Interactive et en direct, la Radio Chanson Express cartonne sur Paris-PTT

La Radio Chanson Express, c’est le nom d’une rubrique du Journal parlé de Paris-PTT qui eu beaucoup de succès pendant quatre ans. Avec en vedette, le chansonnier René Devilliers.

Ce chansonnier est le premier a adapter pour la radio une formule qui fait le succès des cabarets de Montmartre et notamment celui des Noctambules où il se produit. Il s’agit de composer en deux temps trois mouvements une chansonnette à partir des rimes fournies par le public.René Devilliers Chanson Express

Chaque soir à 18h30 sur Paris-PTT, Microvox annonce le sujet du jour. Les auditeurs appellent au numéro Littré 32-89 pour proposer des rimes. « Les deux premières personnes qui la veille ont envoyé des rimes, sont invitées à venir le lendemain au studio annoncer le sujet qu’elles ont choisi pour la chanson du jour. Elles restent généralement là pendant que je la fais« , déclare René Devilliers à Paris-Soir début 1928. « Sitôt les dernières rimes arrivées, la téléphoniste me remet la feuille sur laquelle elles sont inscrites. Le speaker l’annonce en faisant constater l’heure. » Cinq minutes plus tard, vers 19h45, le chansonnier interprète sa chanson.

Radio-Vitus copie

Pendant quatre ans, de 1927 à 1931, René Devilliers estime avoir composé près de 1500 chansons express. Le programme qui a du succès est imité. Ainsi, début 1931, Radio-Vitus copie le concept avec Gaston Secretan et Léon Raiter.

A l’été 31, Paris-PTT évoque des raisons pécuniaires pour mettre fin à la Radio Chanson Express. Le programme était devenu depuis quelques mois beaucoup plus irrégulier.

La Chanson Express déménage

A partir du dimanche 4 septembre 1932, on retrouve la Chanson Express et René Devilliers sur les ondes du Poste parisien. Mais la station ne bénéficie pas de ligne PTT. Les auditeurs doivent donc écrire à la revue de radio le Haut Parleur. Le dimanche, en direct, neuf enveloppes sont tirées au sort. Une pour le sujet, huit pour chaque rime. Mais le programme n’a plus le succès d’avant.

On retrouvera cependant la Chanson Express  et René Devilliers chaque semaine sur Radio-Alger (1934-1936).

Les débuts sur les ondes de Radio Lorraine après la Libération

Après une quinzaine de jours de travail et une série d’essais, les techniciens de la Radiodiffusion pensent être prêts. Radio Lorraine va pouvoir être sur les ondes le vendredi 22 décembre 1944 à Lorraine120h15 sur 224 mètres (1339 kc). Paul Chailley-Bert, commissaire de la République et René Peeters, président du comité départemental de libération, doivent prendre l’antenne pour inaugurer le poste régional. Mais le lancement doit être reporté de quelques jours à cause de difficultés techniques. Il faudra en fait attendre plus d’un mois. Il faut dire que la situation militaire reste fragile. Le front est à une centaine de kilomètres de Nancy et les Allemands ont déclenché une contre-offensive dans les Ardennes.

Les auditeurs doivent apporter des disques

L’émetteur de faible puissance diffuse cependant des disques et relaie les informations de la chaîne nationale à Paris. Chaque jour de 6h55 à 9h15, de 11h45 à 14h15 de 17h55 à 20h15 ; le dimanche de 7h30 à 11h, de 11h55 à 14h15 et de 17h30 à 19h30. Mais la station a de très faible moyen et doit faire appel aux auditeurs pour qu’ils apportent des disques au studio du 60, avenue Foch à Nancy. « Très prochainement, nous vous présenterons des émissions régionales qui, nous l’espérons, vous plairont, indique un communiqué de la station. Nous rappelons à tous  les talents qui désireraient nous prêter leur concours, qu’ils peuvent soit se présenter à notre adresse les lundis et vendredis de 10 a 11 heures, soit nous écrire au Service des émissions artistiques de Radio-Lorraine. »

L’inauguration de Radio Lorraine

Lorraine2C’est le jeudi 1er février 1945 à 18 heures que Radio-Lorraine est inaugurée. On a fait appel pour la partie artistique à des chanteurs de Nancy, Jacqueline Berger, Vincent Cassini, René Dahier. Pour la partie institutionnelle, il y a autour du commissaire de la République, Paul Chialley-Bert, les représentants des diverses administrations, le maire de Nancy et des militaires dont le commandant Barall de l’US Army.

La nouvelle station régionale se distingue par une place importante accordée au sport avec notamment des émissions sportives le dimanche animées par Maurice Jacquet, rugbyman et athlète.

Radio Lorraine se balade sur les ondes

En ces débuts de réorganisation de la radio, les longueurs d’ondes ne sont pas encore bien fixées. Ainsi, dès le le 3 février, les auditeurs observent un changement de la longueur d’ondes qui passe à 259 m au lieu de 224 m. Mais quelques jours plus tard, Radio Lorraine est de retour sur 224 mètres.

A partir du 25 février, Radio Lorraine peut enfin retransmettre les programmes de la radio nationale. Les horaires sont alors les suivants : en semaine de 6h30 à 10h et de 11h à 22h ; le dimanche de 6h30 à 22h. La tranche de 20h15 à 21h30 est consacrée aux programmes régionaux.

Forte augmentation de puissance

Mi-juillet 1945, on annonce que Radio Lorraine va améliorer sa puissance. De quelques watts, la station va passer à 10 kw, ce qui va lui permettre d’avoir une audience beaucoup plus large. Les essais démarrent le dimanche 15 juillet et se poursuivent chaque jour de 19h15 à 23h sur la même longueur d’ondes.

Le programme s’établit alors comme suit :

En semaine : début à 6 h25 par le relais de Paris. Emissions régionales de 8h10 à 8h30 puis de 13h10 à 14 h, à faible puissance. De 19h15 à 20h et  22 à 23 h, avec la puissance de 10 kw. Le dimanche: début à 7h25 par le relais de Paris. Emissions régionales de 9h10 à 9h30, de 12h10 à 12h30, de 13h30 à 14 h, à faible puissance. De 19h30 à 20 h puis de  22 à 23 h, avec la puissance de 10 kw.

Fin septembre, Radio-Lorraine change d’horaires. Elle décroche de 8h15 à 8h30, de 12h à 12h30 et de 18h30 à 19h30 (sauf le dimanche), de 22 h à 23 h (sauf le vendredi). La station annonce un prochain changement de longueur d’ondes de l’émetteur de Nancy de 224 m (1 339 kilocycles) à 312,86 m (959 kilocycles).

Fin décembre 1945, Radio-Lorraine loue des locaux à la ville de Nancy dans une galerie de Nancy-Thermal pour y installer ses studios.

L’éphémère Pavillon de la radio à l’Exposition universelle de 1937

En 1937, la France organise une exposition universelle à Paris. Cette exposition internationale des arts et techniques appliquées à la vie moderne ne peut manquer de comprendre un pavillon consacré à la radio. Ce bâtiment d’une centaine de mètres de long est édifié en bordure de la Seine sur la rive droite en amont du pont Alexandre-III.

Pavillon de la radio Expo 37

Il est dominé par une antenne symbolique de 43 mètres de haut équipée de tubes luminescents qui donne une lumière verte la nuit tombée. Voilà qui complète la voie de la lumière et de la radio, la nouvelle dénomination de la chaussée du pont Alexandre-III le temps de l’expo.

Le pavillon comprend trois étages et six studios : trois petits pour les conférenciers et speakers, un quatrième petit studio pour la télévision, un moyen (40 musiciens) et un grand studio (500 m2) pour les concerts et autres manifestations radiodiffusées. Paris-PTT s’installe dans le grand studio pour toute la durée de l’expo et le public peut tout voir par des baies vitrées en déambulant dans les galeries.

Pavillon de la radio à l'Expo 37

Des expos à l’Expo

Le pavillon accueille dans ses travées des expos sur le matériel (notamment une rétrospective des appareils utilisés par Edouard Branly), sur les radios étrangères et les principales radios françaises ont chacune un stand. Sur celui du Poste parisien, on peut voir une maquette de son immeuble en coupe montrant les différentes salles, l’auditorium…

Pavillon de la radio Expo 37

La télévision vole la vedette à la radio

Mais la vraie vedette du pavillon de la radio est en fait … la télévision. Un studio TV est à la rue de Grenelle et à l’émetteur de la Tour Eiffel. A partir du 25 juillet, des démonstrations ont lieu une heure par jour. Des animations dans le studio et des prises de vues extérieures depuis le Pavillon de la radio sont diffusées par Radiovision-PTT. C’est l’attraction du Pavillon.

Pavillon de la radio Expo 37

Pâle inauguration

L’inauguration est prévue le 29 juin à 15h30. Mais survient un remaniement ministériel ce qui retarde autant son ouverture. Le Pavillon de la radio est finalement inauguré le jeudi 8 juillet à 17h10 par Fernand Chapsal, ministre du commerce et de l’industrie. Jean-Baptiste Lebas, ministre des PTT s’est excusé et la cérémonie n’est même pas radiodiffusée !

Livré aux démolisseurs

Dès sa construction, le Pavillon de la radio avait une vocation éphémère. Cependant des voix se font entendre pour le conserver après l’expo et le transformer en une maison de la radio qui n’existe toujours pas. Mais le bâtiment n’est pas adapté. Il est démoli en février-mars 1938.

Eté 37 : le « poste de Rueil-Malmaison » fait ses essais

A la mi-juin, une nouvelle station fait son apparition sur les ondes déjà bienRadio-37 encombrée de la région parisienne. Il s’agit d’émissions expérimentales en attendant le démarrage d’une nouvelle radio. Le quotidien Paris-Soir a en effet racheté après quelques péripéties juridiques l’ancienne Radio-Béziers devenue Radio-Midi et obtenu le droit par décret du ministre de déplacer ces émissions du côté de Paris. Antenne et émetteurs sont installés dans les anciens établissements Belin à Rueil-Malmaison. Des émissions d’essais ont lieu tous les jours sous le nom de Poste de Rueil-Malmaison de 7h15 à 8h15, 12h15 à 13h15, 19h à 21h. Le tout sur 360,6 mètres avec une puissance de 2 kw.

Le poste de Rueil émet en pirate en juin 1936

Le Poste de Rueil avait commencé ses émissions à la mi-juin 1936. Il diffusait alors de de 12h30 à 13h30 et de 18h30 à 19h30 sur 306 mètres avec 400 w de puissance. Mais quelques jours plus tard, Paris-Soir avait dû renoncer à sa radio. Car le poste n’avait pas d’autorisation. Radio-Midi à Béziers continuait à émettre sur 209 mètres. Ce qui avait provoqué un tollé. Le ministre Robert Jardillier avait interdit d’émission les deux postes en attendant que leur différent se règle sur le terrain juridique.

La première virgule info de France

En juin 37, les émissions de la station sont légales. Le programme du poste de Rueil se compose de disques et d’informations. A 19h40, un radio-journal est diffusé. Il fait la part belle aux faits-divers, à l’image de Paris-Soir, et connaît un petit succès. Il faut dire que l’équipe est bien rodée, depuis l’automne 1936, elle diffuse son radio-journal sur les ondes de Radio-Normandie. En juillet, ce journal se fait remarquer par une innovation : chaque sujet d’actualité est séparé par une virgule jouée au piano.

Rueil-Malmaison Radio-37

Ce poste expérimental diffuse également une soirée en direct de la salle Pleyel, le 1er juillet. Il s’agit du gala en l’honneur de l’aviateur Jean Mermoz.

Il faudra attendre le 5 septembre pour que le Poste de Rueil-Malmaison devienne Radio-37, un nom inspiré par l’Expo 37 qui se déroule au même moment à Paris.

18 juin 1943 : De Gaulle inaugure le nouvel émetteur de Radio-Brazzaville

En juin 1943, avec la mise en service d’un nouvel émetteur à Brazzaville (Congo), les Français libres disposent enfin d’une radio puissante.

La date est symbolique. C’est le 18 juin 1943, que les Français libres inaugurent le nouvel émetteur de Brazzaville. Un tournant dans la guerre des ondes comme le résume à l’antenne le général de Gaulle : « Radio-Brazzaville fut, pendant trois années, la voix libre, mais, hélas ! la faible voix de ces morceaux de l’Empire qui, dans l’écroulement du désastre, avaient aussitôt choisi l’honneur, c’est-à-dire sauvé la grandeur. Que de Français, que de Françaises ont, depuis lors, passionnément cherché à capter les ondes lointaines qui leur apportaient par bribes les paroles de liberté et les nouvelles de vérité lancées par Radio-Brazzaville.(…) Or, voici que la voix libre de Brazzaville devient soudain plus forte et plus claire. Dans la capitale, désormais légendaire, de notre Afrique Équatoriale, où n’a jamais flotté qu’un seul drapeau, la France qui combat va se faire entendre sans entraves, mais non sans mesure, beaucoup mieux et beaucoup plus loin.« 

La guerre des ondes franco-française

Le 2 novembre 40, sur 11970 khz, Radio-Brazzaville, la voix de la France combattante, commence officiellement ses émissions. Un commentaire pour la France et la Belgique libres puis les communiqués des gouverneurs du Congo français et du Congo belge, ouvrent l’antenne, suivis d’un message à destination des Sénégalais. Un des enjeux est en effet de contrebalancer les émissions de Radio-Dakar (9 390 khz) restée fidèle à Vichy. Les premières semaines, ce programme de la radio des Français libres est répété trois fois par jour. Mais les émissions vont s’étoffer.

Le problème, c’est que la puissance du poste gaulliste n’est que de 5 kw. Trop faible pour se faire entendre convenablement. Ainsi, NBC à New-York doit installer une antenne directive pour pourvoir capter ses émissions. Il est également aisé pour Vichy de brouiller la station. Radio-Brazzaville. Février 1941, Radio-Brazzaville débute des émissions en anglais, officiellement pour contrebalancer celles de Radio-Dakar. En juin 41, ce sont des infos en français pour le Canada, en anglais pour les USA, en français pour l’Afrique et l’Europe, en anglais pour l’Afrique du Sud qui complètent la grille de programme.

En novembre 41, Radio-Brazzaville émet sur quatre longueurs d’ondes (24, 25, 30 et 36 mètres). Et les Français libres peuvent compter également sur Radio Cameroun (35.50 et 2 mètres à faible puissance) ainsi que sur le programme en français de Radio Accra (49 m), aujourd’hui la capitale du Ghana, pour contrer Radio-Dakar.

Le cadeau de l’oncle Sam

L’entrée en guerre des USA en décembre 1941 change la donne. En mai 42, les USA annoncent qu’ils vont aider Radio-Brazzaville à se développer. L’Office of the Coordinator of Information (qui devient le mois suivant l’Office of War Information) donne le feu vert àBrazzaville12 la fourniture aux Français libres d’un émetteur RCA de 50 kw (photo ci-contre). Ce matériel a la particularité de pouvoir changer facilement la fréquence, entre 6 et 22 mhz. C’est l’ingénieur Paul C. Brown qui est chargé par RCA de l’installation de l’émetteur, sous la supervision d’Henry O’Neill qui, lui, travaille pour l’Office of the Coordinator of Information. Il y a également sur place des techniciens de la CBC (Radio Canada). Les Américains souhaitent que cette station « bombarde » d’infos sur les Alliés l’Afrique, l’Europe mais aussi l’Inde.

Les Américains équipent également les Belges. Un mois avant la mise en ondes du nouvel émetteur de Brazzaville, celui de Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), un RCA de 50 kw est mis en service.

Brazza

A la veille de l’été, le premier concert sponsorisé accueille le Printemps

En avril 1923, Radiola, le premier poste privé français, avait innové en proposant au Pigall’s, une boîte de Montmartre, de faire jouer son orchestre dansant en échange de citer son nom à l’antenne. Une première publicité sur les ondes de France sous la forme d’un échange de bons procédés.

Printemps avec un P majuscule

Mais pour entendre le premier programme réellement sponsorisé, il faudra attendre une année de plus. Il est diffusé le jeudi 12 juin 1924 sur Radio-Paris (ex-Radiola). Il s’agit d’un concert consacré au Printemps. Avec un P majuscule. Car il s’agit des magasins du Printemps, boulevard Hausmann, qui fêtent leur réouverture après le terrible incendie qui avait complètement ravagé l’immeuble en septembre 1921. A quelques jours de l’été, les auditeurs ont le droit à une soirée lyrique d’une heure. Et bien sûr, le nom de chaque oeuvre a un rapport avec le printemps.

On a retrouvé la « playlist », la voici :

Radio Paris

Une anecdote à l’intention des mélomanes : c’est lors de ce programme que le chanteur lyrique Lucien Fugère a chanté pour la première fois devant un micro.

Incendie du Printemps 1921
A la une du Journal, le 29 septembre 1921

 

La radio transatlantique du Leviathan, le plus gros paquebot du monde

Au début des années vingt, le Leviathan, Paquebot Leviathansous pavillon américain, est le plus gros  paquebot du monde. Ce navire de 290 m de long, saisi aux Allemands en 1917, relie pour la compagnie United States Lines l’Amérique et l’Europe. Il bénéficie d’équipements perfectionnés, notamment dans le domaine des transmissions.

Radio WSN LeviathanFin 1924, il dispose même de sa propre station de radiodiffusion à bord que de nombreux amateurs peuvent capter de chaque côté de l’Atlantique. Elle diffuse lors des traversées transatlantiques sur une longueur d’ondes voisine de 320 mètres. Pour éviter d’interférer avec des stations existantes, la radio offshore prend soin d’émettre quand la station 2LO à Londres (future BBC) cesse ses programmes. Elle n’émet pas non plus quand le navire utilise son service de radiotéléphonie. La compagnie a mis les moyens car huit techniciens opèrent dans la cabine de TSF. Sur la photo ci-contre, l’un d’entre eux règle la longueur d’ondes de la radio.

Une cloche pour indicatif

La radio du Leviathan a pour nom WSN. L’indicatif n’est autre que deux coups de la cloche du navire, à la manière de Radio Caroline, la célèbre radio pirate de haute mer. Les programmes consistent en musique de jazz par l’orchestre du bateau, de bulletins de la météo et de retransmissions de conférences données à bord. On peut aussi y entendre des stars qui ne manquent pas d’utiliser le paquebot pour traverser l’Atlantique. Comme ici, le duo d’actrices et chanteuses les Duncan Sisters que l’on voit au micro de WSN.

La radio aura eu une existence assez brève, même si l’on trouve encore quelques diffusions en 1926 sous le nom de WSBN en ondes courtes.

L’incroyable loupé des radios françaises lors du discours de Nuremberg

Guerre ou paix ? Le lundi 12 avril 1938, l’Europe retient son souffle. Hitler doit prononcer un discours très attendu en clôture du congrès nazi à Nuremberg. A 19 heures, tout est prêt dans les principales radios parisiennes. Des traducteurs sont présents dans les studios pour donner en direct aux auditeurs français la teneur du discours du dictateur allemand dont on pressent que chaque mot sera important.

Une famille écoute le discours de Nuremberg à la radio

Mais à 19h12, alors que le chancelier du Reich débute ses vociférations, rien sur les antennes françaises. Car peu de temps auparavant, la radio publique a annoncé aux radios privées que c’est elle seule qui assurerait la traduction officielle des propos d’Hitler. Résultat : les radios n’ont commencé à diffuser la traduction qu’à partir de 22h07 et la seconde partie une heure plus tard. Pendant ce temps, les journaux avaient imprimé leur édition spéciale avec le discours in extenso.

Nuremberg 1938

Merci les Belges

Quelques auditeurs auront cependant pu être informés en direct. En écoutant directement la radio allemande et en bénéficiant de l’aide d’un germanophone ou en se branchant sur la radio belge. Bruxelles a en effet diffusé une traduction du discours dès 21 heures !