Une radio itinérante émet dans 44 villes pour faire découvrir la TSF

Mission autos-radio

Dans le courant de l’été et de l’automne 1923, une étonnante caravane parcourt les routes de France pour faire découvrir aux Français les merveilles de la TSF. La radio est balbutiante, trois postes émettent depuis peu à Paris (Tour Eiffel, Radiola, Ecole Supérieure des PTT). Ce convoi va diffuser localement à chaque étape et par cette radio locale temporaire faire connaître la radio aux provinciaux. Ce sera aussi la première émission de radio locale dans bon nombre de villes.

Cette initiative, baptisée Mission autos-radio, est due au journal de vulgarisation scientifique Je Sais Tout. Le 7 juin 1923, l’hebdomadaire a organisé une grande fête de la TSF au Trocadéro à Paris à l’occasion du jubilé d’Edouard Branly. Conférences, projections et retransmissions des postes français étaient au programme. Une préfiguration de ce que le journal va organiser dans toute la France et quatre pays limitrophes (Belgique, Luxembourg, Suisse, Espagne).

Mission autos-radio en 1923

Le 18 juillet un convoi d’une dizaine de voitures quitte le 90 avenue Champs-Elysées, siège du journal, pour une grande tournée. A chaque étape, relayée par la presse locale, un gala est organisé à l’image de la fête de la TSF au Trocadéro. Une quarantaine de villes jalonne ce parcours digne du Tour de France.

L’émetteur est un Radiola

Deux voitures HP Panhard du convoi sont équipées de matériel d’émission. Sur leur toit est replié un mât qui, déployé, peut monter à 12 mètres de hauteur. A bord, un émetteur de 250 watts prêté par Radiola est branché sur la longueur d’ondes de 425 mètres (705 khz). Les organisateurs espèrent ainsi se faire entendre dans un rayon de 250 kilomètres.

Voiture de la mission autos-radio

Ces voitures « pourront, grâce à leur installation, donner des séances de galas de TSF au profit exclusif de la science, précise Pierre Désirat, rédacteur en chef de Je Saint Tout. En effet, les bénéfices des auditions sont destinés, joints aux sommes que nous avons déjà recueillies à notre fête du Trocadéro, à la fondation que l’Académie des sciences emploiera chaque année à récompenser les auteurs des plus belles découvertes dans l’application des ondes électriques. »

L’exemple de Marseille

A chaque étape du raid, l’équipe s’installe dans un lieu public, préfecture, palais de justice, poste et une antenne est déployée entre le mât de la voiture émettrice et un point haut du bâtiment. Dans chaque ville, la tournée crée l’événement. A Marseille par exemple, la mission s’arrête le dimanche 9 septembre et le lundi 10 septembre 1923 alors que se tient une exposition coloniale.

Eugène Criqui
Eugène Criqui parle pour la première fois dans un micro.

Le dimanche à 16 heures un premier programme est diffusé : « Le sympathique groupe des Cigeloun Tambourinaire exécutera les meilleurs morceaux de son répertoire, et son directeur, M. Bœuf, jouera devant le microphone une fantaisie sur Mireille. Pour que tous les Marseillais puissent assister à ce gala, le prix d’entrée dans le palais des Machines a été fixé à un franc », annonce Le Petit Marseillais. Le lendemain, c’est au tour du gala d’être diffusé à 20h45 depuis le Grand Casino. A cette occasion, les Marseillais peuvent entendre au micro Eugène Criqui, une première pour cette légende de la boxe française.

Et ce sera ainsi dans toute la France jusqu’au mois de novembre pour le plus grand bonheur de l’Académie des sciences qui recevra quelques mois plus tard un chèque de 20 000 francs. De quoi poursuivre ses recherches sur la TSF.

Etape de la mission autos-radio

 

 

 

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