte Carlo) le dimanche de 20h15 à 20h45.

5– Dimanche de gala (Programme parisien) le dimanche de 20h30 à 21h30.

6– La roue tourne (Programme parisien) le lundi de 20h30 à 21h30.

6 janvier 1922 : la première radio de France passe son premier disque

On connaît la première radio française : c’est le poste de la Tour Eiffel. Mais quel est le premier disque que la station a diffusé ?

Depuis novembre 1921, le poste militaire de la Tour Eiffel (indicatif FL) fait des essais de radiodiffusion, tous les jours de 16 à 17 heures sur 2600 mètres de longueur d’ondes. La puissance est faible, 400 à 600 watts, mais les ondes sont loin d’être encombrées. Le signal porte donc très loin. Lors de ces essais, on lit des journaux, des romans et certains amateurs poussent la chansonnette ou jouent de leur instrument. Parfois, des séries de chiffres sont diffusées à des fins de vérification de la réception par des stations militaires. Régulièrement, un speaker annonce : « Allô, allô, ici le poste de la Tour Eiffel« .

Un micro devant le phonographe

En décembre, deux concerts, un pour Lille puis un autre pour Bruxelles (en présence des souverains belges) sont diffusés. Les essais se poursuivent tous les jours de 16h30 à 17 heures et le 6 janvier, la Tour Eiffel diffuse un concert depuis le bureau du commandant Julien, le directeur du poste. Un phonographe a été installé et un militaire tient un micro devant le pavillon. Ainsi, quelques disques du ténor italien Enrico Caruso sont diffusés : Madame Butterfly, Paillasse (Pagliacci). Et enfin, La Marseillaise. Ce sont les premiers disques de la radio française !

A partir du lundi 6 février, la station diffuse un bulletin météo quotidien à 16h30 suivi d’un concert. C’est la date de naissance de la radio française.

Les premières émissions de la Tour entraînent un intérêt du public qu’accompagnent immédiatement les constructeurs de TSF comme sur cette réclame du printemps 1922.Une partie de l’équipement technique du poste de la Tour Eiffel en 1922.

Trinquons à la nouvelle année !

Pour ouvrir cette nouvelle année, nous vous proposons un apéritif, à consommer comme il se doit avec modération, l’abus d’alcool étant dangereux pour la santé. Cette recommandation de santé publique était loin d’être  la règle dans les années TSF. Au contraire, les marques d’alcool vantaient des mérites supposés dans leurs réclames. De Dubonnet à Byrrh, en passant par Bonal, les auditeurs ne pouvaient guère échapper à cette publicité. Et même les invités en studio lors de la bien nommée émission le « Bar des vedettes » sur Radio 37… qui rime avec 2017 !

Apéritif Bonal

Ou le sponsor de l’émission Les Fiancées de Byrrh sur Radio-Cité et de L’Heure des amateurs de Byrrh sur le Poste parisien :

Et on termine avec un petit coup de Quintonine :

Une petite souris interrompt les émissions de Radio Luxembourg

Voici la version radiophonique du grain de sable qui coince l’engrenage.

Surprise le 12 octobre 1934 pour les auditeurs qui écoutent un récital sur Radio Luxembourg. A 19h50, brusquement la station quitte les ondes. Les techniciens s’affairent et finissent, au bout d’une heure et demie, par découvrir une souris morte qui avant de passer de vie à trépas avait provoquer un court-jus dans un circuit de 2300 volts. A 21h20, Radio-Luxembourg revenait sur les ondes. Un des techniciens a dû être soigné pour brûlures.