Avril 1936 : les premières émissions de propagande électorale à la radio française

Propagande électorale à la radio
Henri Franklin-Bouillon au micro.

A l’heure où France Inter et Radio France Internationale diffusent les messages des candidats à l’élection présidentielle dans le cadre de la campagne officielle, on peut se demander de quand date cette pratique. Il faut remonter à 1936, sous la IIIe République où les élections cruciales sont les élections législatives. Début avril, à quelques semaines des échéances, après avoir rencontré les principaux leaders politiques, Georges Mandel, ministre des PTT, annonce que tous les partis représentés à la chambre des députés pourront bénéficier d’un temps de parole sur le Poste National Radio-Paris et sur les stations des PTT.

« M. Albert Sarraut, président du conseil, avait pris devant la Chambre l’engagement de mettre la radio à la disposition de tous les partis pendant la période électorale. Celle-ci s’ouvre dimanche. Ses propositions, qu’au nom du gouvernement j’ai faites tout à l’heure aux représentants de tous les partis, ont été immédiatement agréées et l’accord a été réalisé sans aucune difficulté, explique Georges Mandel. Il a été décidé que tous les partis seraient successivement appelés au Poste National. Les discours, seront pris en relais par, tous les postes d’Etat. En outre, tous les partis pourront à leur guise choisir trois postes régionaux à chacun desquels ils’ prendront une fois la parole, à moins qu’ils ne préfèrent prononcer trois discours’ au même poste. En résumé, chaque partis aura droit à quatre émissions dont l’une au poste national. « 

Propagande électorale à la radio

L’émission n’a pas porté chance au premier

Ces émissions d’une demi-heure ont lieu à 20 heures et c’est Henri Franklin-Bouillon pour le Front Républicain qui démarre la série le 7 avril, au Poste National. Une première que l’Echo de Paris a écouté : « C’était sa première audition, sa première expérience du studio d’émission. Et, pourtant, sa voix même fut immédiatement au point et les techniciens purent, le discours fini, l’en féliciter. A 20 heures précises, l’orateur s’asseyait face au micro, légèrement ramassé sur lui-même, les coudes sur la table, ses papiers sous les yeux et, d’une voix basse et vibrante, lançait le cri d’alarme à la France. » Pour la petite histoire, l’émission n’a pas porté chance au député de droite de Pontoise car il n’a pas été réélu dans ces législatives remportées par le Front Populaire. Il est suivi au micro les jours suivants par d’autres leaders politiques.

Les leaders au micro

Maurice Thorez

Le 9 avril, Auguste Champetier de Ribes, Démocrates populaires. Le 11 avril, Joseph Paul-Boncour, Union Socialiste Républicaine. Le 13 avril, Louis Germain-Martin, Gauche, radicale. Le 15 avril, Georges Pernot, Républicains Sociaux. Le 17 avril, Maurice Thorez pour le Parti Communiste. Le 19 avril, Léon Baréty, Alliance démocratique. Le 21 avril. Léon Blum pour la SFIO (socialistes). Le 23 avril. Louis Marin, Fédération Républicaine. Le 24 avril. Edouard Daladier, Parti Radical-Socialiste.

A cela, on ajoutera aussi les émissions sur les postes régionaux des PTT.


Voilà pour les partis politiques, mais il y a aussi le Gouvernement. « Il prendra également la parole mais se réserve de choisir la date« , prévoit Georges Mandel. Sans succès au bout du compte, la droite cédant la place à la gauche.

2 Commentaires

  1. Avec ici un superbe exemplaire d’un Melodium type ESME. Et une photo surprenante sur laquelle le personnage est positionné à l’arrière du microphone et non face à lui. Puis je savoir d’où est tirée cette photo ?

    • C’est une photo de la presse de l’époque. Une photo d’illustration car Franklin-Bouillon était assis quand il a parlé.

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