Il y avait quoi au 22, rue Bayard avant Radio-Luxembourg puis RTL ?

RTL quittera bientôt ses locaux historiques de la rue Bayard pour s’installer à Neuilly-RTLsur-Seine face à M6. Zoom sur l’histoire de cet immeuble qui contrairement à une légende colportée par l’émission les Grosses Têtes n’a jamais hébergé un bordel nommé le Panier fleuri. Ce dernier se trouvait à Barbès. Cependant, il y  a eu à cette adresse une histoire un peu olé-olé pour l’époque, une histoire de moeurs peut-être à l’origine de la rumeur. A découvrir à la fin de cet article.

A l’été 1936, Radio-Luxembourg s’installe dans ce petit immeuble (agrandi en 1972 de plusieurs étages et d’un sous-sol supplémentaire) où se trouvent déjà Foniric, une société de production de programmes de radio clé en main et Information et publicité, la filiale d’Havas qui gère la réclame de Radio-Luxembourg, du Poste-Parisien et de Radio-Alger.

Mais qui occupait les locaux avant ?

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Quoi de neuf lors de la rentrée radiophonique de 1957 ?

En 1957, la toute jeune Europe n°1 booste la rentrée radiophonique. Radio-Luxembourg et la radio publique tentent de s’adapter à ce nouveau concurrent.

Radio Luxembourg propose quinze nouveaux rendez-vous

La radio de la rue Bayard veut proposer plus de musique et plus d’infos pour cette rentrée. Quinze nouveaux programmes sont proposés aux auditeurs.

Côté infos, le magazine d’actualité Dix millions d’auditeurs est désormais diffusé deux fois par jour, à 12h40 et 19h40. Trois émissions sur des sujets de société complètent la nouvelle grille : Monsieur Tout le Monde, la Vie comme elle va et la Vie en marche.

Côté variétés, deux nouvelles émissions musicales en public pour rajeunir l’antenne : Super Boum le mardi soir et Cavalcade le dimanche soir. Le mardi plus tard en soirée Allo ! Police fait son apparition. La station embauche Darry Cowl pour animer Moi, je me balade le dimanche matin à 9h45. C’est aussi la première pour Magnéto-Stop, un jeu animé par Zappy Max le dimanche soir.

Europe n°1 fait le tour du monde

La jeune radio innove en proposant le jeu de Jacques Antoine, Pierre Bellemare et Pierre Desgraupes, le Tour du monde le dimanche à 20h30 dès le 29 septembre. Des candidats voyagent autour du monde avec une bourse de 1 million et doivent compiler sur leur passeport le plus de visas possibles.

Une Coupe des chansonniers présentée par Pierre La Forêt est à l’antenne le vendredi soir et un nouveau jeu permettant de gagner de l’argent aux candidats les plus érudits est diffusé le lundi soir, Champions d’Europe. Le Docteur Relaxe remplace les Visiteurs du soir pour accompagner les auditeurs à l’heure du coucher.

A 20 heures, un émission inédite, intitulée Quoi de neuf ?, propose les derniers enregistrements des maisons de disques.

La RTF change de ton pour la rentrée

C’est une très bonne rentrée pour Paris-Inter car la puissance de l’émetteur d’Allouis est doublée pour atteindre 500 kw ce qui donne à la station une couverture nationale.

Gabriel Delaunay, directeur général de la RTF, présente une réforme de l’information à l’occasion du Salon de la radio, de la télévision et du disque. Il souhaite rendre plus vivants les bulletins et sessions d’informations. Il n’y aura pas qu’un seul présentateur au ton impersonnel pour lire les nouvelles, les journalistes viendront désormais présenter leurs sujets. Enfin, chaque journal sur les différentes chaînes pourra avoir son propre style et Paris-Inter pourra interrompre son programme si l’actualité l’exige. Une révolution… Merci Europe n°1 !

Présidentielle 1965 : la rédaction de Radio-Luxembourg s’oppose aux « recommandations » de l’Etat

Pour l’élection présidentielle de 1965, la première au suffrage universel direct, une Commission nationale de contrôle est instituée pour veiller au respect du temps de parole des six candidats sur les antennes de radio et les deux chaînes de télévision de l’ORTF. Chacun a le droit à deux fois deux heures (radio+télé) entre le 19 novembre et le 4 décembre.

Lors de son installation, cette commission tout comme Alain Peyrefitte, ministre de l’information, font savoir que les candidats ne pourront pas s’exprimer directement sur les postes périphériques (Radio Monte Carlo et Radio des Vallées où l’Etat est majoritaire via la Sofirad mais aussi Radio-Luxembourg, et Europe 1) mais devront se faire représenter par un porte-parole. Les candidats pour l’ORTF, les seconds couteaux pour les radios privées. Cette « recommandation » créé des remous dans les rédactions et tout particulièrement à Radio-Luxembourg (qui deviendra RTL l’année suivante).

Radio Luxembourg 1965

La menace d’une grève

Le 19 novembre, une discussion houleuse secoue la rédaction de la rue Bayard. Une interview de l’un des candidats, Jean-Louis Tixier-Vignancour (extrême-droite), est interdite d’antenne. Les journalistes menacent alors de faire grève et certains parlent de démissionner.

Finalement, la commission décide de ne pas suivre les « recommandations » du ministre de l’information. On pourra donc entendre les voix des différents candidats (sans qu’ils ne s’adressent directement aux auditeurs), les radios privées s’engageant à respecter l’équité.

Le Grand-Duché réagit

Le président du gouvernement luxembourgeois, Pierre Werner, fait lui-même une mise au point. Il rappelle que la radio « n’interviendra pas dans une campagne électorale d’un pays étranger quel qu’il soit. Il doit donc s’abstenir de diffuser toute déclaration directe des candidats au public. D’autre part c’est un poste d’information qui doit informer ses auditeurs, et le gouvernement luxembourgeois ne fait pas d’objection de principe à ce que les discours prononcés en France, les tables rondes, les conférences de presse, voire les meetings publics auxquels assistent des reporters de Radio-Télé-Luxembourg puissent être diffusés sur les ondes, mais en respectant les règles normales d’objectivité.« 

Radio-Luxembourg gagne la bataille de l’estimation de 20 heures

Au bout du compte, c’est Radio-Luxembourg qui emporte l’élection présidentielle. La station est celle qui donne l’estimation la plus proche du résultat du second tour. A 20 heures, s’appuyant sur un échantillon d’un petite trentaine de bureaux, elle annonce 54,30 % pour le général de Gaulle et 45,70 % pour François Mitterrand. Le résultat final est 55,20 % pour le président sortant et 44,80% pour son challenger socialiste.

Région par région, quelles radios écoutaient les Français en 1952 ?

A l’initiative de la RTF, l’INSEE effectue en 1952 une vaste enquête sur l’écoute radio.

Du 23 novembre au 13 décembre 1952, une centaine d’enquêteurs sont allés dans des foyers français et ont ramené plus de 4400 questionnaire remplis. Chaque personne de chaque foyer ayant été interrogée, on arrive à un échantillon de près de 20 000 Français. Tout cela est passé à la moulinette des statisticiens et nous donne une photographie très précise de l’audience radio en 1952.

La station préférée des Français est…

41% des personnes interrogées ont répondu Radio-Luxembourg comme étant leur station préférée. 25 % choisissent le Programme parisien (RTF- variétés), 9 % Paris Inter (RTF-émissions uniquement musicales depuis août 1952), 7% Radio Monte Carlo, 6% le Programme national (RTF-culturelle et informative), 3% Radio Andorre, 2% la Radio suisse romande, 1% une autre station étrangère et 6% ne se prononcent pas.

Les disparités régionales

La RTF a défini plusieurs régions pour cette enquête. Elles ne correspondent pas aux régions d’aujourd’hui. Pour s’y retrouver, voici la carte de la RTF.

Bretagne : Programme parisien (59 %), Radio-Luxembourg (36%), Radio Andorre (5%)

Normandie : Radio Luxembourg (67%), Programme parisien (13%), Programme national (5%)

Nord : Radio Luxembourg (60 %), Programme parisien (25%), Paris Inter (6%)

Est : Radio Luxembourg (69 %), Programme parisien (16%), Paris Inter (9%)

Alsace-Lorraine : Programme parisien et Radio Luxembourg à égalité (29%), Radio Suisse Romande (11%)

Région de Dijon : Radio Luxembourg (62 %), Radio Suisse Romande (11%), Programme parisien (9%)

Région de Lyon : Radio Luxembourg (37 %), Programme parisien (25%), Radio Monte Carlo (11%)

Provence : Radio Monte Carlo (37 %), Programme parisien (23%), Programme national (19%)

Languedoc : Programme parisien (32 %), Radio Monte Carlo (27%), Radio Andorre (11%)

Sud-Ouest : Programme parisien (29%), Radio Monte Carlo (17%), Radio Monte Carlo (17%) Radio Luxembourg (16%).

Région de Limoges : Programme parisien (49 %), Radio Luxembourg (18 %), Programme national (8 %)

Bassin parisien : Radio Luxembourg (77%), Programme parisien (9%), Paris Inter et Programme national (4%)

Paris : Radio Luxembourg (45%), Programme parisien (24%), Paris Inter (12%).

Les émissions préférées des Français

Les sondés devaient choisir dans une liste d’une quinzaine d’émissions. Voici le top 6 :

1–  Le Grenier de Montmartre (Programme parisien) le dimanche de 12h50 à 13h20.

2– Reine d’un jour (Radio Luxembourg et Radio Monte Carlo) le mardi de 20h à 20h45.

3– Sports et musique (Programme parisien) le dimanche de 15h à 18h30.

4– La Grande Revue Philips (Radio Luxembourg et Radio Monte Carlo) le dimanche de 20h15 à 20h45.

5– Dimanche de gala (Programme parisien) le dimanche de 20h30 à 21h30.

6– La roue tourne (Programme parisien) le lundi de 20h30 à 21h30.

Une petite souris interrompt les émissions de Radio Luxembourg

Voici la version radiophonique du grain de sable qui coince l’engrenage.

Surprise le 12 octobre 1934 pour les auditeurs qui écoutent un récital sur Radio Luxembourg. A 19h50, brusquement la station quitte les ondes. Les techniciens s’affairent et finissent, au bout d’une heure et demie, par découvrir une souris morte qui avant de passer de vie à trépas avait provoquer un court-jus dans un circuit de 2300 volts. A 21h20, Radio-Luxembourg revenait sur les ondes. Un des techniciens a dû être soigné pour brûlures.

1966 : Radio-Luxembourg devient RTL, accueille Rosko et vire la Famille Duraton

C’est un peu comme une vieille dame coquette qui chercherait à se faire passer pour une nouvelle Radio Télé Luxembourgquinquagénaire. Aujourd’hui, RTL souffle ses cinquante bougies alors que la radio de la rue Bayard est née au début de 1933. Au delà d’un simple changement de nom, cette date reste en fait pour la station du Grand-Duché un important changement de cap. RTL dit alors adieu aux années TSF et entre enfin dans les années transistor.

Il aura fallu pour ça, un peu de remue-ménage. En avril, le groupe Prouvost-Hachette (Télé-7-Jours, Paris Match, Marie-Claire…) rachète les parts de la CSF (12,8%) au capital de la CLT, Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion. Le 17 mai, Jean Prouvost devient le patron de RTL. En septembre, Jean Farran, rédacteur en chef de Paris-Match est nommé directeur de Radio-Luxembourg. Tout est prêt pour donner un coup de jeune à la station qui, avec 24% d’audience, est dépassée dans les sondages par Europe 1 (28%) et France Inter (26%), alors qroskou’en 1964 elle caracolait en tête (31%) devant Europe 1 (21%) et France Inter (20%).

RTL adopte un ton beaucoup plus moderne, lance des émissions dont le Journal inattendu toujours à l’antenne, et surtout embauche en novembre le Président Rosko qui débarque tout droit du navire émetteur de la station pirate britannique Radio Caroline. Le DJ rajeunit l’auditoire avec Minimax, un hit-parade quotidien de 16 à 18 heures.

Parmi les émissions qui font les frais de la nouvelle formule de Radio-Télé-Luxembourg, il y a la Famille Duraton. Ce feuilleton radiophonique quotidien qui met en scène les aléas de la vie familiale est né avant guerre sur l’antenne de Radio-Cité avant de revenir sur les ondes en 1948 sur Radio-Luxembourg. Le feuilleton part finir ses jours sur Radio-Andorre.

duraton

Elle souffle ses trente bougies en 1961

Le 15 mai 1961, Radio-Luxembourg qui s’apprête à devenir RTL fête ses trente ans. Le 15 mai 1931 est en effet la date de l’inauguration officielle de la station. Elle organise auprès de ses auditeurs un « grand référendum » en leur demandant : « Au cours de ces trente années, Radio-Luxembourg a-t-il servi à quelque chose ? » La question paraît étrange mais il faut la replacer dans le contexte. Le 21 avril, des généraux ont déclenché un putsch à Alger. Les radios périphériques ont joué un rôle important d’information lors de ce coup de force militaire.

Elle a déjà fêté ses cinquante ans en 1979

En 1979, le Grand-Duché du Luxembourg marque les cinquante ans de la création de sa société de radiodiffusion et pour l’occasion émet un timbre. Un clin d’oeil pour la journée anniversaire que s’offre aujourd’hui RTL.RTL

Comment les radios françaises ont couvert les J. O. de Berlin ?

JO-12Le 1er août 1936 s’ouvre à Berlin la XIe Olympiade. Ces Jeux olympiques sont restés dans l’histoire comme une démonstration de force de la propagande nazie. Les Allemands ont mis les moyens, notamment pour la radio, 2JO-Radio-Allemande80 micros, 10 km de câble, des nouveaux émetteurs ondes courtes à Zeesen. Toutes les stations régionales du Reich diffusent le programme de Deutschland Sender (ci-contre le détail du programme du premier jour) et sur ondes courtes des programmes olympiques clefs en mains en plusieurs langues peuvent être repris par les radios étrangères.

Les journalistes français accrédités sont au nombre de 29. Ils sont issus pour l’essentiel de la presse écrite. Mais la radio, surtout concentrée sur le Tour de France, n’est pas en reste dès que la Grande Boucle se termine le 2 août.

Du côté de la radio publique, les retransmissions de Berlin, cérémonies et radio-reportages des épreuves, sont surtout diffusés par Radio-Paris mais aussi par Paris-PTT et son réseau de stations régionales (voir le programme ci-dessous).

En ce qui concerne les radios privés, la jeune et dynamique Radio-Cité fait l’impasse sur les Jeux olympiques. Elle a beaucoup investi dans le Tour de France avec l’Intransigeant. C’est surtout le Poste parisien qui se démarque avec l’aide des journalistes du Petit Parisien et de Paris-Soir. Chaque soir à 19h30, les auditeurs du poste peuvent entendre un résumé de le journée et des reportages de Berlin. Quelques épreuves sont également commentée en direct comme l’arrivée du marathon.

Par ailleurs, Radio-Luxembourg diffuse tous les jours à partir du dimanche 2 août, 20h en semaine, 20h35 le dimanche, un résumé de la journée.

OlympiadeXI

Le cafouillage de Radio-Paris qui diffuse la cérémonie de clôture en allemand !

La cérémonie de clôture de cette XIe olympiade est retransmise le 16 août depuis Berlin en direct par Radio-Paris à partir de 21 heures. Mais surprise pour les auditeurs, c’est le commentaire en allemand qui passe à l’antenne. Point de reportage en direct en français. « Pour eux, la cérémonie de clôture des Jeux olympiques fut une succession incompréhensible de hourras, de musique chorale, de coups de canon, d’appels de clairons, de piétinements, puis de Heil Hitler, la cérémonie se terminant par des acclamations frénétiques, tandis que sonnait une grosse cloche« , souligne le journal Comoedia.

Seule, une déclaration en français est lue par le représentant de Tokyo, la ville qui doit accueillir la prochaine olympiade en 1940 (elle sera annulée). A la fin de la cérémonie, cinq minutes de blanc, le temps qu’un speaker à Paris comprenne qu’il faut reprendre l’antenne. Quelques disques sont diffusés pour meubler et revoilà la liaison avec Leipzig pour le retransmission de la Neuvième Symphonie de Beethoven. Mais le son s’avère si calamiteux que Radio-Paris doit se résoudre à cesser cette diffusion. Bref, c’est une des soirées les plus catastrophiques de la radio nationale.

Cette dernière accuse une mauvaise organisation des Allemands. L’envoyé spécial français de la radio publique avait bien commencé à parler à 18 heures en direct et tout fonctionnait bien mais la cérémonie a brusquement été retardée à 21 heures. Là, le pauvre speaker a commenté toute la cérémonie pour rien car la ligne n’avait pas été connectée. La faute à qui ? Le mystère reste entier.JO-Fin