Décembre 1947 : Radio Sorbonne, « l’université des ondes », est inaugurée

C’était il y a 70 ans : le ministre de l’Education nationale, Marcel-Edmond Naegelen, inaugure le 1er décembre 1947 depuis le grand amphi Richelieu, les émissions de Radio-Sorbonne. Une convention signée entre la Radiodiffusion française et l’Université de Paris permet de diffuser sur ondes moyennes (209,8 mètres et 5 kw tout d’abord puis plus tard 321 mètres) des émissions pour les étudiants, des cours de la faculté des lettres et des infos universitaires. Radio Sorbonne émet à ses débuts de 9 heures à midi et de 14 à 16 heures du lundi au vendredi. Le but de ses programmes est avant tout de diffuser des cours de préparation à l’agrégation dans les disciplines littéraires pour ceux  qui ne peuvent pas se déplacer.

Cinquante ans sur ondes moyennes

Financée par l’Education nationale, Radio-Sorbonne souffrira toujours d’un cruel manque de moyens. En septembre 1997, Radio France cesse sa diffusion.

Dix ans d’histoire de la radio belge par le courrier des auditeurs

Corinne Dubien est réalisatrice sonore. Elle vient de produire un très intéressant documentaire sonore de près d’une heure. Il s’intitule Monsieur le Directeur car « ainsi commencent les courriers adressés au Directeur de la radio publique belge entre 1958 et 1968. Tous les prétextes sont bons pour prendre la plume : un auditeur se plaint de la diffusion d’une chanson aux paroles jugées trop osées, une jeune fille se demande comment devenir speakerine, les ouvriers d’une usine souhaiteraient entendre plus d’opérettes à l’heure de leur pause déjeuner » souligne-t-elle.

Archives sonores

Après avoir épluché et sélectionné des lettres tirées des archives du Royaume de Belgique et de la Radio-Télévision Belge, les avoir fait lire par plusieurs voix et agrémenté le tout par des archives sonores, elle nous livre ce documentaire  qui « explore les façons de faire et d’écouter la radio, et nous interroge sur la place qu’elle occupe aujourd’hui dans nos vies ».

 

 

1930 : un requiem pour les morts de la guerre inaugure Strasbourg-PTT

Le 11 novembre 1930 à 18 heures, le requiem de Mozart lance les émissions Radio Strasbourgde  la nouvelle station des PTT à Strasbourg. Cette nouvelle radio régionale, réclamée localement à cor et à cri pour contrer l’écoute des radios allemandes, est sporadiquement sur les ondes depuis mai. Une première inauguration annoncée le 14 juillet a dû être repoussée, les problèmes techniques n’étant pas résolus. Alors les autorités ont choisi la prochaine date symbolique du calendrier, l’anniversaire de l’Armistice de 1918 qui a entraîné le retour de l’Alsace-Lorraine dans le giron français.

L’émetteur de 12 kw est à Brumath sur un terrain acheté par l’administration début 1929 à une vingtaine de kilomètres des studios situés rue de la Nuée Bleue. Strasbourg-PTT est  bien lotie, elle est ainsi la seule station publique régionale à disposer de son propre orchestre à plein temps. Elle diffuse des programmes en français et en alsacien sur la longueur d’ondes de 345 mètres.

Ce 11 novembre 1930, l’émission inaugurale est entièrement consacrée à un hommage aux morts de la guerre 14-18. Les choeurs de Saint-Guillaume et l’orchestre municipal interprètent le Requiem de Mozart et l’émission est reprise par tous les postes d’Etat. Et c’est tout. Pas de Marseillaise, ni rien d’autre. Juste le Requiem.

Un poste stratégique mais il ne faut pas le dire

La naissance de ce nouveau poste des PTT est marquée par une polémique. Car le directeur de la station, qui n’est autre que Robert Petitot-Cartellier. C’est un ex-speaker de la Tour Eiffel et de Paris-PTT plus connu sous le nom de Microvox. Il a envoyé à la presse spécialisée un communiqué pour le moins maladroit : « Si vous estimez devoir consacrer quelques lignes cet événement radiophonique, nous vous serions extrêmement reconnaissants de vouloir bien éviter les appellations : poste national de propagande, poste stratégique, poste frontière, poste de la victoire, etc. En effet, la meilleure propagande d’un poste quel qu’il soit est bien moins dans l’utilisation de formules pouvant être jugées inopportunes par certains de ses nationaux ou l’étranger que dans la diffusion pure et simple d’un art ou d’un génie national ou d’une émotion que peut créer l’émission d’oeuvres nettement caractérisées… « 

Ce qui lui vaut une volée de bois vert de la part des rédacteurs. Comme celle de Paul Berché, patron du magazine L’Antenne, dont voici un extrait.  « L’Alsace est terre française comme la Bourgogne et telle autre vieille province de chez nous, et je trouve étrange, pour ne pas dire plus, qu’une administration de l’Etat français s’y établisse avec une gêne évidente en redoutant des commentaires approbatifs « pouvant, dit-elle, être jugés inopportuns par certains nationaux (lesquels ?) ou l’étranger ». Strasbourg n’est pas un poste national de propagande »? Mais alors, que va-t-on diffuser? Les œuvres de Gœthe, l’évangile selon Karl Marx, la doctrine de Bakounine ? Il semble que non puis que la lettre d’ouverture annonce « la diffusion pure et simple d’un art ou d’un-génie national ». Il est vrai que l’on ne nous dit pas de quelle nation il est question. » Fermez le ban.

Car si la France a fini par ouvrir une antenne à Strasbourg, c’est bien que l’autre côté du Rhin, les Allemands s’apprêtent à mettre en service le très puissant émetteur de Mülhacker. Celui qui portera la voix de Radio-Stuttgart

Les débuts sur les ondes de Radio Lorraine après la Libération

Après une quinzaine de jours de travail et une série d’essais, les techniciens de la Radiodiffusion pensent être prêts. Radio Lorraine va pouvoir être sur les ondes le vendredi 22 décembre 1944 à Lorraine120h15 sur 224 mètres (1339 kc). Paul Chailley-Bert, commissaire de la République et René Peeters, président du comité départemental de libération, doivent prendre l’antenne pour inaugurer le poste régional. Mais le lancement doit être reporté de quelques jours à cause de difficultés techniques. Il faudra en fait attendre plus d’un mois. Il faut dire que la situation militaire reste fragile. Le front est à une centaine de kilomètres de Nancy et les Allemands ont déclenché une contre-offensive dans les Ardennes.

Les auditeurs doivent apporter des disques

L’émetteur de faible puissance diffuse cependant des disques et relaie les informations de la chaîne nationale à Paris. Chaque jour de 6h55 à 9h15, de 11h45 à 14h15 de 17h55 à 20h15 ; le dimanche de 7h30 à 11h, de 11h55 à 14h15 et de 17h30 à 19h30. Mais la station a de très faible moyen et doit faire appel aux auditeurs pour qu’ils apportent des disques au studio du 60, avenue Foch à Nancy. « Très prochainement, nous vous présenterons des émissions régionales qui, nous l’espérons, vous plairont, indique un communiqué de la station. Nous rappelons à tous  les talents qui désireraient nous prêter leur concours, qu’ils peuvent soit se présenter à notre adresse les lundis et vendredis de 10 a 11 heures, soit nous écrire au Service des émissions artistiques de Radio-Lorraine. »

L’inauguration de Radio Lorraine

Lorraine2C’est le jeudi 1er février 1945 à 18 heures que Radio-Lorraine est inaugurée. On a fait appel pour la partie artistique à des chanteurs de Nancy, Jacqueline Berger, Vincent Cassini, René Dahier. Pour la partie institutionnelle, il y a autour du commissaire de la République, Paul Chialley-Bert, les représentants des diverses administrations, le maire de Nancy et des militaires dont le commandant Barall de l’US Army.

La nouvelle station régionale se distingue par une place importante accordée au sport avec notamment des émissions sportives le dimanche animées par Maurice Jacquet, rugbyman et athlète.

Radio Lorraine se balade sur les ondes

En ces débuts de réorganisation de la radio, les longueurs d’ondes ne sont pas encore bien fixées. Ainsi, dès le le 3 février, les auditeurs observent un changement de la longueur d’ondes qui passe à 259 m au lieu de 224 m. Mais quelques jours plus tard, Radio Lorraine est de retour sur 224 mètres.

A partir du 25 février, Radio Lorraine peut enfin retransmettre les programmes de la radio nationale. Les horaires sont alors les suivants : en semaine de 6h30 à 10h et de 11h à 22h ; le dimanche de 6h30 à 22h. La tranche de 20h15 à 21h30 est consacrée aux programmes régionaux.

Forte augmentation de puissance

Mi-juillet 1945, on annonce que Radio Lorraine va améliorer sa puissance. De quelques watts, la station va passer à 10 kw, ce qui va lui permettre d’avoir une audience beaucoup plus large. Les essais démarrent le dimanche 15 juillet et se poursuivent chaque jour de 19h15 à 23h sur la même longueur d’ondes.

Le programme s’établit alors comme suit :

En semaine : début à 6 h25 par le relais de Paris. Emissions régionales de 8h10 à 8h30 puis de 13h10 à 14 h, à faible puissance. De 19h15 à 20h et  22 à 23 h, avec la puissance de 10 kw. Le dimanche: début à 7h25 par le relais de Paris. Emissions régionales de 9h10 à 9h30, de 12h10 à 12h30, de 13h30 à 14 h, à faible puissance. De 19h30 à 20 h puis de  22 à 23 h, avec la puissance de 10 kw.

Fin septembre, Radio-Lorraine change d’horaires. Elle décroche de 8h15 à 8h30, de 12h à 12h30 et de 18h30 à 19h30 (sauf le dimanche), de 22 h à 23 h (sauf le vendredi). La station annonce un prochain changement de longueur d’ondes de l’émetteur de Nancy de 224 m (1 339 kilocycles) à 312,86 m (959 kilocycles).

Fin décembre 1945, Radio-Lorraine loue des locaux à la ville de Nancy dans une galerie de Nancy-Thermal pour y installer ses studios.

L’incroyable loupé des radios françaises lors du discours de Nuremberg

Guerre ou paix ? Le lundi 12 avril 1938, l’Europe retient son souffle. Hitler doit prononcer un discours très attendu en clôture du congrès nazi à Nuremberg. A 19 heures, tout est prêt dans les principales radios parisiennes. Des traducteurs sont présents dans les studios pour donner en direct aux auditeurs français la teneur du discours du dictateur allemand dont on pressent que chaque mot sera important.

Une famille écoute le discours de Nuremberg à la radio

Mais à 19h12, alors que le chancelier du Reich débute ses vociférations, rien sur les antennes françaises. Car peu de temps auparavant, la radio publique a annoncé aux radios privées que c’est elle seule qui assurerait la traduction officielle des propos d’Hitler. Résultat : les radios n’ont commencé à diffuser la traduction qu’à partir de 22h07 et la seconde partie une heure plus tard. Pendant ce temps, les journaux avaient imprimé leur édition spéciale avec le discours in extenso.

Nuremberg 1938

Merci les Belges

Quelques auditeurs auront cependant pu être informés en direct. En écoutant directement la radio allemande et en bénéficiant de l’aide d’un germanophone ou en se branchant sur la radio belge. Bruxelles a en effet diffusé une traduction du discours dès 21 heures !

Première émission de Radio PTT Nord, cha ch’est quette cosse !

« Cha ch’est quette cosse« , ça c’est quelque chose ! Il y a 90 ans, la première station régionale nordiste, future Radio PTT Nord,  faisait ses premières émissions régulières sur les ondes lilloises. Le décret de décembre 26 prévoyait en effet trois stations nationales et 18 stations régionales, dont une pour le nord de la France.

Antenne de Radio PTT Nord sur l'hôtel des Postes à Lille
La première antenne sur l’Hôtel des Postes

En janvier, un pylône est installé sur la coupole de l’hôtel des postes qui domine l’angle de la rue Inkerman et de la place de la République à Lille. La radio est installée dans quatre pièces au quatrième étage, sous cette même coupole. Un modeste émetteur de 500 watts fait des essais sur 286 mètres dès le début du mois d’avril.

C’est le dimanche 3 avril que le poste du nord est mis en service par Léon Plouviet. Son équipe profite de la visite du président de la République, Gaston Doumergue, qui vient inaugurer la Foire commerciale de Lille. Les essais consistent en la retransmission des discours 13h45 à la chambre de commerce, 16h30 à l’hôtel de ville, 21 heures concert à la préfecture. Les jours suivants, des essais techniques se poursuivent et c’est le 14 avril que sont vraiment lancés des programmes.

Premier émetteur de Radio PTT Nord
La premier émetteur de Radio PTT Nord

Un concert lance Radio PTT Nord

« Ici, la station radiotéléphonique du nord de la France« . En ce 14 avril 1927, à 20 heures, cette annonce ouvre la première émission de ce qui deviendra quelques semaines plus tard Radio PTT Nord. Puis un concert est diffusé en direct de la Maison Coupleux. Ce fabricant de piano possède un auditorium dans ses locaux de la rue Esquernoise, d’où il a diffusé pendant plusieurs mois ses propres programmes sous le nom de Radio-Flandre. 18 avril, le petit poste relaie PTT Paris en soirée. Puis le lendemain toute la journée. Le 20 avril, à 21 heures un concert en direct de la Maison Coupleux est diffusé par le poste de l’Ecole Supérieure des PTT. PTT Nord relaie Paris quasiment tous les jours.

Pour démarrer véritablement ses programmes locaux, la station attend de déménager au premier étage de la Porte de Paris. Ces locaux sont mis à disposition par la municipalité à l’Association de la radiophonie du Nord, qui gère la station. Une inauguration est dans un premier temps prévue le 19 juin, à l’occasion de la Fête des PTT. Mais elle est annulée.

Inauguration de Radio PTT Nord à Lille

Le lundi 25 juillet, c’est la soirée inaugurale depuis le studio de la Porte de Paris, place Simon-Volant, organisée par l’Association de radiophonie du Nord. A 20h30, s’ouvre une soirée musicale de quinze morceaux de musique qui débute par La Marseillaise. Elle s’achève comme il se doit par l’hymne du Nord, Le Petit Quinquin.

Hector Franchomme, président de l’Association de radiophonie du Nord s’exprime en premier. « L’ idée nouvelle éclaire nos horizons. La voix humaine traverse l’espace y portant la pensée. Par le poste émetteur que nous inaugurons ce soir le Nord va parler. Il devra trouver sa place dans la grande famille française.« 

Porte de Paris à Lille

Tiens, voilà Radiolo

Pour clore ce sujet sur les premiers pas de Radio PTT Nord, soulignons le dynamisme de cette station par deux événements qu’elle organise en novembre 1927.

Le 13 novembre, la grande vedette de la radio française, Marcel Laporte, connu sous le nom Radiolo quand il officiait sur Radiola, fait les annonces d’un concert de gala. Il diffusé le soir depuis les studios de la Porte de Paris et offert par la maison Monopole.

Le 15 novembre, nouvelle soirée de gala  à L’Ecole nationale supérieure des arts et industries textiles à Roubaix. Un ténor italien est placé devant un micro à l’hôtel des postes d’Amiens. Il est accompagné par une pianiste à l’Ecole des arts. Le tout est tout retransmis par la station de l’Ecole supérieure des PTT et le poste de la Tour Eiffel !

Région par région, quelles radios écoutaient les Français en 1952 ?

A l’initiative de la RTF, l’INSEE effectue en 1952 une vaste enquête sur l’écoute radio.

Du 23 novembre au 13 décembre 1952, une centaine d’enquêteurs sont allés dans des foyers français et ont ramené plus de 4400 questionnaire remplis. Chaque personne de chaque foyer ayant été interrogée, on arrive à un échantillon de près de 20 000 Français. Tout cela est passé à la moulinette des statisticiens et nous donne une photographie très précise de l’audience radio en 1952.

La station préférée des Français est…

41% des personnes interrogées ont répondu Radio-Luxembourg comme étant leur station préférée. 25 % choisissent le Programme parisien (RTF- variétés), 9 % Paris Inter (RTF-émissions uniquement musicales depuis août 1952), 7% Radio Monte Carlo, 6% le Programme national (RTF-culturelle et informative), 3% Radio Andorre, 2% la Radio suisse romande, 1% une autre station étrangère et 6% ne se prononcent pas.

Les disparités régionales

La RTF a défini plusieurs régions pour cette enquête. Elles ne correspondent pas aux régions d’aujourd’hui. Pour s’y retrouver, voici la carte de la RTF.

Bretagne : Programme parisien (59 %), Radio-Luxembourg (36%), Radio Andorre (5%)

Normandie : Radio Luxembourg (67%), Programme parisien (13%), Programme national (5%)

Nord : Radio Luxembourg (60 %), Programme parisien (25%), Paris Inter (6%)

Est : Radio Luxembourg (69 %), Programme parisien (16%), Paris Inter (9%)

Alsace-Lorraine : Programme parisien et Radio Luxembourg à égalité (29%), Radio Suisse Romande (11%)

Région de Dijon : Radio Luxembourg (62 %), Radio Suisse Romande (11%), Programme parisien (9%)

Région de Lyon : Radio Luxembourg (37 %), Programme parisien (25%), Radio Monte Carlo (11%)

Provence : Radio Monte Carlo (37 %), Programme parisien (23%), Programme national (19%)

Languedoc : Programme parisien (32 %), Radio Monte Carlo (27%), Radio Andorre (11%)

Sud-Ouest : Programme parisien (29%), Radio Monte Carlo (17%), Radio Monte Carlo (17%) Radio Luxembourg (16%).

Région de Limoges : Programme parisien (49 %), Radio Luxembourg (18 %), Programme national (8 %)

Bassin parisien : Radio Luxembourg (77%), Programme parisien (9%), Paris Inter et Programme national (4%)

Paris : Radio Luxembourg (45%), Programme parisien (24%), Paris Inter (12%).

Les émissions préférées des Français

Les sondés devaient choisir dans une liste d’une quinzaine d’émissions. Voici le top 6 :

1–  Le Grenier de Montmartre (Programme parisien) le dimanche de 12h50 à 13h20.

2– Reine d’un jour (Radio Luxembourg et Radio Monte Carlo) le mardi de 20h à 20h45.

3– Sports et musique (Programme parisien) le dimanche de 15h à 18h30.

4– La Grande Revue Philips (Radio Luxembourg et Radio Monte Carlo) le dimanche de 20h15 à 20h45.

5– Dimanche de gala (Programme parisien) le dimanche de 20h30 à 21h30.

6– La roue tourne (Programme parisien) le lundi de 20h30 à 21h30.

6 janvier 1922 : la première radio de France passe son premier disque

On connaît la première radio française : c’est le poste de la Tour Eiffel. Mais quel est le premier disque que la station a diffusé ?

Depuis novembre 1921, le poste militaire de la Tour Eiffel (indicatif FL) fait des essais de radiodiffusion, tous les jours de 16 à 17 heures sur 2600 mètres de longueur d’ondes. La puissance est faible, 400 à 600 watts, mais les ondes sont loin d’être encombrées. Le signal porte donc très loin. Lors de ces essais, on lit des journaux, des romans et certains amateurs poussent la chansonnette ou jouent de leur instrument. Parfois, des séries de chiffres sont diffusées à des fins de vérification de la réception par des stations militaires. Régulièrement, un speaker annonce : « Allô, allô, ici le poste de la Tour Eiffel« .

Un micro devant le phonographe

En décembre, deux concerts, un pour Lille puis un autre pour Bruxelles (en présence des souverains belges) sont diffusés. Les essais se poursuivent tous les jours de 16h30 à 17 heures et le 6 janvier, la Tour Eiffel diffuse un concert depuis le bureau du commandant Julien, le directeur du poste. Un phonographe a été installé et un militaire tient un micro devant le pavillon. Ainsi, quelques disques du ténor italien Enrico Caruso sont diffusés : Madame Butterfly, Paillasse (Pagliacci). Et enfin, La Marseillaise. Ce sont les premiers disques de la radio française !

A partir du lundi 6 février, la station diffuse un bulletin météo quotidien à 16h30 suivi d’un concert. C’est la date de naissance de la radio française.

Les premières émissions de la Tour entraînent un intérêt du public qu’accompagnent immédiatement les constructeurs de TSF comme sur cette réclame du printemps 1922.Une partie de l’équipement technique du poste de la Tour Eiffel en 1922.