Comment les radios françaises ont couvert les J. O. de Berlin ?

JO-12Le 1er août 1936 s’ouvre à Berlin la XIe Olympiade. Ces Jeux olympiques sont restés dans l’histoire comme une démonstration de force de la propagande nazie. Les Allemands ont mis les moyens, notamment pour la radio, 2JO-Radio-Allemande80 micros, 10 km de câble, des nouveaux émetteurs ondes courtes à Zeesen. Toutes les stations régionales du Reich diffusent le programme de Deutschland Sender (ci-contre le détail du programme du premier jour) et sur ondes courtes des programmes olympiques clefs en mains en plusieurs langues peuvent être repris par les radios étrangères.

Les journalistes français accrédités sont au nombre de 29. Ils sont issus pour l’essentiel de la presse écrite. Mais la radio, surtout concentrée sur le Tour de France, n’est pas en reste dès que la Grande Boucle se termine le 2 août.

Du côté de la radio publique, les retransmissions de Berlin, cérémonies et radio-reportages des épreuves, sont surtout diffusés par Radio-Paris mais aussi par Paris-PTT et son réseau de stations régionales (voir le programme ci-dessous).

En ce qui concerne les radios privés, la jeune et dynamique Radio-Cité fait l’impasse sur les Jeux olympiques. Elle a beaucoup investi dans le Tour de France avec l’Intransigeant. C’est surtout le Poste parisien qui se démarque avec l’aide des journalistes du Petit Parisien et de Paris-Soir. Chaque soir à 19h30, les auditeurs du poste peuvent entendre un résumé de le journée et des reportages de Berlin. Quelques épreuves sont également commentée en direct comme l’arrivée du marathon.

Par ailleurs, Radio-Luxembourg diffuse tous les jours à partir du dimanche 2 août, 20h en semaine, 20h35 le dimanche, un résumé de la journée.

OlympiadeXI

Le cafouillage de Radio-Paris qui diffuse la cérémonie de clôture en allemand !

La cérémonie de clôture de cette XIe olympiade est retransmise le 16 août depuis Berlin en direct par Radio-Paris à partir de 21 heures. Mais surprise pour les auditeurs, c’est le commentaire en allemand qui passe à l’antenne. Point de reportage en direct en français. « Pour eux, la cérémonie de clôture des Jeux olympiques fut une succession incompréhensible de hourras, de musique chorale, de coups de canon, d’appels de clairons, de piétinements, puis de Heil Hitler, la cérémonie se terminant par des acclamations frénétiques, tandis que sonnait une grosse cloche« , souligne le journal Comoedia.

Seule, une déclaration en français est lue par le représentant de Tokyo, la ville qui doit accueillir la prochaine olympiade en 1940 (elle sera annulée). A la fin de la cérémonie, cinq minutes de blanc, le temps qu’un speaker à Paris comprenne qu’il faut reprendre l’antenne. Quelques disques sont diffusés pour meubler et revoilà la liaison avec Leipzig pour le retransmission de la Neuvième Symphonie de Beethoven. Mais le son s’avère si calamiteux que Radio-Paris doit se résoudre à cesser cette diffusion. Bref, c’est une des soirées les plus catastrophiques de la radio nationale.

Cette dernière accuse une mauvaise organisation des Allemands. L’envoyé spécial français de la radio publique avait bien commencé à parler à 18 heures en direct et tout fonctionnait bien mais la cérémonie a brusquement été retardée à 21 heures. Là, le pauvre speaker a commenté toute la cérémonie pour rien car la ligne n’avait pas été connectée. La faute à qui ? Le mystère reste entier.JO-Fin

 

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