Quoi de neuf lors de la rentrée radiophonique de 1957 ?

En 1957, la toute jeune Europe n°1 booste la rentrée radiophonique. Radio-Luxembourg et la radio publique tentent de s’adapter à ce nouveau concurrent.

Radio Luxembourg propose quinze nouveaux rendez-vous

La radio de la rue Bayard veut proposer plus de musique et plus d’infos pour cette rentrée. Quinze nouveaux programmes sont proposés aux auditeurs.

Côté infos, le magazine d’actualité Dix millions d’auditeurs est désormais diffusé deux fois par jour, à 12h40 et 19h40. Trois émissions sur des sujets de société complètent la nouvelle grille : Monsieur Tout le Monde, la Vie comme elle va et la Vie en marche.

Côté variétés, deux nouvelles émissions musicales en public pour rajeunir l’antenne : Super Boum le mardi soir et Cavalcade le dimanche soir. Le mardi plus tard en soirée Allo ! Police fait son apparition. La station embauche Darry Cowl pour animer Moi, je me balade le dimanche matin à 9h45. C’est aussi la première pour Magnéto-Stop, un jeu animé par Zappy Max le dimanche soir.

Europe n°1 fait le tour du monde

La jeune radio innove en proposant le jeu de Jacques Antoine, Pierre Bellemare et Pierre Desgraupes, le Tour du monde le dimanche à 20h30 dès le 29 septembre. Des candidats voyagent autour du monde avec une bourse de 1 million et doivent compiler sur leur passeport le plus de visas possibles.

Une Coupe des chansonniers présentée par Pierre La Forêt est à l’antenne le vendredi soir et un nouveau jeu permettant de gagner de l’argent aux candidats les plus érudits est diffusé le lundi soir, Champions d’Europe. Le Docteur Relaxe remplace les Visiteurs du soir pour accompagner les auditeurs à l’heure du coucher.

A 20 heures, un émission inédite, intitulée Quoi de neuf ?, propose les derniers enregistrements des maisons de disques.

La RTF change de ton pour la rentrée

C’est une très bonne rentrée pour Paris-Inter car la puissance de l’émetteur d’Allouis est doublée pour atteindre 500 kw ce qui donne à la station une couverture nationale.

Gabriel Delaunay, directeur général de la RTF, présente une réforme de l’information à l’occasion du Salon de la radio, de la télévision et du disque. Il souhaite rendre plus vivants les bulletins et sessions d’informations. Il n’y aura pas qu’un seul présentateur au ton impersonnel pour lire les nouvelles, les journalistes viendront désormais présenter leurs sujets. Enfin, chaque journal sur les différentes chaînes pourra avoir son propre style et Paris-Inter pourra interrompre son programme si l’actualité l’exige. Une révolution… Merci Europe n°1 !

« La voix de l’Algérie française », l’insaisissable radio pirate de l’OAS

Après l’échec du putsch des généraux en avril 1961, des militaires et des pieds noirs fondent clandestinement l’Organisation Armée Secrète (OAS) pour garder l’Algérie française, alors qu’elle se dirige vers l’indépendance suite au référendum de janvier 1961. Outre ces actions terroristes, l’OAS a réussi à diffuser à de nombreuses reprises, des émissions pirates. C’est cette histoire qui nous intéresse ici.

Samedi 5 août 1961. Vers 13 heures, les câbles qui alimentent l’émetteur algérois de France V sont sabotés. Le programme local de la RTF est réduit au silence. Au même moment une émission pirate de l’OAS est entendue sur la même longueur d’ondes. les auditeurs peuvent entendre un discours du général Gardy, ancien commandant de la Légion étrangère et du putsch des généraux en avril 1961.

Ce premier coup d’éclat n’est que le début d’une très longue série d’action pour diffuser Radio France, la Voix de l’Algérie française, la station pirate de l’OAS. Emissions diverses et variées, attentats, fusillades, poursuites, brouillages, voici ci-dessous un recensement, non exhaustif, des épisodes de cette aventure.

L’OAS fait exploser l’émetteur de la RTF d’Alger

Jeudi 21 septembre. Vers 20 heures, un commando d’une quinzaine d’hommes investit le centre émetteur de Cap-Matifou, à 40 km d’Alger. Après avoir neutralisé les marins qui gardaient le site, il font exploser l’antenne de 40 mètres de haut et les installations émettrices. L’OAS peut alors diffuser à partir de 20h02 son émission pirate sur la même fréquence. Les téléspectateurs voit l’image disparaître et une voix déclarer: « Restez à l’écoute, l’OAS a décidé d’interrompre volontairement les émissions de la RTF gaulliste. » Suivent le Chant des Africains, la Marseillaise et des déclarations des généraux Gardy et Salan.

Vendredi 22 septembre. Nouvelle émission vers 20 heures sur la longueur d’ondes de la télévision algéroise réduite au silence la veille. L’émission est brouillée.

Lundi 9 octobre. Vers 13 heures, les émissions de France V (ex Radio-Alger) sont interrompues. Deux sabotages ont coupé l’alimentation électrique des émetteurs d’Ouled-Fayet et des Eucalyptus. L’émetteur pirate de l’OAS diffuse sur la même fréquence une série de gongs puis le Chant des Africains. La station s’identifie comme Radio-France, la voix de l’Algérie française. Le programme comprend une proclamation de l’ex-général Salan. A 13h20, l’émission se termine. France V revient sur les ondes vers 14h20.

Mardi 10 octobre. Nouvelle émission pirate à Alger de 13h15 à 13h28 sur une fréquence très voisine de France V dont le programme se poursuit. La réception est très mauvaise.

Mercredi 11 octobre. L’OAS diffuse de 13h02 à 13h15. Mais le brouillage rend l’émission difficilement audible sur Alger.

Jeudi 12 octobre 1961. A 13 heures, émission pirate de l’OAS sur une fréquence plus éloignée de France V. Fort brouillage. A 19h15, militaires et gendarmes saisissent l’émetteur clandestin dans un appartement vide des hauteurs d’Alger.

Samedi 28 octobre 1961. A 13h10, retour des émissions pirates sur 280 mètres (France V diffuse sur 306 mètres). Brouillage au bout d’un quart d’heure. Fin à 13h30. Le lendemain deux hélicos survolent Alger pour débusquer l’émetteur mais pas d’émissions.

Lundi 30 octobre. A 20 h. 55, une explosion secoue le sixième étage de l’immeuble qui abrite rue Perret à Alger les studios de la RTF. Le programme en arabe est interrompu et une émission pirate de l’OAS est diffusée pour appeler musulmans à rester chez eux le 1er novembre. L’OAS diffuse un autre émission pirate sur Oran.

Vendredi 3 novembre. Nouvelle émission-pirate de cinq minutes sur Alger. On entend l’ex général Salan. A Oran, un sabotage interrompt les émissions de la télévision et la radio de l’OAS se fait entendre pendant 20 minutes sur le canal son. Brouillage.

Samedi 18 novembre 1961. A 13 heures, un attentat à Boufarik détruit la ligne à haute-tension qui alimente l’émetteur de France V à Ouled-Fayet. Une émission pirate est alors entendue mais elle est fortement brouillée. En soirée, une nouvelle émission, sur le canal son de la télévision est diffusée sans brouillage. Les téléspectateurs peuvent entendre l’ex-général Salan.

Mardi 21 novembre 1961. Une nouvelle émission sur Alger qui s’annonce « Algérie, province française ». Des émissions quotidiennes sont annoncées chaque matin. La longueur d’onde sera entre 209 et 400 mètres. Sans suite apparemment.

Jeudi 23 novembre 1961. Emission pirate de l’OAS à Bône à 12h30 sur 200 mètres pendant cinq minutes.

Samedi 25 novembre. Un poste électrique EDF qui alimente l’émetteur TV du Pic de l’Ours qui dessert Cannes est victime d’une tentative de sabotage. Une émission pirate est entendue mais difficilement.

Samedi 9 décembre 1961. L’OAS parvient à diffuser pendant douze minutes sur le canal son de la télévision à Nice. De 20h55 à 21h07, des télespectateurs peuvent entendre le Chant des Africains et un discours de du général Salan. L’émission provenait d’une villa inoccupée sur la colline Pessicart qui appartenait à… un député gaulliste !

Mercredi 13 décembre. Dans la nuit du mercredi au jeudi, le navire de transport de la Marine nationale, le Laïta, est victime d’un attentat dans le port d’Alger. Un marin est tué. Le bateau hébergeait un émetteur destiné à relayer les émissions de la RTF en cas de sabotage.

L’OAS détruit l’émetteur télé d’Oran

Dimanche 31 décembre 1961. Un programme pirate est diffusé sur le canal son de la télévision d’Oran dont les installations ont été sabotées le vendredi. On y entend le général Jouhaud.

Lundi 1er janvier 1962. En début d’après-midi, le programme de l’émission pirate du dimanche est entendu sur la fréquence de France V à Oran.

Vendredi 5 janvier. Un discours du Général Salan est diffusé vers 13 heures à Alger sur 235 mètres. En soirée l’OAS brouille France V.

Lundi 8 janvier 1962. Emission pirate très claire sur le canal son de la télévision à Alger à 20 heures pendant dix minutes. Une autre émission pirate a lieu à Bône sur une fréquence proche de celle de France V. Elle est brouillée.

Jeudi 18 janvier 1962. Après l’attentat de fin décembre, la télévision reprend ces émission. Mais pendant trois minutes, l’OAS diffuse une courte émission sur le canal son.

Samedi 20 janvier 1962. A Mostaganem, une émission-pirate est entendue pour la première fois,

Mardi 23 janvier 1962. L’OAS diffuse une émission pirate dans l’après-midi sur Alger.

Dimanche 4 février. Une explosion coupe le câble alimentant l’émetteur de télévision Constantine. Une  émission pirate est alors diffusée sur le canal son.

Lundi 5 février 1962. Nouvelle émission pirate de l’OAS à Bône.

Jeudi 15 février 1962.  Emission pirate de 13 h 10 à 13 h 27, sur une longueur d’ondes voisine de celle de France V.

Dimanche 18 février 1962. Emission pirate à Alger.

Lundi 19 février 1962. Emission pirate sur le canal son de la télévision d’Oran.

Vendredi 23 février. A 20 h 12 émission pirate de dix minutes sur le canal son de la télévision d’Oran.
Samedi 24 février. Emission pirate sur le canal son de la télévision à Alger.

Mercredi 7 mars. Emission pirate en arabe par l’OAS zone III (Oran).

L’OAS vole un émetteur de télévision

Mardi 13 mars. A 20 heures, l’OAS annonce lors d’une émission pirate qu’elle a volé la veille un émetteur de télévision, en pièces détachées, devant les studios de la RTF.

L’OAS fait exploser les locaux de la RTF à Oran

Mercredi 14 mars. Un attentat détruit les locaux de la télévision à Oran qui doit cesser ses émissions pour plusieurs mois. Un programme pirate est diffusé en soirée sur le canal son puis tous les soirs sans brouillage pendant plusieurs semaines.

Lundi 19 mars. Emission pirate de trois minutes sur le canal son de la télévision de Bastia.

Fusillade pour tenter de saisir l’émetteur

Mercredi 21 mars. L’émetteur radio de l’OAS est repéré par un hélicoptère. Les gendarmes et les CRS interviennent mais ils doivent faire face à des tirs depuis des terrasses et à des rues bloquées par de véhicules. La saisie de l’émetteur échoue.

Samedi 24 mars. Emission vers minuit sur Alger.

Mardi 27 mars. Deux émissions pirates à Alger, à 13 heures et en soirée.

Vendredi 30 mars. L’OAS brouille le discours télévisé d’Abderrahmane Farès, président de l’Exécutif provisoire (structure qui prépare l’installation de la future république algérienne), qui appelle à la paix.

L’OAS brouille le discours de De Gaulle

Vendredi 6 avril. Du jazz et des infos de l’OAS brouillent le discours du général de Gaulle à la télé d’Alger.

Dimanche 3 juin. L’OAS diffuse brièvement sur le canal son de la télévision d’Alger.

Mercredi 6 juin. A 20 heures, émission-pirate sur le canal son de la télé d’Alger.

Jeudi 7 juin. Une émission-pirate est diffusée deux fois consécutives sur le canal de la télévision d’Alger, entre 19 h30 et 20 heures.

Vendredi 8 juin. Emission-pirate sur le canal son de la télévision à Alger au moment même où s’exprime le général de Gaulle.

Samedi 9 juin. Nouvelle émission.
Jeudi 14 juin. 19h55 sur le canal son de la télévision d’Alger, l’OAS menace d’une politique de la terre brûlée.
Vendredi 15. Nouvelle émission à Alger.
A Oran, une émission de l’OAS demande aux Européens de se regrouper en Oranie.
Dimanche 17 juin. Peu avant 20h sur le canal son de la télévision d’Alger, l’OAS annonce un accord avec l’Exécutif provisoire et donne l’ordre de cesser le combat. L’émission ne porte pas le titre de Voix de l’Algérie française mais celle de L’OAS vous parle.
Courte émission pirate à Oran.
Lundi 18 juin. Sur le canal son de la télévision d’Alger : « un grand pas a été accompli sur la voie de la réconciliation« .
A Oran, une émission pirate annonce que l’OAS poursuit le combat. Des tracts dénoncent l’émission pirate d’Alger du 17 juin comme une manipulation du gouvernement.
Mardi 19 juin. Au cours d’une émission pirate à Alger, Jean-Jacques Susini

, commandant de l’OAS, confirme l’accord OAS-FLN.

Mercredi 20 juin. A 20h15 sur le canal son de la télé d’Alger, le colonel Gardes confirme à son tour les accords OAS-FLN.
Jeudi 21 juin. Emissions pirates à Alger et Oran. A Oran, l’OAS déclare ne pas suivre l’OAS d’Alger.
Vendredi 22 juin. Double émission pirate à Oran sur le canal son de la télévision et à la radio. Le général Gardy annonce que l’OAS Oran continue le combat.
Samedi 23 juin. Nouvelle émission pirate à Alger.
Mercredi 27 juin. Emission pirate à 20h15 à Alger.
Vendredi 29 juin. Sur le canal son de la télé d’Alger, l’OAS demande aux Européens de voter oui au référendum d’autodétermination du 1er juillet.
Jeudi 5 juillet 1962. Proclamation de l’indépendance de l’Algérie.

Région par région, quelles radios écoutaient les Français en 1952 ?

A l’initiative de la RTF, l’INSEE effectue en 1952 une vaste enquête sur l’écoute radio.

Du 23 novembre au 13 décembre 1952, une centaine d’enquêteurs sont allés dans des foyers français et ont ramené plus de 4400 questionnaire remplis. Chaque personne de chaque foyer ayant été interrogée, on arrive à un échantillon de près de 20 000 Français. Tout cela est passé à la moulinette des statisticiens et nous donne une photographie très précise de l’audience radio en 1952.

La station préférée des Français est…

41% des personnes interrogées ont répondu Radio-Luxembourg comme étant leur station préférée. 25 % choisissent le Programme parisien (RTF- variétés), 9 % Paris Inter (RTF-émissions uniquement musicales depuis août 1952), 7% Radio Monte Carlo, 6% le Programme national (RTF-culturelle et informative), 3% Radio Andorre, 2% la Radio suisse romande, 1% une autre station étrangère et 6% ne se prononcent pas.

Les disparités régionales

La RTF a défini plusieurs régions pour cette enquête. Elles ne correspondent pas aux régions d’aujourd’hui. Pour s’y retrouver, voici la carte de la RTF.

Bretagne : Programme parisien (59 %), Radio-Luxembourg (36%), Radio Andorre (5%)

Normandie : Radio Luxembourg (67%), Programme parisien (13%), Programme national (5%)

Nord : Radio Luxembourg (60 %), Programme parisien (25%), Paris Inter (6%)

Est : Radio Luxembourg (69 %), Programme parisien (16%), Paris Inter (9%)

Alsace-Lorraine : Programme parisien et Radio Luxembourg à égalité (29%), Radio Suisse Romande (11%)

Région de Dijon : Radio Luxembourg (62 %), Radio Suisse Romande (11%), Programme parisien (9%)

Région de Lyon : Radio Luxembourg (37 %), Programme parisien (25%), Radio Monte Carlo (11%)

Provence : Radio Monte Carlo (37 %), Programme parisien (23%), Programme national (19%)

Languedoc : Programme parisien (32 %), Radio Monte Carlo (27%), Radio Andorre (11%)

Sud-Ouest : Programme parisien (29%), Radio Monte Carlo (17%), Radio Monte Carlo (17%) Radio Luxembourg (16%).

Région de Limoges : Programme parisien (49 %), Radio Luxembourg (18 %), Programme national (8 %)

Bassin parisien : Radio Luxembourg (77%), Programme parisien (9%), Paris Inter et Programme national (4%)

Paris : Radio Luxembourg (45%), Programme parisien (24%), Paris Inter (12%).

Les émissions préférées des Français

Les sondés devaient choisir dans une liste d’une quinzaine d’émissions. Voici le top 6 :

1–  Le Grenier de Montmartre (Programme parisien) le dimanche de 12h50 à 13h20.

2– Reine d’un jour (Radio Luxembourg et Radio Monte Carlo) le mardi de 20h à 20h45.

3– Sports et musique (Programme parisien) le dimanche de 15h à 18h30.

4– La Grande Revue Philips (Radio Luxembourg et Radio Monte Carlo) le dimanche de 20h15 à 20h45.

5– Dimanche de gala (Programme parisien) le dimanche de 20h30 à 21h30.

6– La roue tourne (Programme parisien) le lundi de 20h30 à 21h30.

1958 : la RTF se transforme en père Noël

Il était une fois, il y a bien, bien longtemps, une radio publique qui savait faire souffler l’esprit de Noël…

Les taxis remplacent les rennes

Le 24 décembre 1958, France II, une radio de la RTF (Radio Télévision Française), ex-Programme parisien devenue antenne régionale, diffuse exceptionnellement de 14h à 18h pour les « Taxis enchantés ». Des chauffeurs de taxis et des hôtesses tout de blanc vêtues, acheminent des jouets à des enfants de familles précaires. Ce sont les auditeurs qui contactent France II pour donner des adresses d’enfants déshérités.

L’avion mystère est chargé de jouets

Par ailleurs, un « avion mystère » doit décoller du Bourget dans la nuit avec à son bord 2500 jouets offerts par le Comité de propagande du jouet de fabrication française. Il doit atterrir dans une région de France touchée par une catastrophe pour apporter un peu de baume au coeur à des populations éprouvées. Et c’est Jean Nohain qui fera le père Noël.

Jean Nohain distribue les cadeaux

Un DC6 de la compagnie UAT décolle pour le Gard qui avait été touché quelques semaines auparavant par de terribles inondations. Des sapins ont été installés par la RTF dans plusieurs villages et les jouets sont acheminés par camion au pied de ces arbres de Noël. Le 25 décembre au matin, dès 8 heures, Jean Nohain commence la distribution à Meyrannes avant de continuer à Alès.

 

Il y a 60 ans : la radio d’outre-mer est créée pour accompagner les indépendances

Le 21 janvier 1956, le Journal officiel publie l’acte de naissance de la Société de radiodiffusion de la France d’outre-mer (Sorafom) dirigée par Pierre Schaeffer, Shaefferalors chef du service de la radiodiffusion au ministère de la France d’outre-mer. Cette société d’Etat doit coordonner la radiodiffusion dans tous les territoires qui relèvent de ce ministère. La première tâche délicate du patron de la Sorafom sera donc de bien délimiter de qui est de la compétence du nouvel organisme et de la RTF (Radiodiffusion télévision française) qui gère les stations des Antilles, d’Afrique du Nord et la puissante radio sur ondes courtes Radio-Brazzaville. Cette situation est corrigée en novembre de la même année. La Sorafom s’occupera des radios outre-mer mais elle sera présidée par le directeur-général de la RTF. En octobre 1957, Pierre Schaeffer est débarqué et remplacé par Robert Pointillon, chef de cabinet du ministre de l’outre-mer. Cette mainmise politique suscite alors quelques remous et une première grève.

SorafomEn 1958, elle gère dix-huit stations

La Sorafom développe les stations en Afrique et forme les personnels des futures radios nationales des pays sur la voie de l’indépendance dans un studio-école à Maison-Laffitte. En 1958, elle gère 18 stations qui reçoivent chaque semaine, des enregistrements d’émissions ou d’interviews de la RTF qu’elles peuvent diffuser à leur guise. Il s’agit des radios d’Afrique occidentale française, d’Afrique équatoriale française, de Djibouti, de Madagascar et d’Océanie.

L’Afrique occidentale française compte plusieurs stations. La chaîne générale Inter-AOF (ex Radio-Dakar), le programme en langues locale de Dakar, Radio-Conakry, Radio-Abidjan, Radio-Cotonou, Radio-Soudan (Mali), Radio-Saint-Louis et Radio-Niamey.

A partir du 6 avril 1959, les états africains et malgache sur la voie de l’indépendance gèrent leur radio locale. Les stations des autres territoires ayant choisi de rester français, Radio-Djibouti, Radio-Papeete, Radio-Nouméa et Radio-Saint-Pierre passent au 1er juillet sous le contrôle direct de la RTF. Le problème se pose pour Radio-Inter à Dakar et Radio-Inter-Equatoriale à Brazzaville. En avril, Inter-AOF à Dakar fait l’objet de telles convoitises de la part des futurs états (surtout de l’éphémère Fédération du Mali) qui seront indépendants l’année suivante, qu’elle doit suspendre ses émissions.Un accord en AEF permet à Inter-Equatoriale (radio commune à quatre nouveaux états) de continuer ses émissions (elle s’arrêtera le 18 avril 1960), ainsi qu’à Radio-Brazzaville (RTF). La Sorafom installe Radio-Congo (5 kw) en août 1959. Le 28 novembre, c’est au tour de Radio-Gabon (1 439 et 4 815 kc) et Radio-Haute-Volta (1 520, 5 025 et 7 272 kc) d’être lancée sur les ondes.

En 1961, après les indépendances, la mission de la Sorafom évolue pour devenir un organisme de coopération chargé d’épauler les radiodiffusions des nouveaux pays. En avril 1962, la Sorafom devient l’Office de coopération radiophonique (Ocora) .

La FM française a soixante ans

C’est le 11 mars 1954 que la RTF, Radiodiffusion télévision française, a mis en service RTFpour des essais un émetteur FM dans ses locaux de la rue de Grenelle à Paris. On dit alors modulation de fréquence en France, VHF pour très haute fréquence en Grande-Bretagne, UKW en Allemagne et OUC en Suisse pour ondes ultra-courtes. Aujourd’hui, c’est le terme américain FM, fréquency modulation, qui s’est imposé.

Ce 12 mars, il s’agit d’essais. L’émetteur est calé sur 3,12 mètres (96.1 mhz) et entre en service officiellement le dimanche 28 mars. Avec une belle puissance de 20 kw. C’est énorme, sachant qu’il est tout seul sur la bande FM. Cependant, il y a très peu d’auditeurs pour écouter les essais le « Programme de la modulation de fréquence » de la RTF, quatrième chaîne publique de radio qui émet essentiellement en soirée des concerts classiques. Il faut en effet être équipé d’un récepteur dernier cri et encore très cher.

FM-31dec1955

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