L’éphémère Pavillon de la radio à l’Exposition universelle de 1937

En 1937, la France organise une exposition universelle à Paris. Cette exposition internationale des arts et techniques appliquées à la vie moderne ne peut manquer de comprendre un pavillon consacré à la radio. Ce bâtiment d’une centaine de mètres de long est édifié en bordure de la Seine sur la rive droite en amont du pont Alexandre-III.

Pavillon de la radio Expo 37

Il est dominé par une antenne symbolique de 43 mètres de haut équipée de tubes luminescents qui donne une lumière verte la nuit tombée. Voilà qui complète la voie de la lumière et de la radio, la nouvelle dénomination de la chaussée du pont Alexandre-III le temps de l’expo.

Le pavillon comprend trois étages et six studios : trois petits pour les conférenciers et speakers, un quatrième petit studio pour la télévision, un moyen (40 musiciens) et un grand studio (500 m2) pour les concerts et autres manifestations radiodiffusées. Paris-PTT s’installe dans le grand studio pour toute la durée de l’expo et le public peut tout voir par des baies vitrées en déambulant dans les galeries.

Pavillon de la radio à l'Expo 37

Des expos à l’Expo

Le pavillon accueille dans ses travées des expos sur le matériel (notamment une rétrospective des appareils utilisés par Edouard Branly), sur les radios étrangères et les principales radios françaises ont chacune un stand. Sur celui du Poste parisien, on peut voir une maquette de son immeuble en coupe montrant les différentes salles, l’auditorium…

Pavillon de la radio Expo 37

La télévision vole la vedette à la radio

Mais la vraie vedette du pavillon de la radio est en fait … la télévision. Un studio TV est à la rue de Grenelle et à l’émetteur de la Tour Eiffel. A partir du 25 juillet, des démonstrations ont lieu une heure par jour. Des animations dans le studio et des prises de vues extérieures depuis le Pavillon de la radio sont diffusées par Radiovision-PTT. C’est l’attraction du Pavillon.

Pavillon de la radio Expo 37

Pâle inauguration

L’inauguration est prévue le 29 juin à 15h30. Mais survient un remaniement ministériel ce qui retarde autant son ouverture. Le Pavillon de la radio est finalement inauguré le jeudi 8 juillet à 17h10 par Fernand Chapsal, ministre du commerce et de l’industrie. Jean-Baptiste Lebas, ministre des PTT s’est excusé et la cérémonie n’est même pas radiodiffusée !

Livré aux démolisseurs

Dès sa construction, le Pavillon de la radio avait une vocation éphémère. Cependant des voix se font entendre pour le conserver après l’expo et le transformer en une maison de la radio qui n’existe toujours pas. Mais le bâtiment n’est pas adapté. Il est démoli en février-mars 1938.

Voici Ond’Auto, un des tout premiers autoradios français

Avant les années trente et le début de la production des autoradios par les grandes firmes de TSF comme Blaupunkt ou Telefunken, des artisans constructeurs tentent de se lancer dans ce domaine fort prometteur. La TSF à bord d’une automobile est au tout début de la radiophonie une expérience réservée aux radio amateurs qui organisent des rallyes entre spécialistes. Mais les auditeurs fortunés ne tardent pas à souhaiter profiter de la radio à bord de leur berline.

Ond’Auto, un des premiers autoradios français

Une nouveauté au salon de la TSF

Au salon de la TSF en 1926, des constructeurs de TSF présentent un poste adapté à l’automobile. On ne dit pas encore autoradio. G. Gailly et Ch. Les Enfants qui ont un atelier au 18, rue Pierret à Neuilly-sur-Seine, l’ont baptisé Ond’Auto. Le poste est installé dans le coffre du marche-pied d’une Rolls-Royce, côté chauffeur. L’alimentation électrique est assurée par la batterie du véhicule et un haut-parleur est placé à l’arrière. L’antenne est invisible et probablement cachée sur la surface du toit. Mais le succès commercial ne semble pas avoir été au rendez-vous car ces constructeurs ont sombré dans l’oubli. Dommage, ils avaient créé un premier autoradio français.

Le cadeau original pour la Saint-Valentin : la radio jarretière

Une radio qui s’attache à la jarretière ? Dans les années folles, on n’arrête pas le progrès.

A la fin novembre 1924, des images projetées lors des actualités cinématographiques suscitent quelques commentaires dans la presse. On y voit une jeune femme s’équipant de ce qui pourrait bien être l’ancêtre du walkman. Elle peut ainsi profiter des émissions radiophoniques tout en se baladant. Son ombrelle sert d’antenne et un fil de cuivre descend jusqu’à sa jarretière où est fixé un petit poste à galène. Il ne lui reste plus qu’à mettre un écouteur sur les oreilles.

Voici ces images tournées vraisemblablement en deux fois. Une première partie en 1921 et une seconde, devant la Tour Eiffel, non datée. Or, en 1921, il n’y a pas encore de service radiophonique au poste de la Tour Eiffel. La séquence a donc probablement été tournée pour préparer sa diffusion dans les salles françaises en 1924.

Cependant, cette invention n’a guère fait d’émules. Elle a surtout été le prétexte pour les actualités Pathé de diffuser des images légères et à quelques échotiers de la presse quotidienne  de glisser un bon mot.

« Ils ne traiteront plus la TSF par dessous la jambe »

Ainsi, « cette mode fera la joie des jolies femmes qui savent pouvoir exhiber discrètement un mollet bien modelé, en équipant le poste-jarretière », souligne Paris-Soir. « Et, auprès de celles qui viendront éprouver des satisfactions auditives, auprès de celles qui viendront pour entendre, circuleront, intéressés, ceux qui seront venus pour voir, pour regarder, pour contenter. » Et de conclure : « Ils ne traiteront plus la TSF par dessous la jambe « !

Le premier salon de la radio français a dû être prolongé

Alors que se tient le Salon de la radio, remontons le temps pour visiter le premier du genre, un salon qui avait pour nom Exposition de physique et de TSF. L’expo s’ouvre le 30 novembre 1923 au Grand Palais et doit se poursuivre jusqu’au 17 décembre. Là, de nombreux stands présentent les dernières trouvailles de la technique : appareils télégraphiques, de TSF, de radiotéléphonie, Radiotankaccumulateurs acoustiques et autres merveilles.

Au centre de l’expo, une attraction, un tank équipé d’un matériel de TSF. On n’arrête pas le progrès ! Bien sûr, des haut-parleurs retransmettent des radio-concerts, un cinéma propose des films de vulgarisation scientifique et le public peut assister à toutes sortes d’expériences sur les stands.

Salonradio3

Les appareils originaux des grands inventeurs exposés

« La partie la plus émouvante peut-être de cette exposition est la rétrospective, où les appareils originaux des grands initiateurs ont été religieusement réunis, où l’on voit la table qui servit à Ampère voisiner avec le premier phare à échelons construit par les mains de Fresnel, avec les électromètres de Curie, le premier galvanomètre d’Arsonval, l’instrument rudimentaire qui permit à Foucault de saisir dans son fol essor et d’emprisonner la vitesse de la lumière« , s’extasie le Matin. Ce premier salon a un tel succès qu’il doit être prolongé du 17 au 24 décembre ! C’était de bon augure…

Premier salon de la radio en 1923

Une petite souris interrompt les émissions de Radio Luxembourg

Voici la version radiophonique du grain de sable qui coince l’engrenage.

Surprise le 12 octobre 1934 pour les auditeurs qui écoutent un récital sur Radio Luxembourg. A 19h50, brusquement la station quitte les ondes. Les techniciens s’affairent et finissent, au bout d’une heure et demie, par découvrir une souris morte qui avant de passer de vie à trépas avait provoquer un court-jus dans un circuit de 2300 volts. A 21h20, Radio-Luxembourg revenait sur les ondes. Un des techniciens a dû être soigné pour brûlures.

Allouis, l’émetteur grandes ondes qui n’a pas pu être inauguré

A l’occasion de la fin de la diffusion de France Inter sur grandes ondes, retour sur les débuts du centre émetteur d’Allouis en 1939.

Le projet d’installer un émetteur à forte puissance pour Radio-Paris et d’en faire un poste national pouvant rayonner sur tout le territoire date de 1934. L’administration des PTT renonce à conforter les équipements existants aux Essart-le-Roi et privilégie une nouvelle installation au centre de l’hexagone. Elle passe commande d’un émetteur à la Société française radioélectrique et en février 1936, achète un terrain à Allouis à mi-distance de Bourges et de Vierzon dans le Cher. La France s’offre le plus puissant émetteur mondial de l’époque (2×450 kw). Un bâtiment de quatre étages et de 80 mètres de long est construit ainsi qu’un système de quatre antennes disposées aux coins d’un carré. A côté, un centre de diffusion en ondes courtes pour Paris-Mondial est également installé (ils sera mis en service le 28 août 1939).

Emetteur d'Allouis

Les essais commencent tout d’abord de nuit quand Radio-Paris n’émet pas. Puis en mai 1939, ces tests entrent dans une nouvelle phase. « En raison des essais du nouveau poste émetteur d’Allouis, le poste national Radio-Paris doit suspendreallouis3 provisoirement certaines de ses émissions pour la matinée, fait savoir un communiqué de la direction de la radiodiffusion. Pour que cette suspension apporte le moins de gêne possible aux auditeurs, elle a été placée aux heures de plus faible audience et aucune modification n’a été, apportée aux émissions de samedi et dimanche. »

Du 3 au 13 juillet, rebelote. Les émissions de Radio-Paris sont suspendues entre 8h40 et 12h40 sauf le dimanche pour des réglages sur l’antenne.

Puis à partir de mi-juillet, le centre émetteur est relié par câble et peut retransmettre Radio-Paris plusieurs heures par jour mais pas toujours à la puissance maximale.  Une inauguration officielle est annoncée pour le 22 juillet. Mais, du fait d’un agenda politique chargé (lois en préparation), le conseil des ministres interdit le déplacement des membres du gouvernement durant la dernière quinzaine de juillet. Raté.

A partir de fin septembre 1939, le poste national est diffusé en permanence par Allouis. On reparle alors d’inauguration. Mais depuis début septembre, la France est en guerre et le ministre des PTT, Alfred Jules-Julien, est accaparé par les problèmes de distribution du courrier suite à la mobilisation. Il fait en octobre la tournée des centres postaux. (re) Raté.

Le Poste du Petit Parisien improvise un premier camion de reportage

Le 11 novembre 1926, le quotidien Le Petit Parisien organise la première édition du Grand Prix de l’Armistice, une course de marche athlétique qui regroupe sur la ligne de départs une soixantaine de concurrents dont une moitié d’anciens combattants de 14-18. La course part de la forêt de Rethondes près de Compiègne, où fut signé l’Armistice le 11 novembre 1918 pour rejoindre la place de la Concorde à Paris. Le journal dispose de sa propre station de radio, le Poste du Petit Parisien, dans ses locaux de la rue d’Enghien.

petitparisien

Pour informer de la progression de la course, le quotidien met les moyens. Un récepteur relié à un haut-parleur installé sur le ministère de la Marine permet au public de suivre les péripéties du Grand Prix. Et pour communiquer avec le Poste du Petit Parisien, une camionnette de livraison de journaux est équipée d’un équipement de TSF fourni par la compagnie Radio L.-L. « Un émetteur Hartley alimenté par un convertisseur haute tension travaillait avec 100 watts de puissance sur 50 mètres de longueur d’onde, il était couplé à un système d’antenne rayonnement horizontal système bien connu dû à M. Lucien Lévy qui a donné d’excellents résultats » se félicite Le Petit Parisien. La station venait d’improviser avec succès son premier camion-reportage.

Quand a-t-on pu suivre le Tour de France en direct à la radio ?

Suivre le Tour de France en direct ? C’est possible depuis quand ?

Depuis 85 ans, quand le journal L’Intransigeant et l’hebdomadaire sportif Match concrétisèrent une expérience menée l’année précédente par un des journalistesReport2 du quotidien, Jean Antoine. Lors du Tour de 1929, ce dernier, accompagné d’un technicien radio embarque dans un camion Saurer équipé d’un émetteur à ondes courtes branché sur la batterie ainsi que d’une antenne de vingt mètres.

Jean Antoine fait alors quelques émissions en direct en transmettant sur 45 m de longueur d’onde, que les stations publiques reprennent. « Les envoyés spéciaux de l’Intransigeant et de Match, MM. René Lehmann, C.-A. Gonnet, René Bierre et Jean de Lascoumettes se trouveront devant le microphone et, avec le concours de Jean Antoine, qui organise techniquement ce reportage« , précise le quotidien. Les reporters voyagent dans trois voitures Torpédo. La classe.

En 1930, l’expérience ayant montré que c’était possible techniquement, ces reportages en direct sont mieux organisés. Jean Antoine reprend la route en compagnie d’Alex Virot en respectant un horaire précis : 7h45 commentaires sur l’étape de la journée ; 13 h reportage sur la course et un autre plus tard au moment de l’arrivée; 20h15 le classement et les commentaires. Le tout est diffusé par les radios des PTT.Tour22

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