Au début de l’année 1946, grand changement sur les ondes de l’Algérie. Depuis le 1er janvier, la radiodiffusion algérienne est officiellement intégrée au réseau métropolitain français. Pour les auditeurs, cette décision est quasi invisible puisque seul le nom change, de Radio-Alger à Radio Algérie. Pour les professionnels de la radio, elle marque la fin d’une longue période d’incertitudes, de bricolages administratifs et de projets interrompus par la guerre. Pour la radio algérienne, c’est le moment d’entrer véritablement dans l’après-guerre.
Derrière cette réforme se dessine une ambition claire, celle de doter l’Algérie d’un réseau puissant, moderne, capable de toucher à la fois les populations européennes et musulmanes (selon la terminologie de l’époque), et de faire entendre la voix de l’Algérie bien au-delà de ses frontières.
Une radio longtemps ballotée par l’histoire
Pour comprendre l’importance de 1946, il faut se souvenir du chemin parcouru depuis 1939. Cette année-là, avec le décret-loi du 29 juillet, la France réforme sa radiodiffusion et la rend autonome, rompant avec la tutelle des PTT. Immédiatement, la question du statut de la radio algérienne se pose : faut-il maintenir l’existant, créer une administration locale ou rattacher l’Algérie à la Métropole ?
La guerre empêche toute réponse durable. Les textes se succèdent, sans jamais déboucher sur une organisation stable. En 1940, les réseaux nord-africains passent sous l’autorité directe de l’administration française et donc de la Radiodiffusion nationale à Vichy. En 1942, une direction régionale de la radio est créée en Algérie suite à une mission sur place du pétainiste Pierre Héricourt mais les circonstances ne permettent pas d’en tirer des effets concrets.
Article premier. Il est créé en Algérie un service Je la radiodiffusion qui constitue une direction régionale de la Radiodiffusion nationale et dans lequel sont intégrés les installations et les services de la radiodiffusion déjà existants en Algérie.
Après le débarquement allié en Afrique du Nord, la radio algérienne fonctionne encore sous le contrôle des PTT, alors même qu’elle se voit confier des responsabilités d’ordre national et international. La priorité est donné à Radio France, le poste de la France en guerre et un réseau secondaire diffuse Radio Alger.
Dans l’urgence, on improvise. Les émissions destinées aux populations musulmanes relèvent du gouverneur général, tandis que le Commandement en chef français civil et militaire du Général Giraud prend en charge les émissions européennes et l’outil technique. Par ordonnance du 23 février 1943, il crée l’Office Radio -France.
Article 1er. Il est créé, sous le nom de Radio-France, un office doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière, fonctionnant auprès du Commandement en Chef français, civil et militaire. Cet Office, placé sous l’autorité du Secrétaire à l’Information, contrôle l’ensemble de la radiodiffusion en Afrique française.
La création de l’Office de Radio-France permet de faire passer partiellement la radio algérienne du cadre régional au cadre national. Mais cette solution est fragile, pensée pour la guerre plus que pour la paix.
Après la Victoire, le constat est sans appel : les installations n’ont pas de statut clair, le personnel navigue dans l’incertitude, les dépenses sont éclatées entre Paris et Alger, et le gouverneur général n’a aucune autorité sur les émissions parlées en français. Bref, un joyeux foutoir que nous réserve bien souvent l’administration. Il faut que le Gouvernement provisoire de la République française tranche..
Une nouvelle organisation, enfin lisible
L’ordonnance du 2 novembre 1945 apporte cette clarification attendue. Elle fusionne les réseaux métropolitain et algérien et entre en application le 1er janvier 1946. La radio algérienne devient une région de la Radiodiffusion française à part entière. Elle prend le nom de Radio Algérie.
Concrètement, cela signifie la dissolution de l’Office de Radio-France, le transfert des installations à la Radiodiffusion française (qui indemnisera les PTT), l’intégration du personnel dans le cadre métropolitain et la prise en charge de toutes les dépenses par le budget annexe de la radiodiffusion. En échange, ce budget reçoit une subvention correspondant au produit de la taxe algérienne sur les postes récepteurs.
Pour autant, l’Algérie ne perd pas toute autonomie. Le gouverneur général conserve des pouvoirs essentiels. Il agrée les programmes parlés en langue française, peut utiliser à tout moment les installations pour s’adresser aux populations qu’il administre, conserve l’assiette et le recouvrement de la taxe sur les postes, donne son accord pour la nomination du directeur régional et intervient dans la gestion du personnel. Surtout, il décide de l’orientation et des horaires des émissions musulmanes et du recrutement de leurs équipes, et propose les représentants algériens dans les instances internationales de radiodiffusion et de télévision.
Un réseau qui peine à couvrir le pays
En 1946, Radio Algérie reste pourtant fragile sur le plan technique. Le réseau favorise clairement les régions côtières. À l’exception de Constantine (150w), les émetteurs sont installés à Alger, Oran (1 kw) et Bône [aujourd’hui Annaba] (200 w) Leur puissance est faible sauf pour le poste des Eucalyptus, près d’Alger, qui atteint 12 kW et rayonne principalement selon un axe nord-sud.
Cette faiblesse de puissance limite fortement la zone d’écoute. De vastes régions rurales, précisément celles où la radio serait la plus utile pour rompre l’isolement, ne sont pas desservies.
Un autre déséquilibre est vivement ressenti : les émissions européennes disposent des émetteurs les plus puissants, au détriment des programmes musulmans. Pour y remédier, un émetteur ondes moyennes de 20 kW doit être envoyé à Alger à l’automne 1946 pour pouvoir créer deux chaînes, l’une en français, l’autre en arabe et kabyle. En attendant, depuis le 1er janvier, les émissions musulmanes sont diffusées par le poste des Eucalyptus à des horaires précis, répartis sur la journée. Cette émetteur entrera finalement en service le 2 mars 1947 et Radio Algérie pourra avoir une Chaîne A en français et une Chaîne B en arabe et kabyle.
Les ondes courtes pour couvrir le territoire et au-delà
Sur le terrain des ondes courtes, les perspectives sont plus prometteuses. Elles permettent de couvrir plus efficacement et à bon compte l’immense territoire de l’Algérie. Un seul émetteur de 10 kW, appartenant aux PTT et loué à la radio, relaie alors Radio-Algérie.
La Radiodiffusion française décide d’envoyer trois nouveaux émetteurs aux Eucalyptus : un de 10 kW et deux de 25 kW. Le premier doit entrer en service rapidement, avec des antennes dirigées vers Paris et Brazzaville. Les deux autres, attendus pour le début de 1947, permettront de desservir les possessions françaises d’outre-mer et de relayer les programmes d’Alger et de Paris.
Des studios trop petits pour de grandes ambitions
Les ambitions de la radio algérienne se heurtent aussi à une réalité très concrète : le manque de place. Les anciens studios de Radio-Alger, rue Berthezène, se sont révélés rapidement insuffisants dès lors qu’il a fallu diffuser deux programmes simultanés. Radio-France s’est donc installée rue Hoche, où trois studios fonctionnent début 1946.
Malgré cela, les conditions de travail restent difficiles. Les annexes ouvertes rue Charras et rue Berthezène ne font que disperser les services, compliquant l’organisation quotidienne. On sort alors le projet de construction d’une Maison de la Radio à Alger. Un bâtiment unique regrouperait tous les services, des studios modernes et une salle publique pour les grandes émissions. Mais la crise immobilière et les délais de construction, plombent d’emblée le projet.
Informer autrement, parler plus largement
La radio algérienne est critiquée pour la place excessive accordée aux journaux parlés et aux commentaires. Au sortir de la guerre, il est temps de moderniser d’adapter les programmes. Un effort est donc engagé pour réduire le nombre des éditions complètes et privilégier les nouvelles brèves. La radio prévoit également de diffuser en français des programmes sur la culture algérienne musulmane. Par ailleurs, les reporters vont parcourir systématiquement l’Algérie pour faire connaître son histoire, son folklore, ses industries et ses réalités économiques et sociales. Leurs travaux seront diffusés aussi bien en Algérie que sur les antennes métropolitaines. Chaque semaine, Radio-Algérie enverra également à Paris une émission consacrée à un « problème du jour » algérien.
Redonner vie aux programmes artistiques
Les émissions artistiques algériennes ont longtemps souffert d’une réputation médiocre. La faute, surtout, au manque de moyens, à l’insuffisance des crédits et à un sentiment d’infériorité face à Paris. Un nouveau plan de programmes tente d’y remédier.
Trois principes guident cette réforme : privilégier les émissions en direct, organiser les soirées autour d’une émission centrale et proposer chaque mois une grande manifestation de qualité réunissant orchestre, chorales et comédiens. La variété des genres doit permettre à chaque auditeur de trouver, au moins une fois par semaine, un programme à son goût.
Pour compenser la faiblesse des ressources locales dans le domaine du music-hall et de la chanson, la Radiodiffusion française enverra chaque semaine des émissions préparées à Paris spécialement pour Radio-Algérie. Des accords sont également en cours afin de faire venir sur les ondes algériennes les grandes vedettes du monde artistique. Enfin, la radio entend se décentraliser en organisant régulièrement des manifestations publiques et des retransmissions depuis Oran, Tlemcen, Constantine et Bône.
Le défi majeur est de faire écouter la radio
À quoi bon des réseaux et des programmes ambitieux si la radio n’est pas écoutée ? En 1946, l’Algérie compte environ 114 000 postes déclarés, dont à peine 10 000 dans la population musulmane. Même en tenant compte de la fraude, le déséquilibre est frappant : environ 100 postes pour 1 000 Européens, contre seulement 1,5 pour 1 000 Musulmans.
L’effort doit donc porter prioritairement sur ces derniers. L’administration envisage la vente facilitée, le prêt de récepteurs et des politiques adaptées pour permettre d’ancrer la radio dans la vie quotidienne.
Une radio au cœur des enjeux de l’après-guerre
Ces ambitions ont un coût. Le budget de la radio algérienne, qui atteignait 40 millions en 1945, doit passer à environ 90 millions, hors dépenses de premier établissement. Le budget des émissions musulmanes, à lui seul, passe de 6 à 15 millions, ce qui implique d’y consacrer près de la moitié du produit de la taxe sur les postes récepteurs.
En 1946, la radio algérienne n’est plus seulement un outil technique. Elle devient un instrument politique, culturel et social de premier plan. En s’intégrant au réseau métropolitain, elle cherche à s’épanouir pleinement, à apaiser les esprits, à faire mieux connaître la culture française en Algérie et dans le monde musulman, et à conserver le rayonnement international que la guerre lui a paradoxalement permis d’acquérir.
____________________________________________________________________________________
جانفي 1946، منعطف حاسم للإذاعة في الجزائر عند الخروج من الحرب
في مطلع سنة 1946 حدث تغيّر كبير على موجات الإذاعة في الجزائر. فمنذ الأول من يناير، أُدمج البث الإذاعي الجزائري رسميًا في الشبكة المتروبوليتانية الفرنسية. وبالنسبة للمستمعين كان هذا القرار شبه غير ملحوظ، إذ لم يتغيّر سوى الاسم من «راديو الجزائر» إلى «راديو الجزائر» (Radio Algérie). أما بالنسبة لمهنيّي الإذاعة فقد مثّل ذلك نهاية فترة طويلة من عدم اليقين، والترتيبات الإدارية المرتجلة، والمشاريع التي أوقفتها الحرب. وبالنسبة للإذاعة الجزائرية، فقد كان ذلك دخولًا حقيقيًا إلى مرحلة ما بعد الحرب.
وخلف هذا الإصلاح برز طموح واضح: تزويد الجزائر بشبكة قوية وحديثة، قادرة على الوصول في آن واحد إلى السكان الأوروبيين والمسلمين (وفق مصطلحات تلك الحقبة)، وإسماع صوت الجزائر إلى ما وراء حدودها.
إذاعة طالما تلاعب بها التاريخ
لفهم أهمية سنة 1946، لا بد من التذكير بالطريق الذي قُطع منذ عام 1939. ففي تلك السنة، وبموجب المرسوم-القانون الصادر في 29 يوليو، أعادت فرنسا تنظيم الإذاعة وجعلتها هيئة مستقلة، منفصلة عن وصاية إدارة البريد والبرق والهاتف (PTT). وعلى الفور طُرح سؤال وضع الإذاعة الجزائرية: هل يُحافَظ على الوضع القائم، أم تُنشأ إدارة محلية، أم تُلحق الجزائر بالمتروبول؟
لكن الحرب حالت دون أي حل دائم. توالت النصوص من دون أن تفضي إلى تنظيم مستقر. ففي عام 1940 خضعت الشبكات في شمال أفريقيا للسلطة المباشرة للإدارة الفرنسية، وبالتالي لإذاعة فرنسا الوطنية في فيشي. وفي عام 1942 أُنشئت مديرية إقليمية للإذاعة في الجزائر عقب مهمة قام بها البيتياني بيير إيريكور، غير أن الظروف لم تسمح بتحقيق نتائج ملموسة.
المادة الأولى: يُنشأ في الجزائر مرفق للبث الإذاعي يشكّل مديرية إقليمية لإذاعة فرنسا الوطنية، وتُدمج فيه المنشآت والخدمات الإذاعية القائمة في الجزائر.
بعد الإنزال الحليف في شمال أفريقيا، واصلت الإذاعة الجزائرية العمل تحت إشراف إدارة البريد والبرق والهاتف، في حين أُنيطت بها مسؤوليات ذات طابع وطني ودولي. وأُعطيت الأولوية لراديو فرنسا، محطة فرنسا في زمن الحرب، بينما تولّت شبكة ثانوية بث راديو الجزائر.
في خضم الاستعجال، جرى الارتجال. فالبرامج الموجّهة إلى السكان المسلمين كانت من اختصاص الحاكم العام، في حين تكفّل القائد العام المدني والعسكري الجنرال جيرو بالبرامج الأوروبية وبالوسائل التقنية. وبموجب أمر 23 فبراير 1943 أنشأ «مكتب راديو-فرنسا».
المادة الأولى: يُنشأ تحت اسم «راديو-فرنسا» مكتب يتمتع بالشخصية المدنية والاستقلال المالي، يعمل لدى القيادة العامة الفرنسية المدنية والعسكرية. ويوضع هذا المكتب تحت سلطة كاتب الدولة للإعلام، ويتولى الإشراف على مجمل البث الإذاعي في أفريقيا الفرنسية.
سمح إنشاء مكتب راديو-فرنسا بإخراج الإذاعة الجزائرية جزئيًا من الإطار الإقليمي إلى الإطار الوطني. غير أن هذا الحل كان هشًا، وُضع للحرب أكثر مما وُضع للسلام.
بعد النصر كان التشخيص واضحًا: المنشآت بلا وضع قانوني محدد، والموظفون يعيشون في حالة عدم يقين، والنفقات موزعة بين باريس والجزائر، والحاكم العام لا يملك أي سلطة على البرامج المنطوقة بالفرنسية. باختصار، فوضى إدارية معتادة. وكان لا بد للحكومة المؤقتة للجمهورية الفرنسية أن تحسم الأمر.
تنظيم جديد، أخيرًا واضح
جاء أمر 2 نوفمبر 1945 بالتوضيح المنتظر. فقد دمج الشبكتين المتروبوليتانية والجزائرية ودخل حيّز التنفيذ في 1 يناير 1946. وأصبحت الإذاعة الجزائرية منطقة كاملة الحقوق ضمن الإذاعة الفرنسية، وحملت اسم «راديو الجزائر».
عمليًا، يعني ذلك حلّ مكتب راديو-فرنسا، ونقل المنشآت إلى الإذاعة الفرنسية (التي ستعوّض إدارة البريد والبرق والهاتف)، وإدماج الموظفين في الإطار المتروبوليتاني، وتكفّل الميزانية الملحقة للإذاعة بجميع النفقات. وفي المقابل تحصل هذه الميزانية على إعانة تعادل حصيلة الضريبة الجزائرية على أجهزة الاستقبال.
ومع ذلك لم تفقد الجزائر كل استقلالها. فقد احتفظ الحاكم العام بصلاحيات أساسية: المصادقة على البرامج المنطوقة بالفرنسية، واستعمال المنشآت في أي وقت لمخاطبة السكان الذين يدير شؤونهم، والاحتفاظ بأساس جباية الضريبة وتحصيلها، والموافقة على تعيين المدير الإقليمي، والتدخل في تسيير شؤون الموظفين. والأهم أنه يقرر توجّه ومواقيت البرامج الموجّهة إلى المسلمين وتوظيف فرقها، ويقترح الممثلين الجزائريين في الهيئات الدولية للإذاعة والتلفزيون.
شبكة تعجز عن تغطية البلاد
في عام 1946 ظل راديو الجزائر ضعيفًا تقنيًا. فقد كانت الشبكة تفضّل بوضوح المناطق الساحلية. فباستثناء قسنطينة (150 واط)، كانت أجهزة الإرسال متمركزة في الجزائر العاصمة، ووهران (1 كيلواط)، وبونة [عنابة اليوم] (200 واط). وكانت قدرتها ضعيفة باستثناء محطة الأوكالبتوس قرب الجزائر العاصمة التي بلغت 12 كيلواط وتشع أساسًا على محور شمال-جنوب.
هذا الضعف في القدرة حدّ كثيرًا من مجال الاستماع. فمناطق ريفية واسعة، هي تحديدًا تلك التي تكون فيها الإذاعة أكثر فائدة لكسر العزلة، لم تكن مغطّاة.
وكان هناك اختلال آخر محسوس بقوة: فالبرامج الأوروبية كانت تتمتع بأقوى أجهزة الإرسال على حساب البرامج الموجّهة إلى المسلمين. ولمعالجة ذلك كان مقرّرًا إرسال جهاز إرسال على الموجات المتوسطة بقوة 20 كيلواط إلى الجزائر في خريف 1946 لإنشاء قناتين، إحداهما بالفرنسية والأخرى بالعربية والقبائلية. وإلى أن يتم ذلك، كانت البرامج الموجّهة إلى المسلمين تُبث منذ 1 يناير عبر محطة الأوكالبتوس في أوقات محددة موزعة على اليوم. ودخل هذا الجهاز الخدمة أخيرًا في 2 مارس 1947، وتمكّن راديو الجزائر من إنشاء «السلسلة أ» بالفرنسية و«السلسلة ب» بالعربية والقبائلية.
الجزائر والعالم: رهان الموجات القصيرة
في مجال الموجات القصيرة بدت الآفاق أكثر وعدًا، إذ تسمح بتغطية أوسع وبكلفة أقل لمساحة الجزائر الشاسعة. وكان جهاز إرسال واحد بقوة 10 كيلواط، تابع لإدارة البريد والبرق والهاتف ومؤجَّر للإذاعة، يرحّل آنذاك برامج راديو الجزائر.
وقررت الإذاعة الفرنسية إرسال ثلاثة أجهزة جديدة إلى الأوكالبتوس: واحد بقوة 10 كيلواط واثنان بقوة 25 كيلواط. وكان من المقرر أن يدخل الأول الخدمة سريعًا مع هوائيات موجهة نحو باريس وبرازافيل. أما الاثنان الآخران، المنتظر وصولهما مطلع 1947، فسيتيحان خدمة ممتلكات فرنسا فيما وراء البحار وإعادة بث برامج الجزائر وباريس.
استوديوهات صغيرة لطموحات كبيرة
اصطدمت طموحات الإذاعة الجزائرية أيضًا بواقع ملموس جدًا: ضيق المكان. فقد تبيّن سريعًا أن الاستوديوهات القديمة لراديو الجزائر في شارع بيرتيزين غير كافية منذ الحاجة إلى بث برنامجين في آن واحد. فانتقلت راديو-فرنسا إلى شارع هوش حيث تعمل الآن ثلاثة استوديوهات.
ومع ذلك بقيت ظروف العمل صعبة. فالملحقات المفتوحة في شارعي شاراس وبيرتيزين لم تفعل سوى تشتيت المصالح وتعقيد التنظيم اليومي. وعندئذ أُعيد طرح مشروع بناء «دار للإذاعة» في الجزائر: مبنى واحد يجمع كل المصالح، واستوديوهات حديثة، وقاعة عامة للبرامج الكبرى. غير أن أزمة السكن وطول آجال البناء أجهضا المشروع منذ البداية.
إعلام مختلف وحديث
تعرّضت الإذاعة الجزائرية لانتقادات بسبب المكانة المفرطة للصحف المنطوقة والتعليقات. وبعد الخروج من الحرب حان وقت التحديث وتكييف البرامج. فبُذل جهد لتقليص عدد النشرات الكاملة وتفضيل الأخبار المقتضبة. كما قررت الإذاعة بث برامج بالفرنسية عن الثقافة الجزائرية المسلمة. وإضافة إلى ذلك سيجوب المراسلون الجزائر بانتظام للتعريف بتاريخها وفولكلورها وصناعاتها وواقعها الاقتصادي والاجتماعي، وستُبث أعمالهم في الجزائر وعلى موجات المتروبول. وكل أسبوع سترسل راديو الجزائر إلى باريس برنامجًا مخصصًا لـ«مشكلة اليوم» الجزائرية.
إحياء البرامج الفنية
عانت البرامج الفنية الجزائرية طويلًا من سمعة متواضعة، بسبب نقص الوسائل وضعف الاعتمادات وشعور بالدونية تجاه باريس. وحاول مخطط برامج جديد معالجة ذلك.
ثلاثة مبادئ وجّهت هذا الإصلاح: إعطاء الأولوية للبث المباشر، تنظيم السهرات حول برنامج مركزي، واقتراح تظاهرة كبرى شهرية عالية الجودة تجمع أوركسترا وكورالات وممثلين. ويُفترض بتنوع الأنواع أن يتيح لكل مستمع أن يجد، مرة واحدة على الأقل في الأسبوع، برنامجًا يرضيه.
ولتعويض ضعف الموارد المحلية في مجال المنوعات والأغنية، سترسل الإذاعة الفرنسية أسبوعيًا برامج معدّة في باريس خصيصًا لراديو الجزائر. كما تُجرى اتفاقات لاستقدام كبار نجوم الفن إلى موجات الجزائر. وأخيرًا تنوي الإذاعة اللامركزية بتنظيم تظاهرات عامة وبث مباشر منتظم من وهران وتلمسان وقسنطينة وبونة.
التحدي الأكبر: جعل الناس يستمعون
ما جدوى الشبكات والبرامج الطموحة إذا لم تُستمع الإذاعة؟ في عام 1946 كان في الجزائر نحو 114 ألف جهاز مُصرَّح به، منها بالكاد 10 آلاف لدى السكان المسلمين. وحتى مع احتساب الغش، يبقى الاختلال صارخًا: نحو 100 جهاز لكل ألف أوروبي مقابل 1.5 فقط لكل ألف مسلم.
لذلك ينبغي أن يتركز الجهد أساسًا على هؤلاء الأخيرين. فالإدارة تفكر في تسهيل البيع، وإعارة أجهزة الاستقبال، واعتماد سياسات مناسبة لترسيخ الإذاعة في الحياة اليومية.
إذاعة في قلب رهانات ما بعد الحرب
لهذه الطموحات كلفة. فميزانية الإذاعة الجزائرية، التي بلغت 40 مليونًا عام 1945، ينبغي أن ترتفع إلى نحو 90 مليونًا، خارج نفقات التأسيس الأولي. أما ميزانية البرامج الموجّهة إلى المسلمين وحدها فترتفع من 6 إلى 15 مليونًا، ما يقتضي تخصيص قرابة نصف حصيلة ضريبة أجهزة الاستقبال لها.
في عام 1946 لم تعد الإذاعة الجزائرية مجرد أداة تقنية، بل أصبحت أداة سياسية وثقافية واجتماعية من الدرجة الأولى. ومن خلال اندماجها في الشبكة المتروبوليتانية سعت إلى الازدهار الكامل، وتهدئة النفوس، والتعريف الأفضل بالثقافة الفرنسية في الجزائر وفي العالم الإسلامي، والحفاظ على الإشعاع الدولي الذي منحتها إياه الحرب على نحو مفارق.
En savoir plus sur LES RADIOS AU TEMPS DE LA TSF
Subscribe to get the latest posts sent to your email.


Soyez le premier à commenter