En 1942, les Français libres inaugurent Radio-Damas, la première radio syrienne

Fin 1941, Jacques Lassaigne, responsable du service d’information des Forces françaises libres au Levant, est chargé par le général Catroux de remettre en route le poste de Beyrouth et de créer une station à Damas.

Nov_1942Le 20 janvier 1942, une nouvelle station fait des tests dans la bande des 42 mètres en ondes courtes (7090 khz). Il s’agit de Radio-Damas qui lance ses émissions régulières la semaine suivante.

Le vendredi 30 janvier, à 12h30, heure locale, la première radio syrienne débute ses  premiers programmes réguliers en langue arabe. Elle diffuse alors deux fois par jour, de 12h30 à 13h15 puis de 18h à 22h. Le vendredi et le samedi s’ajoute un programme de 11h à 13h. Une émission pour les enfants est également sur les ondes de 17h à 18h le jeudi.

Le contexte historique
En 1942, la Syrie est occupée par les forces britanniques et les Français libres suite à l’opération Exporter déclenchée le 8 juin 1941 et qui a chassé du Levant français l’administration et l’armée française fidèle à Vichy. En Septembre, le général Georges Catroux, commandant des Forces françaises libres au Levant désigne le cheik Taj al-Din el-Hassani comme président de la république syrienne, le pays devant accéder à l’indépendance.

Le cheik et le général inaugurent ensemble le nouveau poste de Radio-Damas. « La station de guerre Radio-Damas est, comme la Syrie, dans le camp du Droit, dans celui qui défend les libertés humaines et la morale divine, dans celui ou on lutte pour l’indépendance des peuples. Elle luttera en ce sens courageusement sans répit jusqu’à ce que sonne l’heure bénie par l’humanité entière, où ses antennes propageront à travers les terres arabes les nouvelles de la victoire« , déclare au micro un général Catroux quelque peu lyrique.

La radio pirate de la France libre était cachée en Palestine

photo (10)En novembre 1940, une nouvelle radio sur ondes courtes fait son apparition. Son but : contrebalancer la propagande vichyste de Radio-Levant à Beyrouth dans l’espoir de voir ses territoires sous protectorat français rejoindre la France Libre. Sous l’autorité de François Coulet et l’aide de la Haganah, une équipe se met en place clandestinement dans l’appartement de David Hacohen à Haïfa en Palestine, alors sous mandat britannique. Une antenne de 41 mètres de long est camouflée sur la terrasse. Radio Levant France Libre émet un quart d’heure à midi et à 14 h, puis une demi-heure à 19 h et à 22h. Son indicatif, diffusé à l’ouverture et à la fermeture des programmes, c’est Le Chant du Départ, interprété par Georges Thil sur une musique de la Garde républicaine.

La radio diffuse sur 9045 khz et, rançon du succès, est brouillée sur Beyrouth par cinq camions militaires à partir de février 1941.

L’opération Exporter

Le 8 juin, les alliés (dont les Forces françaises libres) déclenchent l’opération Exporter pour envahir le Levant français. La radio diffuse de fausses nouvelles, comme le parachutage de soldats allemands, une information reprise par le New York Times, puis cesse d’émettre. Après la fin des combats le 11 juillet, les Forces françaises libres prennent le contrôle de Radio-Levant à Beyrouth.

radiolevantfflCette dernière se réorganise et développe ses programmes. Elle émet en dix langues : français, anglais, arabe, arménien, turc, kurde, tchèque, grec, polonais et serbe, sur ondes moyennes et ondes courtes.