Radio Lille Libérée, la nouvelle voix de la capitale des Flandres

A la Libération, plusieurs stations régionales ont pu réémettre le temps d’être avalées par la nouvelle Radiodiffusion française. Zoom sur la station qui émis plusieurs semaines à Lille.

Il y a soixante-dix ans, entre la retraite des Allemands et la reprise en main  du réseau des émetteurs par la Radiodiffusion  françaiseLille, une « Radio Lille Libérée » a émis sur la métropole du Nord. Avant de partir, l’occupant avait pris soin de démolir les installations de l’émetteur de Camphin. Mais lors de l’arrivée des Allemands en 1940, du matériel, dont un émetteur de 50 watts, avait été mis à l’abri. C’est gRadioLillerâce à cet équipement que le dimanche 3 septembre, Léon Plouviet prend l’antenne et que le soir à 19 heures Jean Catrice, délégué à l’information, annonce la nomination par le Général de Gaulle de Roger Verlomme comme préfet du Nord-Pas-de-Calais. Ce dernier intervient à l’antenne le lendemain soir. Radio Lille Libérée met des programmes en place très rapidement avec notamment Fernand Vincent (qui poursuivra sa carrière sur Radio-Lille, Télé-Lille puis FR3). Informations, communiqués et musique matin, midi et soir, ainsi qu’un programme pour les enfants le jeudi, Radio Lille Libérée propose un programme bien fourni vu les circonstances. Mais ce qui intéresse au plus haut point les Nordistes libérés, c’est de résoudre les problèmes de ravitaillement comme le souligne cette première annonce parue mi-septembre dans la Voix du Nord.


RadioLille2

Le 19 août 1944 : Radio-Bretagne, premier poste de la France libérée

RadioBretagneLe samedi 19 août 1944, Radio Bretagne a commencé son service de radiodiffusion, annonce le Journal de Genève. C’est le premier poste qui fonctionne en France libérée. Il a une longueur d’ondes de 288 mètres. C’est Jean Marin, l’un des speakers des Français parlent aux Français qui a été chargé de la direction de cette station. Elle a ouvert ses programmes par l’annonce suivante : Ici, Radio de la Nation Française, poste de Radio-Bretagne, rapporte le Morbihan Libéré qui parait déjà depuis quelques jours.

Le journal détaille le programme diffusé sur 288,6 m. 19h, présentation du poste par V. Janton puis discours de Victor Le Gorgeu et de Jean Marin. 19h30, retransmission de Londres. 19h45, musique enregistrée. 20h, retransmission de la radio américaine. 21h, nouvelles régionales et communiqués officiels. 21h15, retransmission de l’émission de Londres. 22h, musique. 22h15, fin de l’émission.

Un émetteur mobile américain

La radio émet grâce à un camion de l’armée américaine équipé d’un émetteur. Les officiers de reconnaissance américains du PWD, Psychological Walfare Division, avait constaté que les Allemands avaient endommagés les émetteurs rennais dans leur retraite. Celui de Thourie avait été dynamité et celui de l’Alma défoncé à la masse. Par chance, des techniciens français avaient caché les tubes et d’autres élément importants. Les Américains ont alors immédiatement passé commande à Londres du matériel pour les réparer. En attendant, ils ont utilisé l’émetteur mobile Western Electric d’un kilowatt qu’ils ont laissé à la disposition de la France libre. Les Américains ont assuré la partie technique jusqu’à qu’ils soient remplacés un à un, dès que la Radiodiffusion française a pu le faire.

Pour en savoir plus sur l’histoire de Rennes-Bretagne