Quels sont les cinq ingrédients d’une fausse radio clandestine parfaite ?

Clandestine
Image générée par IA

Les postes noirs étaient des stations de radio secrètes, non identifiées, conçues pour diffuser des messages politiques ou psychologiques tout en masquant leur véritable origine. Leur efficacité reposait sur un mélange de technologie, de ruse et de mise en scène. Les radios noires sont souvent considérées comme les ancêtres des opérations modernes de désinformation sur Internet et les réseaux sociaux.

Un émetteur à ondes courtes, mobile ou dissimulé

Les postes noirs utilisaient généralement des ondes courtes, car elles permettent une portée très longue, parfois transcontinentale. La localisation précise de l’émetteur est rendue difficile ce qui permet de faire croire que l’émission vient d’un autre pays. Les Britanniques, par exemple, pouvaient émettre depuis l’Angleterre tout en donnant l’illusion d’une station située en France occupée.

Une identité fictive soigneusement construite

Un poste noir n’admettait jamais son origine réelle. Il se présentait comme une radio locale clandestine, un groupe de résistants, une station neutre, ou même une radio officielle ennemie légèrement dissidente. Cette fausse identité était essentielle pour manipuler la perception des auditeurs.

Des speakers imitant l’accent, le style et les codes locaux

Pour être crédible, un poste noir devait sonner vrai. Les techniciens et speakers imitaient les accents régionaux, utilisaient les expressions locales, reprenaient les habitudes sonores des radios officielles, copiaient les indicatifs, les horaires, les formules d’annonce. Dans certains cas, des réfugiés, des exilés, voir des prisonniers étaient recrutés pour obtenir une diction parfaitement authentique. Mais tout n’était pas parfait :

Une technique de brouillage et de camouflage

Pour éviter d’être repérés les émissions étaient courtes, souvent quelques minutes. Les fréquences changeaient régulièrement et les puissances d’émission étaient modulées pour simuler un poste proche. Parfois, elle se calait juste à côté d’une fréquence ennemie pour semer la confusion. Cette instabilité volontaire renforçait l’illusion d’une radio clandestine en territoire ennemi ou occupé.

Une stratégie psychologique très élaborée

Les postes noirs n’étaient pas seulement techniques, ils étaient surtout psychologiques. Leur but était de semer le doute dans la population, miner la confiance envers les autorités ennemies, encourager la Résistance, diffuser de fausses informations crédibles, amplifier les tensions internes du camp adverse. Leur force venait du fait que l’auditeur croyait écouter l’un des siens. Une technique aujourd’hui appliquée via les réseaux sociaux.


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