En 1939, quelles émissions pour les femmes sur les radios françaises ?

Femmes et radio

Le 8 mars, c’est la Journée internationale des droits des femmes. L’occasion de revenir 80 ans en arrière et de chercher dans les programmes quelles émissions leur étaient consacrées à la veille de la guerre. Autres temps, autres moeurs, les émissions dites féminines sont alors essentiellement consacrées à la femme au foyer, la cuisine, la mode, la beauté, les enfants. Chaque vendredi, en début d’après-midi, Radio-Toulouse propose ainsi une Chronique du foyer. Marseille-PTT le même jour a une émission similaire en fin d’après-midi. Idem pour Strasbourg-PTT dont le thème mi-mars est « les rapports de l’enfant avec sa famille ». On trouve d’autres chroniques de ce genre sur Radio-Luxembourg ou sur le poste national Radio-Paris. Et même une revue de la presse féminine le vendredi soir sur Radio-Cité.

Programmes féminins

Mais pas seulement. En feuilletant les programmes du printemps 1939, on remarque des conférences ou causeries sur des thèmes plus sérieux en particulier sur Paris-PTT et Radio-Paris. Les postes publics diffusent par exemple des causeries sur « les femmes de la Révolution française », « les idées de femmes », « la situation critique des jeunes femmes et leur préparation à la vie ». Chaque mardi, Madame Vavasseur reçoit sur l’antenne de Radio-Paris une personnalité féminine des sciences et des lettres. Un matin du printemps 1939, une géologue a ainsi dénoncé les discriminations salariales, morales, administratives dont elle était l’objet par rapport à ses collègues masculins.

Les femmes ont leur tribune

Radio-Cité

Mais la vraie nouveauté sur les ondes française, c’est le succès d’un programme du poste privé parisien Radio-Cité. A la rentrée 1937, une émission intitulée la Tribune de la femme est diffusée le lundi, à 15h45 tout d’abord puis, devant son succès, à 16h30. Cette émission est réalisée en public salle Chopin. Elle est certes présentée par un homme, Jean Guignebert, mais beaucoup de femmes de différents milieux s’expriment et la presse rapporte que les discussions tournent très souvent autour du vote des femmes.

Et souvent les critiques sont très dures. Comme celle-ci relevée dans Marianne, un hebdomadaire classé à gauche (sans rapport avec son homonyme d’aujourd’hui) et qui pique les yeux. « Tous les défauts dits féminins semblent s’être donné rendez-vous à cette tribune. Les femmes y font preuve d’incapacité et de désordre, et chacune considère les questions d’après son propre exemple, et non d’après la généralité. Et dire que la conversation revient toujours au vote des femmes ! Et le sexe féminin n’a pas encore compris que l’on ne gouverne pas en criant, ni en contredisant automatiquement son adversaire. » 

Il faudra attendre le 21 avril 1944 pour que l’assemblée consultative réunie à Alger accorde ce droit aux Françaises qui déposeront leur premier bulletin dans l’urne après la Libération.

La première Journée internationale des femmes en 1911 s’articulait principalement autour de cette revendication. En France, la route a été longue… très longue.

1 Commentaire

  1. Je me souviens que ma grand-mère et ma mère suivaient sur Radio Luxembourg, un émission qui s’appelait  » Le Passe Temps des Dames et des Demoiselles « , l ‘ après-midi, dans les années 1945/1946…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.