Le radio-crochet : de Radio-Cité à Inter… en passant par Hollywood

Alors que France Inter relance le radio crochet, il est intéressant de se replonger dans l’histoire de ce concept né au cabaret et repris sur les ondes.

RadiocrochetEn 1931, un cabaret parisien lance le coup du crochet. A la fin de son spectacle de music-hall, le théâtre La Fourmi (aujourd’hui La Cigale), bd Rochechouart, propose aux amateurs de monter sur la scène. Le public en applaudissant ou en sifflant décide du sort de l’artiste en herbe. Si les sifflets sont nombreux, un long bâton de bois prolongé par un tuyau en caoutchouc recourbé le  ramène vers les coulisses. C’est ce coup du crochet qui inspire à la fin de 1935, la jeune station Radio-Cité dont les programmes ont démarré un an auparavant.

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Qu’est ce qu’il y avait à la radio la veille de Noël en 1923 ?

Noel2390 ans en arrière, nous voici aux balbutiements de la radio en France. Que pouvait-on écouter le 24 décembre 1923 ? Si l’on s’en tient aux seules radios françaises, le tour d’horizon est vite fait. Il y a, à Noël 1923, trois stations : la doyenne, la Tour Eiffel, le poste de l’Ecole supérieure des PTT sur les ondes depuis le début de l’année et la seule radio privée, Radiola qui vient tout juste de souffler sa première bougie. Passons rapidement sur la Tour Eiffel qui diffuse un radio concert à 19 heures puis le bulletin météo à 22 h 10. Moyen. Pour retrouver un peu de l’esprit de Noël, il faut se brancher sur les PTT. A 21 heures, le poste propose une causerie sur les vieux Noël. Voilà qui est déjà un (petit) peu mieux.

Radiola, la plus festive

Heureusement, pour cette soirée de fête, il y a les émissions Radiola. La station privée de la Compagnie française de radiophonie propose à 21 heures « Noël radieux » avec le concours des vedettes de l’antenne, Radiolo, Radiolette et Dominus. Avec notamment un journal chanté ! De 22h15 à 23h15, un oratorio de Noël avec choeurs et orchestre puis, de minuit à 2h30, une soirée dancing prolonge cette soirée de réveillon. Pour cette veillée de Noël 1923, dans le petit paysage audiovisuel français naissant, c’est Radiola qui mène la danse…

Radio-Martinique, un poste privé première radio de l’île

C’est le 17 août 1937 que  le gouverneur de Martinique autorise les essais d’un poste privé. Il s’agit d’essais de réglage du matériel. Cette radio est installée route de Dillon, à trois kilomètres du centre de Fort-de-France. Elle est lancée à l’initiative d’Antoine Seri, un constructeur et vendeur de TSF. Radio-Martinique commence ses programmes le 7 octobre 1937, quelques jours avant la publication du décret l’autorisant. La station reçoit également une fréquence officielle approuvée par le  Bureau des radio-télécommunications en Suisse.

Radio-Martinique

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Radio-Limoges, un poste privé avalé par les PTT

Limoges

Nous sommes en 1926, en août la presse du Limousin se réjouit de l’arrivée prochaine sur les ondes du premier poste régional. Depuis un an, un groupe de passionnés (MM Lamoureux, Maon, Dartout, Lachaud, Masmondeix, Rivet, Goeffroy…) ont monté un émetteur d’une cinquantaine de watts dans le local d’un imprimeur du boulevard Montmailler à Limoges, au rez-de-chaussée. Quelques essais ont lieu en plaçant le pavillon d’un phonographe devant le micro. Le 20 août 1926, à 20 h 30, une première émission expérimentale a lieu grâce notamment à la société Radio-Lyre depuis des studios installés dans deux pièces d’un grenier de la caserne Beaublanc.

Lyre

Pour l’isolation phonique, les murs ont été recouvert de couvertures de l’armée. Un micro est attaché à un fil qui descend du plafond et un piano meuble ce studio. L’antenne d’émission est sise sur le toit de la caserne. « Après quelques renseignements techniques de M. Texier, le constructeur, à Paris, des appareils radio-téléphoniques du Petit Parisien, le trio Loevor d en exécuta, avec son brio habitue!, une fantaisie sur La Tosca« , rapporte la presse locale.

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Il y a 75 ans, Welles faisait trembler les auditeurs. Mais il n’était pas le premier…

Mars attaque… via la radio de CBS

C’était le 30 octobre 1938 sur le réseau radio de CBS : « La38Figaro radiodiffusion très réaliste d’une pièce basée sur le roman la Guerre des mondes de H.-G. Wells où il est question, dans une envolée d’imagination à la Jules Verne, d’une invasion de la terre par les habitants de Mars, causé une panique extraordinaire dans différentes parties des Etats-Unis, annoncent les agences de presse.

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Le Poste Oméga, la première radio du Maroc

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PosteOmega

C’est en février 1925 qu’est lancée à Casablanca, la première radio à émettre depuis le Maroc. Le Poste Oméga est installé dans la villa de son concepteur, le docteur Veyre, avenue du Général Moinier. Ce passionné de TSF disposait d’un laboratoire très équipé qui servira de studio au Poste Oméga. La radio, qui diffusait sur 340 mètres, retransmettait même des spectacles comme en juin 1927, en direct du théâtre municipal. Les PTT aidaient cette station en reliant le studio à différents endroits de Casablanca : le dancing du Pavillon bleu, le kiosque municipal, le théâtre, le Palais des conférences, le cinéma Majestic…

Le poste diffusait plusieurs fois par semaine avec un émetteur de quelques dizaines de watts. Il a arrêté d’émettre quand la radio officielle Radio-Maroc s’est lancée à son tour sur les ondes chérifiennes.

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Il arrive au Maroc en 1901 à l’âge de 32 ans. En 1904, il fait découvrir la TSF au sultan Abd-El-Aziz mais le souverain est renversé quatre ans plus tard. Passionné des ondes, il émet comme radioamateur sous l’indicatif F8MC. Il décède en janvier 1936.

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Radio Diego-Suarez : la radio du débarquement britannique

Au début de l’année 1942, les Britanniques craignent que Madagascar, une colonie française dont les autorités demeurent fidèles au gouvernement de Vichy, ne serve de base arrière pour les sous-marins japonais. Le 5 mai 1942, ils déclenchent l’opération Ironclad pour prendre le contrôle de l’île. Premier objectif, neutraliser la base navale française de Diego-Suarez à la pointe nord de Madagascar. Le port tombe aux mains des anglais le 7 mai. A Tananarive, la radio vichyste se lance dans une propagande pour discréditer les Britanniques et rendre leur progression dans le reste de l’île plus difficile. Ils racontent que Diego Suarez est détruite par les bombes et qu’il y a énormément de victimes civiles.

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Radio-Metropol, la station très secrète des Nazis en Autriche

Après l’invasion de la Yougoslavie par l’armée allemande, Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich mets la main sur Radio-Belgrade. Interradio, une société créée par ses services en février 1942, rachète totalement six mois plus tard, la partie ondes-courtes de la radio yougoslave par l’intermédiaire d’une filiale nommée Teleradio AG Radio-Belgrade et dont le centre émetteur est situé à Zemun dans la banlieue de la capitale serbe. Par ailleurs, Interradio prend une participation de 51 % dans la partie ondes moyennes pour diffuser Radio-Belgrade, depuis l’émetteur de Makis, un programme destinés aux troupes allemandes qui occupent les Balkans. Cette station a été rendue célèbre pour avoir popularisé la chanson Lily Marleen, devenu un tube au grand désespoir de Goebbels.

Lancée en mars 1942

Radio MetropolEn mars 1942, Interradio lance Radio-Metropol avec des programmes essentiellement axés dans un premier temps vers la Russie et l’Iran. Après Stalingrad, Radio-Metropol abandonne ses émissions vers la Russie et se concentre sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Elle diffuse en anglais, français, polonais, arabe et perse, nous apprennent Horst JP Bermeier et Rainer Lotz dans leur ouvrage Hitler’s Airwaves. La radio émettait sur 11925 khz et 9480 khz, notent les dx’ers américains.

Les studios étaient à Graz

« Son originalité tenait au fait qu’aucun auditeur ne pouvait se douter que ces émissions étaient d’origine allemande, souligne Alain Roy dans son livre Le Cheval à Bascule, qui faisait partie de la section française de la station. Elle faisait preuve d’une impartialité habilement feinte. » Son témoignage est un des rares sur cette radio demeurée secrète. Il explique que les studios étaient à Graz, en Autriche, dans une villa qui abritera après-guerre Radio-Graz.

La rédaction était regroupée dans un ancien café, le Gasthaus Mozart. Les programmes en français duraient une heure, trois fois par jour. « Après le bulletin bref entracte de musique légère. Puis, causerie d’analyse politique… dans l’intervalle des bulletins, musique classique et variétés, avec priorité aux derniers succès anglo-saxons. Pour entretenir la fiction. » Ribbentrop doit cependant faire cesser cette expérience face à l’hostilité de Goebbels, le ministre de la Propagande du Reich. Radio-Metropol quitte les ondes en mai 1944.