Radio Diego-Suarez : la radio du débarquement britannique

Au début de l’année 1942, les Britanniques craignent que Madagascar, une colonie française dont les autorités demeurent fidèles au gouvernement de Vichy, ne serve de base arrière pour les sous-marins japonais. Le 5 mai 1942, ils déclenchent l’opération Ironclad pour prendre le contrôle de l’île. Premier objectif, neutraliser la base navale française de Diego-Suarez à la pointe nord de Madagascar. Le port tombe aux mains des anglais le 7 mai. A Tananarive, la radio vichyste se lance dans une propagande pour discréditer les Britanniques et rendre leur progression dans le reste de l’île plus difficile. Ils racontent que Diego Suarez est détruite par les bombes et qu’il y a énormément de victimes civiles.

Winchester_Castle

Continue reading « Radio Diego-Suarez : la radio du débarquement britannique »

Radio-Metropol, la station très secrète des Nazis en Autriche

Après l’invasion de la Yougoslavie par l’armée allemande, Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich mets la main sur Radio-Belgrade. Interradio, une société créée par ses services en février 1942, rachète totalement six mois plus tard, la partie ondes-courtes de la radio yougoslave par l’intermédiaire d’une filiale nommée Teleradio AG Radio-Belgrade et dont le centre émetteur est situé à Zemun dans la banlieue de la capitale serbe. Par ailleurs, Interradio prend une participation de 51 % dans la partie ondes moyennes pour diffuser Radio-Belgrade, depuis l’émetteur de Makis, un programme destinés aux troupes allemandes qui occupent les Balkans. Cette station a été rendue célèbre pour avoir popularisé la chanson Lily Marleen, devenu un tube au grand désespoir de Goebbels.

Lancée en mars 1942

Radio MetropolEn mars 1942, Interradio lance Radio-Metropol avec des programmes essentiellement axés dans un premier temps vers la Russie et l’Iran. Après Stalingrad, Radio-Metropol abandonne ses émissions vers la Russie et se concentre sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Elle diffuse en anglais, français, polonais, arabe et perse, nous apprennent Horst JP Bermeier et Rainer Lotz dans leur ouvrage Hitler’s Airwaves. La radio émettait sur 11925 khz et 9480 khz, notent les dx’ers américains.

Les studios étaient à Graz

« Son originalité tenait au fait qu’aucun auditeur ne pouvait se douter que ces émissions étaient d’origine allemande, souligne Alain Roy dans son livre Le Cheval à Bascule, qui faisait partie de la section française de la station. Elle faisait preuve d’une impartialité habilement feinte. » Son témoignage est un des rares sur cette radio demeurée secrète. Il explique que les studios étaient à Graz, en Autriche, dans une villa qui abritera après-guerre Radio-Graz.

La rédaction était regroupée dans un ancien café, le Gasthaus Mozart. Les programmes en français duraient une heure, trois fois par jour. « Après le bulletin bref entracte de musique légère. Puis, causerie d’analyse politique… dans l’intervalle des bulletins, musique classique et variétés, avec priorité aux derniers succès anglo-saxons. Pour entretenir la fiction. » Ribbentrop doit cependant faire cesser cette expérience face à l’hostilité de Goebbels, le ministre de la Propagande du Reich. Radio-Metropol quitte les ondes en mai 1944.

Radio-Cité, la première radio music and news française

RadioCitéMarcel Bleustein, créateur d’un réseau de publicité pour la TSF nommé Publicis, décide en 1935 d’acheter Radio L-L, le petit poste de 2 kw à l’agonie fondé en 1926 par Lucien Lévy. Je constatais rapidement que l’exploitation de radio LL était des plus défectueuses : des programmes à peu près inexistants, des émissions souvent minables… rien en somme qui puisse satisfaire les auditeurs, écrit Marcel Bleustein-Blanchet dans ses mémoires Les Ondes de la liberté. Ce jeune patron va tout reprendre à zéro. Avec une première initiative: Les postes français ne fonctionnaient que deux heures à chacune des trois émissions de la journée… Je décidais que Radio LL fonctionnerait au moins toute la journée du dimanche. Radio LL fut le premier poste français qui fonctionna une journée entière sans interruption.

Continue reading « Radio-Cité, la première radio music and news française »

Radio Nice-Côte-d’Azur, le pied à terre des PTT sur la Riviera

 

Dans leur plan de développement d’un réseau régional de stations, les PTT ont prévu un poste pour arroser le Var, les Alpes-Maritimes et, peut-être la Corse. Histoire de venir titiller la radio privée Radio Côte d’Azur. Cette dernière devra d’ailleurs plus tard s’adapter et changer de nom.

Nice PTT

Continue reading « Radio Nice-Côte-d’Azur, le pied à terre des PTT sur la Riviera »

Radio-Nord-Ouest, le poste privé de Caen

Une première Radio-Normandie

Caen a aussi sa radio privée. Un poste créé par un fabricant de TSF local mais que l’administration des PTT empêchera de se développer. Fin 1924, des essais ont lieu sur 332 m depuis 37, rue Saint-Manvieux, près des locaux de la Fabrique normande d’appareils de TSF. La station prend le nom d’émissions radio normandes. Mais quelques semaines plus tard, patatras ! Mi-janvier, le grand concert de gala qui devait marquer le retour sur les ondes des émissions radio normandes annoncé pour le 19 janvier est annulé « par la suite d’une interdiction faite par l’administration des PTT » fait savoir la Fabrique normande d’appareils de TSF.

Radio Normandie

Continue reading « Radio-Nord-Ouest, le poste privé de Caen »

Information permanente : la première radio tout info était nazie

infopermpubA partir du mardi 1er février 1944, les services de la propagande allemande à Paris mettent en ondes une nouvelle station en français. Ce nouveau poste a pour nom l’Information permanente qui comme son nom l’indique est une radio toute infos.
Elle fonctionne sans interruption de 7 h à 2 h du matin sur la longueur d’ondes de 206 m depuis l’émetteur de la Tour Eiffel. Son ambition affichée lors de son lancement : donner des infos mais sans les commenter. L’occupant cherche visiblement à rattraper les auditeurs qui fuient les éditoriaux et les chroniques ultras de Radio-Paris.

Des infos tous les quarts d’heure

Au programme des bulletins d’infos tous les quarts d’heure et des rubriques, sports, spectacles, mode, vie féminine, cuisine, actualité économique, résultats de la loterie, pronostics hippiques, etc. Ses studios sont au 114 avenue des Champs-Elysées, un immeuble mitoyen de Radio-Paris, qui occupe les installations du Poste parisien. Mais cette radio est lancée alors que les restrictions d’électricité sont de plus en plus nombreuses dans la capitale et les parisiens semblent s’en désintéresser complètement.

Au lendemain du Débarquement, l’Information permanente émet jour et nuit sans interruption puis disparaît aux derniers jours de l’Occupation.

Radio-Val-Sainte-Croix, une radio éphémère au Luxembourg

La TSF au Grand-Duché, ce n’est pas seulement Radio-Luxembourg. Il y a eu également une petite station qui a émis depuis la ville de Luxembourg à l’automne 1929. Elle diffusait ses programmes sur 305 mètres à faible puissance. Ils commençaient à 19 h 30 en allemand sous le nom de Radio-Kreuzgrund et se poursuivaient à 22 heures en français sous le nom de Radio Val-Sainte-Croix. Les programmes consistaient en des conférences, des cours et des infos scolaires.

La Voix de l’Australie arrose le Pacifique pendant la guerre

Voix de l'AustralieDu fait de l’entrée en guerre de l’Angleterre, le dominion australien investit dans une station internationale. Le Premier ministre inaugure la Voix de l’Australie le 20 décembre 1939. Ses programmes démarrent en anglais, traduits en allemand, français, hollandais et espagnol. Deux émetteurs de Amalgamated Wireless (Australasia) Ltd, près de Sydney, diffusent six heures par jour. Deux autres heures sont diffusées de Northern Klimpe pour l’Europe du nord (anglais, français et allemand).
La Voix de l’Australie diffuse alors via les stations VLQ (31,2 mètres) VLQ2 (25 mètres), VLW3 (2518 mètres), VLR (31,3 mètres) and VLR3 (25,2 mètres).

Continue reading « La Voix de l’Australie arrose le Pacifique pendant la guerre »