Quand Radio-Toulouse diffusait des émissions pour l’Afrique du Nord

En 1936, Radio-Toulouse lance une émission spécialement destinée aux auditeurs d’Afrique du Nord. Chaque jour sauf le dimanche, tard dans la soirée, quand la zone d’écoute de la station du midiToulouseAFN3 est à son maximum, une émission propose musique et nouvelles. La station cherche aussi à attirer de la publicité, gérée par l’Office Radio-Publicité à Casablanca, en faisant la promotion des produits du Maghreb.

ToulouseAFN2Lancé le lundi 24 février 1936, ce programme dirigé par Marcel Brouchet débute à 23h40 et s’achève à 00h30. A 23h55, un bulletin d’informations est diffusé, dénommé le « Journal sans papier de l’Afrique du Nord », réalisé en collaboration avec quatre quotidiens : Le Petit Marocain, Oran Matin, L’Echo d’Alger, la Dépêche tunisienne. L’été, les horaires sont avancés d’une heure. Si Radio-Toulouse a cherché a s’allier avec des journaux locaux, c’est que le paysage radiophonique en Afrique du Nord a évolué. Radio-Maroc et Radio-PTT-Alger se sont fortement développés, en puissance et en qualité des programmes. C’est sans doute pour cela que le succès des émissions toulousaines n’a pas été au rendez-vous.

Une première expérience dès 1928

Une première expérience avait été tentée dès 1928, pendant près de quatre ans. Le paysage radiophonique local balbutiait. Radio Toulouse, très bien reçue au Maroc et dans une bonne partie de l’Algérie, diffusait alors son « Journal sans papier » à 22h15 à destination de l’Afrique du Nord (21h15, heure de Casablanca). Certaines communes d’Algérie avaient même voté des subventions pour financer ce programme. Il permettait en effet de reprendre des infos parues dans des journaux nationaux qui n’arrivaient en Afrique du Nord qu’un jour ou deux après leur diffusion en métropole. En 1932, peu avant d’abandonner pour quelques années ses émissions vers l’Afrique du Nord, Radio-Toulouse avait également ajouté dans ses programmes une demi-heure pour le Maroc.

Il y a 90 ans : la célèbre Radio-Toulouse fait ses premiers pas sur les ondes

Toul1Radio-Toulouse, station privée, fut une des radios les plus écoutées avant-guerre, en France métropolitaine mais également dans une bonne partie de l’Europe et en Afrique du nord. Elle naît au printemps 1925, à l’initiative d’un vendeur de postes de radio, Léon Kierzkowski et d’un journaliste, Jacques Trémoulet, avec l’aide de la Compagnie générale de télégraphie sans fil qui possède Radio-Paris (ex Radiola) la première radio privée française. Les Toulousains profite du flou juridique qui règne à l’époque sur la radiophonie balbutiante.

Les premiers essais ont lieu le 17 avril 1925 sur 425 m puis à partir du 23 avril sur 450 m tous les jours vers 17 heures. L’émetteur, d’une puissance de 2 kw et les antennes sont installées à la villa Schmidt, rue Monié, sur une colline. Le samedi 25 avril, la radio teste son émetteur la nuit en diffusant de 21 h à 23 h de la musique jouée par un orchestre de quinze musiciens. Les tests qui s’achèvent toujours par la marche La Toulousaine s’avèrent très concluants. Radio-Toulouse a une portée de 700 km de jour et de 2000 km la nuit peut claironner la Radiophonie du Midi, la société créée pour gérer le poste.

La première retransmission d’un match à Toulouse

Le dimanche 26, la nouvelle station propose une belle surprise à son auditoire. De 15 h à 17h30, elle retransmet en direct de Toulouse le match de rugby Carcassonne-Perpignan (0-0 pour la petite histoire) de la finale la Coupe de France et commenté par le Parleur inconnu, « prêté » par Radio-Paris. Un bon coup de pub pour Radio-Toulouse alors que la guerre avec le service public est déclarée dès le lendemain.

La hache de guerre radiophonique est déterrée

En effet, le 27 avril, Toulouse-PTT, la radio régionale d’Etat, fait ses premiers essais sur 400 m. Du coup, Radio-Toulouse redescend sur 298 m mais Toulouse-PTT se cale alors sur 300 m. Les deux radios se brouillent ! C’est le début d’une guerre sans merci dans la ville rose…

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Illustration extraite d’une publicité de Radio-Toulouse en 1937